AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismePourquoi les médias officiels iraniens menacent-ils la Jordanie d'invasion ?

Pourquoi les médias officiels iraniens menacent-ils la Jordanie d’invasion ?

Pourquoi les médias officiels iraniens menacent-ils la Jordanie d'invasion ?

Dans un article récent intitulé « Le chemin de Jérusalem passe par la Jordanie », un média officiels iraniens a sévèrement critiqué la Jordanie. L’article affirme que la Jordanie, en raison de sa frontière commune avec la Palestine et de sa proximité avec la côte occidentale du golfe Persique, revêt une importance particulière pour « la libération de la Palestine occupée ». L’article ajoute que, malgré ses faiblesses économiques, la Jordanie a fourni une aide stratégique importante à Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak, principalement en raison de sa proximité avec l’Irak.

Pourquoi la Jordanie s’est-elle attirée les foudres du gouvernement iranien ?

La Jordanie a participé activement à l’interception des activités de trafic de drogue menées par le Hezbollah, tant en Syrie qu’au Liban. Dans ce contexte, la Jordanie a lancé une frappe aérienne sur une installation de production de drogue en Syrie. Le 4 janvier, citant des sources de renseignement jordaniennes et régionales, Reuters a rapporté que « la Jordanie a lancé des frappes aériennes à l’intérieur de la Syrie contre des entrepôts et des repaires présumés de trafiquants de drogue soutenus par l’Iran ».

Les forces du Hezbollah ont utilisé des drones pour transporter de la drogue, en particulier des pilules de Captagon (Fenethylline). Depuis la répression par la Jordanie du trafic de drogue du régime, ce dernier a adopté une attitude hostile à l’égard du gouvernement jordanien. En effet, les actions de la Jordanie ont empêché le Hezbollah et Téhéran d’engranger des milliards de dollars de bénéfices.

Les responsables jordaniens ont souligné que « le Hezbollah au Liban et les milices affiliées à l’Iran dans le sud de la Syrie jouent un rôle dans l’augmentation de la contrebande d’armes et de drogues ». Selon des agences de l’ONU, des autorités américains et des autorités de l’Union européenne, une partie des fonds destinés aux milices affiliées à l’Iran et aux partisans du gouvernement de Bachar el-Assad est acheminée par cette voie. Les responsables des pays occidentaux qui luttent contre le trafic de stupéfiants affirment que la Syrie est devenue l’une des principales plaques tournantes du trafic de stupéfiants, qui représente plusieurs milliards de dollars, en particulier le Captagon, qui passe en contrebande par la Jordanie.

La quatrième division syrienne, sous le commandement du général Maher el-Assad, frère de Bachar el-Assad, est actuellement responsable du principal trafic de Captagon. Le dictateur syrien facilite également le trafic de drogue par le Hezbollah et le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran). En outre, le régime iranien utilise le port de Lattaquié, qu’il contrôle partiellement, pour le trafic de Captagon.

Les analystes de Chatham House ont estimé que « la production, la contrebande et la vente illicites de ce stupéfiant semblable à l’amphétamine représenteraient 5 milliards de dollars par an, dont une grande partie sert à financer le régime brutal de Bachir al-Assad en Syrie et le groupe militant du Hezbollah ».

Al-Sharq Al-Awsat a rapporté que la Syrie et l’Iran utilisent le Captagon comme arme contre les pays opposés dans la région.

Des médias régionaux ont rapporté que de nombreux membres du Hamas ont utilisé du Captagon lors de l’attaque contre Israël le 7 octobre. Cette substance psychotrope a été retrouvée sur les corps des membres du Hamas et des personnes détenues lors de l’attaque. Par ailleurs, des médias en langue persane ont révélé que « lors de la répression du soulèvement révolutionnaire en Iran en décembre 2022, les forces de sécurité, la police et les pasdaran ont utilisé des pilules de Captagon pour instiller la peur et intensifier la répression ».

Au fil des ans, la Jordanie a fermement condamné les actions agressives du régime iranien dans la région. La présence de la base d’Al-Tanf en Jordanie, située à proximité de la Syrie et de l’Irak, souligne son importance stratégique en tant que plus grande base militaire américaine dans la région. La Jordanie a dénoncé sans équivoque les attaques de missiles et les activités militaires de l’Iran, qualifiant l’utilisation de l’espace aérien jordanien à ces fins de violation flagrante du droit international. Amman s’est engagée à déposer des plaintes officielles auprès des organisations internationales concernant ces infractions.

Notamment, la Jordanie a aussi activement intercepté certaines des attaques de missiles et de drones du régime des mollahs visant Israël, en particulier celles qui ont eu lieu le 14 avril.

Le comportement agressif du régime, illustré par les attaques du 7 octobre, a mis en évidence ses échecs stratégiques et son penchant pour la déstabilisation régionale. Alors que le Guide Suprême Ali Khamenei continue d’exploiter les tensions régionales pour assurer la survie de son régime, les médias officiels iraniens sont utilisés comme outils d’intimidation, poussant la Jordanie à la passivité.

Ainsi, reprenant le sinistre slogan des mollahslors de la guerre dévastatrice Iran-Irak dans les années 1980, le journal officiel Ebtekar a écrit le 20 avril : « Au peuple jordanien épris de justice et aux moudjahidine de la région, nous proclamons : “Le chemin de Jérusalem passe par la Jordanie hachémite” », intimidant ouvertement Amman avec la perspective d’une invasion directe.

Le régime iranien a à plusieurs reprises fait preuve de faiblesse lorsqu’il était confronté à des actions décisives, ce qui l’a souvent conduit à battre en retraite. Malgré les déclarations audacieuses de hauts responsables sur la disparition potentielle d’Israël s’il répondait à la frappe de représailles de l’Iran le 14 avril, le régime s’est non seulement abstenu d’agir, mais a également nié toute opération israélienne le 19 avril, ce qui a encore terni sa réputation internationale.

Si la télévision officiel peut présenter une rhétorique agressive et des tirs de missiles spectaculaires dans des déserts ouverts, le véritable pouvoir du régime provient uniquement de l’inaction et du silence de ses adversaires.