AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeLuttes intestines et fragilités paralysent le leadership de Téhéran

Luttes intestines et fragilités paralysent le leadership de Téhéran

Luttes intestines et fragilités paralysent le leadership de Téhéran
Bagarre entre députés au Parlement iranien (Majlis)

Début juillet, de hauts responsables iraniens ont lancé des appels publics à l’unité. Le conseiller du Guide suprême du régime, Mohammad Mokhber, a exhorté toutes les factions à soutenir le gouvernement de Massoud Pezeshkian afin de contrecarrer les « rêves perturbés des ennemis ».

Pourtant, derrière cette façade, le régime est rongé par une crise sur deux fronts qui a révélé ses profonds dysfonctionnements : une attaque interne systématique visant à paralyser son propre président, et une campagne de propagande désespérée visant à masquer la fragilité du Guide suprême Ali Khamenei. Ces événements concomitants révèlent un leadership rongé par d’âpres luttes de pouvoir et une paranoïa existentielle.

Le siège politique contre Pezeshkian a été à la fois rapide et public. Les membres de la faction rivale ont ouvertement instrumentalisé la souffrance publique pour affaiblir l’administration de Pezeshkian, lançant une campagne sur les réseaux sociaux appelant à sa destitution. Évoquant de graves pénuries avec les mots « il n’y a ni électricité, ni eau, ni médicaments », la campagne dépeint le gouvernement comme incompétent.

Le 9 juillet 2025, le député Amirhossein Sabeti a directement menacé le président dy régime, qualifiant ses réponses à un journaliste américain de « faibles » et de « honteuses », avertissant : « Si l’approche du gouvernement en matière de politique étrangère ne change pas, le traitement du gouvernement par le Parlement changera.»

Ce sabotage interne a dégénéré en une remise en cause directe de l’autorité du président en matière de politique étrangère. Après que Pezeshkian eut laissé entendre qu’il était prêt à reprendre les négociations avec les États-Unis, le représentant de Khamenei au journal Kayhan, Hossein Shariatmadari, l’a publiquement réprimandé. Le 7 juillet 2025, Shariatmadari a déclaré que la compréhension par Pezeshkian d’une fatwa religieuse était « erronée et irréaliste », insistant sur le fait que des personnalités comme Trump sont soumises à ce décret et que leur « châtiment est l’exécution ». Il a raillé la volonté de dialogue du président, demandant : « Quand ils ont lâché une bombe sur la table des négociations, à quoi bon parler de dialogue ? »

Alors qu’une aile du régime s’efforce de démanteler le président, une autre se livre à une opération élaborée de « thérapie par la flatterie » pour dissimuler la faiblesse du Guide suprême. Après une disparition inexpliquée de deux semaines de la scène publique, durant lesquelles les réunions officielles ont été annulées, la réapparition de Khamenei le 7 juillet 2025 a déclenché une vague d’éloges étrangement coordonnée. Le président Pezeshkian a publié une prière pour protéger Khamenei. Depuis le Brésil, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a qualifié une photo de Khamenei de « plus belle image » qu’il ait jamais vue. Cette mise en scène orchestrée a été ouvertement reconnue comme une manœuvre défensive. Gholamreza Mesbahi-Moghaddam, dignitaire religieux et membre du Conseil de discernement, a admis que l’apparition du dirigeant visait à « neutraliser la guerre psychologique » et à contrer les menaces présumées contre sa vie proférées par les États-Unis et Israël.

Ces actions contradictoires révèlent un système en guerre contre lui-même. Le journal d’État Sazandegi a averti que la campagne de destitution contre Pezeshkian pourrait « gravement porter atteinte à la fragile unité de la société à ce moment critique ».

En fin de compte, ces événements ne sont pas le signe d’un débat politique sain, mais les symptômes d’un diagnostic terminal. Le régime est tiraillé entre la projection de la force imaginaire de son dirigeant fragile et le sabotage bien réel de sa propre administration. Les crises auxquelles est confronté le peuple iranien – manque d’eau, d’électricité et de médicaments – ne sont plus des priorités, mais des sujets de discussion dans une guerre intestine acharnée pour le pouvoir.

Ce pourrissement profond, où l’instinct de survie a complètement éclipsé toute forme de gouvernance nationale, confirme que le régime est incapable de se préserver et s’effondre sous le poids de ses propres contradictions.