AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeL'UE ne doit pas minimiser la menace terroriste du régime iranien

L’UE ne doit pas minimiser la menace terroriste du régime iranien

Lorsque le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, a été tué par les forces américaines en 2011, une mine de documents a été récupérée dans sa maison, révélant entre autres des détails de coopération occasionnelle entre l’organisation terroriste et le régime iranien au cours des années. Cela allait à l’encontre de l’idée communément admise parmi les décideurs politiques occidentaux, selon laquelle les deux entités ne coopéreraient jamais en raison de leur appartenance à deux sectes différentes de l’islam.

Si Al-Qaïda s’efforçait de se remettre de la mort de Ben Laden, il a poursuivi une relation plus étroite et plus cohérente avec le régime iranien. Quatre ans plus tard, cette relation a atteint un tournant quand l’Iran est devenu la principale base d’opérations du terrorisme d’Al-Qaïda. Cette situation a été mis en évidence mardi dernier par le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

La révélation a une fois de plus démontré que pendant longtemps l’Occident a adopté une approche de complaisance dans sa politique iranienne en fermant les yeux sur les activités malveillantes du régime. Pour comprendre cela, il suffit de se tourner vers l’Europe où les principaux responsables de la politique étrangère continuent de minimiser la menace posée par le régime iranien, même après qu’un groupe d’agents sous le commandement d’un diplomate de haut rang ait tenté de faire sauter une puissante bombe à Paris (Villepinte).

La cible de ce complot était la coalition de l’opposition iranienne, le Conseil national de la résistance iranienne. Le rassemblement international du CNRI en juin 2018 avait réuni un large éventail de dignitaires politiques d’Europe, des États-Unis et des pays arabes. Heureusement, les deux poseurs de bombe ont été arrêtés avant de passer de la Belgique en France, et le diplomate à la tête du complot, Assadollah Assadi, a été arrêté un jour plus tard.

Iran's diplomat & the largest terror plot in Europe. What was Assadollah Assadi's role

Video : Quel était le rôle d’Assadollah Assadi

Ce trio et un quatrième complice ont été jugés en novembre, et un verdict dans leur affaire doit être rendu par le tribunal fédéral belge le 4 février 2021. Mais relativement peu d’attention de la presse a été portée sur cette affaire, du moins en proportion de la gravité de la tentative de crime. Il n’est pas exagéré de dire que l’Union européenne est résolue à balayer sous le tapis les implications plus larges du complot. En effet, cela serait cohérent avec les habitudes occidentales établies consistant à minimiser la menace posée par les « extrémistes » iraniens, par crainte de s’aliéner les «réformistes» qui représentent l’Iran dans les négociations internationales, notamment sur le nucléaire.

La folie d’une telle approche a toujours été évidente pour ceux qui connaissent la longue histoire iranienne de parrainage du terrorisme. Les décideurs politiques occidentaux auraient dû savoir mieux que de tomber dans ce stratagème du régime iranien. Ils devraient certainement savoir mieux maintenant que Téhéran a ouvertement tenté de faciliter un attentat à la bombe au cœur de l’Europe tout en élargissant sa coopération avec Al Qaida.

Ni les États-Unis ni l’UE ne peuvent se permettre de minimiser la menace posée par ces tendances récentes. Ils ne peuvent certainement pas se permettre de reprendre ou de continuer à promouvoir la fausse notion selon laquelle il existe un courant sous-jacent modéré dans la politique iranienne qui s’oppose à ce type d’actes terroristes. Cela n’a jamais été autre chose qu’un fantasme qui justifie les décisions des décideurs politiques occidentaux de tenir des négociations normales avec les responsables iraniens et de fermer les yeux tout en espérant qu’aucune de ces menaces ne se transforme en véritable effusion de sang.

L’Europe a eu la chance de déjouer le complot visant à faire sauter le rassemblement des expatriés iraniens en France. Mais cette chance s’épuisera sûrement à moins que le monde occidental n’agisse avec un objectif commun pour sanctionner globalement les réseaux terroristes liés à l’Iran, isoler le régime et lui faire comprendre que les graves conséquences qu’il encoure pour son terrorisme. La fermeture des ambassades du régime iranien, centres de coordination d’actes terroristes, serait un bon début pour envoyer un message fort au régime scélérat.