Par Lord David Charles Waddington*
The Washington Times, 30 mars – Alors que quatre autres roquettes touchent des bâtiments de la Zone Verte de Bagdad mardi, il est devenu terriblement clair que les promesses faites par le président de l’Iran Mahmoud Ahmadinejad lors de son voyage en Irak début mars ne valaient rien. Selon des informations, deux roquettes sont tombées dans lenceinte de la résidence du Premier ministre Nouri Al-Maliki, ne faisant heureusement ni morts ni blessés.
Quand il est accusé d’ingérence dans des affaires irakiennes, l’Iran met toujours en avant son innocence. Mais ce week-end, le commandant en chef américain en Irak, le général David Petraeus, a carrément blâmé Téhéran pour le barrage de roquettes qui a frappé la Zone Verte la semaine passée. « Les roquettes tirées sur la Zone Verte » a-t-il dit « ont été fournies par l’Iran, et fabriquées en Iran », et il a ajouté que les groupes qui ont mené l’attaque ont été financés et entraînés par la Force Qods du régime iranien.
En réponse à cette montée de la violence, M. Al-Maliki est parti dans le sud, dans la ville de Bassora, pour surveiller une opération visant la forteresse du religieux irakien Muqtada Al-Sadr et ses disciples de l’Armée du Mahdi. Clairement, le soutien de l’Iran aux éléments dévoyés en Irak a augmenté plutôt que diminué puisque M. Ahmadinejad s’est rendu à Bagdad cette année; et on pense qu’au moins 40 individus ont été tués à Bassora alors qu’un calme apparent a été brisé par des combats intermittents.
C’est dans ce climat troublé que les Etats-Unis cherchent une solution pour mettre fin à l’influence destructrice du régime iranien en Irak. Plusieurs croient que la solution se trouve auprès des Moudjahidine du peuple (OMPI), un groupe d’opposition iranien basé dans la province de Diyali en Irak, dont lobjectif est de mettre fin au régime iranien actuel. Alors que l’influence sinistre de l’Iran en Irak a augmenté, le soutien de ce groupe d’opposition a augmenté au sein de la population irakienne et des politiciens Occidentaux.
Basé à la Cité d’Achraf, à 65 km au nord-ouest de Bagdad, l’OMPI est depuis de nombreuses années maintenant une épine douloureuse dans le pied du régime iranien. C’est l’OMPI qui a d’abord exposé le programme nucléaire de l’Iran en 2002 et depuis l’invasion de l’Irak en 2003, l’OMPI a exposé l’infiltration de l’Iran en Irak à maintes occasions. Plus notablement encore, il a révélé l’existence de deux centres de formation dans les faubourgs de Téhéran, où le corps des gardiens de la révolution iraniens entraîne et arme la milice chi’ite ; et c’est cette même milice chi’ite que l’on pense maintenant être derrière les roquettes qui ont visé la Zone Verte de Bagdad.
L’opération militaire irakienne à Bassora aide clairement à diminuer l’influence des éléments dévoyés en Irak fidèles à l’Iran, mais il est clair que malgré les promesses que M. Ahmadinejad a faites aux responsables irakiens, le régime iranien n’a aucun désir de restreindre son appui aux entités terroristes, qu’elles soient en Irak, au Liban, en Palestine ou en Afghanistan. Sûrement cela signifie que l’on doit maintenant considérer la victoire en Irak comme le premier pas dans la réduction de l’influence de l’Iran à travers le Moyen-Orient et un échec sur ce front serait un terrible revers dans la recherche de la paix au Moyen-Orient.
Les élections en Iran ont au début du mois montré assez clairement que l’Ayatollah Ali Khamenei a serré son emprise sur le pays et que le corps des gardiens de la révolution a augmenté son pouvoir et son influence. Cela rend presque certain une attitude encore plus intransigeante du régime envers l’occident. A la suite du voyage du vice-président Richard Cheney dans la région pour obtenir un plus grand appui pour isoler l’Iran, les Etats-Unis feraient donc bien de regarder du côté de l’OMPI, qui a les moyens et la volonté d’apporter un changement en Iran, comme une solution à l’ensemble de cette crise.
Lord David Charles Waddington est ancien ministre britannique de l’Intérieur sous le gouvernement Thatcher.

