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L’impasse de Ghalibaf pour la présidence du Parlement des mollahs en Iran (Analyse)

L’impasse de Ghalibaf pour la présidence du Parlement des mollahs en Iran (Analyse)

Dans le labyrinthe du paysage politique iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf se trouve à un tournant critique. Le président du Parlement du régime, autrefois inattaquable, est désormais confronté à des défis croissants quant à son leadership, signalant un changement potentiel dans la dynamique du pouvoir dans le pays.

De récentes fuites provenant des serveurs parlementaires ont mis en lumière le rôle proactif de Ghalibaf dans l’avancement des mesures législatives et des budgets recherchés par le Bureau du Guide suprême et le Corps des Gardiens de la révolution islamique. Cependant, malgré ses efforts, des conflits internes avec le gouvernement d’Ebrahim Raisi font de Ghalibaf un perturbateur important dans la quête de Khamenei d’une conformité absolue en matière de gouvernance.

Ainsi, les élections parlementaires du 1er mars ont servi d’outil pour saper la position politique de Ghalibaf, marquées par une diminution significative de son soutien électoral, le reléguant à une lointaine quatrième position à Téhéran. Ce déclin, associé à l’émergence de factions anti-Ghalibaf dans la composition du Majlis, suscite des questions cruciales quant à la pérennité de sa présidence.

Le récit de la trajectoire politique de Ghalibaf est emblématique de l’évolution de la dynamique au sein des cercles extrémistes du régime. Autrefois salué comme le porte-flambeau de la feuille de route de Khamenei, Ghalibaf se retrouve désormais en désaccord avec ses anciens alliés, en particulier avec les factions alignées sur le Front Paydari.

Les fissures au sein du bloc extrémiste du régime, ceux qui s’identifient comme partisans « principalistes », sont apparues au premier plan lors des élections présidentielles truquées de 2017, où des intérêts contradictoires ont mis à nu les lignes de fracture au sein du camp le plus proche du Guide suprême. Les élections législatives ultérieures de 2020 ont encore approfondi ces lignes de fracture, conduisant à une rupture entre Ghalibaf et le Front Paydari.

La montée en puissance de personnalités telles que Hamid Rasaï, Amirhossein Sabeti et Mahmoud Nabavian signale un changement sismique dans le calcul politique de Téhéran, un changement qui promet de redéfinir les contours du pouvoir au sein du pouvoir législatif du régime.

Alors que Khamenei avait mis en garde contre la discorde et les conflits politiques dans son premier discours public après les élections du 1er mars, Hamid Rasaî, député en exercice et figure importante du prochain parlement du régime, a accusé Ghalibaf de corruption à la télévision d’État quelques jours plus tard, apparemment pour saper sa position.

Le guide suprême du régime, Khamenei, avait pour objectif d’exploiter les troubles au Moyen-Orient pour perturber l’équilibre intérieur contre une société rétive ainsi que contre la désobéissance de l’élite dirigeante. En augmentant les exécutions, il voulait avant tout orchestrer une simulacre d’élections à forte participation pour faire passer le message au monde que la flamme du soulèvement de 2022 s’est éteint et que les choses se passent désormais comme à l’habitude. Cependant, le boycott massif du peuple iranien a prouvé exactement le contraire.

Dans les couloirs du pouvoir à Téhéran, où les intrigues politiques et les luttes de pouvoir définissent les contours du discours politique, l’avenir politique de Ghalibaf est désormais en jeu. La bataille pour la suprématie entre Ghalibaf et ses adversaires est emblématique de la lutte plus large pour la domination politique au sein des cercles extrémistes du régime. Et celui qui sera finalement installé par Khamenei indiquera s’il a réussi à faire avancer son programme ou s’il a été contraint de reculer.

Au sein de la dictature cléricale, l’identité de ceux qui occupent des postes de direction n’a que peu d’importance. Presque tous les anciens présidents, présidents de parlement et même chefs du pouvoir judiciaire de ce régime, qui étaient autrefois considérés comme de fidèles alliés de Khamenei, sont tombés en disgrâce auprès de lui. Malgré leur ascension dans l’échelle du pouvoir, ils ont finalement été marginalisés. Alors que Khamenei s’efforce d’assainir son régime, il déstabilise involontairement ses fondements et sa gouvernance.