lundi, juillet 22, 2024
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Les autorités allemandes alertent contre l’espionnage et le terrorisme du régime iranien

Les offices de protection constitutionnelle de Hambourg et de Rhénanie du Nord-Westphalie ont publié leurs rapports 2023, soulignant une recrudescence des activités d’espionnage et de terrorisme du régime iranien en Allemagne.

Le rapport annuel du Bureau de protection constitutionnelle de Hambourg souligne que le ministère iranien du Renseignement (Vevak) contrôle et coordonne les opérations d’espionnage iraniennes dans les pays occidentaux. Ces activités se concentrent principalement sur l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (MEK) et le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), organisations vouées au renversement de la dictature religieuse.

Le rapport de Hambourg met également en garde contre l’infiltration profonde du régime iranien dans les centres fondamentalistes islamistes en Allemagne, mettant en garde contre les efforts du régime en Iran qui cherche à exporter son idéologie réactionnaire. L’Office fédéral pour la protection de la Constitution estime que les institutions pro-régime en Allemagne fonctionnent comme des outils de l’État iranien, promouvant sa doctrine théocratique extremiste.

En outre, le rapport souligne la situation désastreuse des droits humains en Iran, notant les restrictions systématiques des libertés individuelles et politiques. L’Iran a le taux d’exécutions le plus élevé par rapport à sa population au monde, et cette tendance s’accentue. Les arrestations arbitraires forcent des aveux et les pressions sur les familles sont courantes, tandis que les prisons restent surpeuplées et extrêmement dangereuses. La liberté d’expression est sévèrement limitée, l’accès à Internet étant fortement surveillé et contrôlé, et les manifestations pacifiques se heurtent souvent à une violente répression.

Le rapport de Rhénanie du Nord-Westphalie présente un tableau tout aussi alarmant des activités d’espionnage du régime des mollahs. Il détaille comment les services de renseignement iraniens emploient tous les moyens disponibles en Allemagne et en Europe contre les groupes d’opposition en exil, allant des méthodes d’enquête traditionnelles et d’infiltration aux cyberattaques et à la violence contre des opposants de premier plan qualifiés d’ennemis de l’État.

Le rapport fait état de plusieurs incidents de terrorisme parrainé par Téhéran, notamment le cas d’un agent du Vevak possédant des lettres de créance diplomatiques à l’ambassade iranienne à Vienne. En février 2021, un tribunal belge l’a condamné à 20 ans de prison pour avoir planifié un attentat à la bombe contre le rassemblement annuel de l’OMPI à Villepinte, près de Paris, en 2018. Il avait orchestré le complot avec l’aide d’un couple belgo-iranien. C’était la première fois depuis la révolution de 1979 qu’un responsable de l’État iranien était poursuivi et condamné pour avoir planifié un attentat terroriste en Europe. Pourtant, en mai 2023, le diplomate condamné a été échangé contre un employé belge d’une ONG emprisonné en Iran.

Le rapport de Rhénanie du Nord-Westphalie souligne également la menace persistante que représentent les ambitions nucléaires de l’Iran, soulignant que Téhéran viole continuellement le Plan d’action global commun (JCPOA). Le rapport anticipe de nouvelles tentatives du régime visant à acquérir illégalement de la technologie en Allemagne, ce qui rend les efforts de non-prolifération cruciaux pour atténuer la menace iranienne.

En outre, le rapport mentionne un cas spécifique de terrorisme d’État iranien impliquant l’incendie criminel d’une synagogue de Bochum liée au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) depuis l’Iran, qui a conduit à la condamnation de l’auteur par le tribunal de Düsseldorf.

Suite à la publication de ces rapports, le bureau allemand du CNRI a publié une déclaration soulignant les conclusions du rapport. Il a réitéré que l’existence du régime iranien repose sur une répression brutale, l’exportation du terrorisme, du fondamentalisme et de la guerre.
Le CNRI a appelé le gouvernement fédéral allemand à adopter une politique ferme et pratique, notamment :

Inscrire le Vevak et le CGRI comme organisations terroristes et expulser leurs agents.
Fermeture des ambassades iraniennes et des représentations officielles et officieuses impliquées dans l’espionnage, le terrorisme et l’approvisionnement en faveur de projets nucléaires et la répression intérieure.
Activation du mécanisme de « snapback » en vertu de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU en tant que partie à l’accord nucléaire.