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Le régime iranien forme un nouveau « Conseil de défense » dans un contexte d’effondrement sécuritaire post-guerre

Le régime iranien forme un nouveau « Conseil de défense » dans un contexte d'effondrement sécuritaire post-guerre
Les forces paramilitaires du Bassidj patrouillent la nuit dans les rues, dans un contexte de répression renforcée dans les villes iraniennes – Juillet 2025

Alors qu’il perd son emprise sur une société de plus en plus agitée, le régime iranien s’efforce de rétablir le contrôle de son appareil sécuritaire discrédité et fracturé. L’agence de presse Fars, affiliée au CGRI, a confirmé la création d’une nouvelle entité – le « Conseil de défense » – dans le cadre de ce qu’elle appelle un « nouveau modèle de gouvernance » dans les domaines de la défense et de la sécurité nationale, suite au récent conflit de 12 jours.

Selon Fars, le nouveau conseil entreprendra des « missions stratégiques dans le domaine des politiques de défense du pays », bien que les détails restent flous. Cette initiative fait suite à des informations de Nournews, un média proche du Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN), qui a averti le 1er août de l’imminence de changements structurels au sein des plus hautes institutions de sécurité.

Malgré ces changements présentés comme des réformes, la réalité est bien plus sinistre. Le régime ne construit pas de nouvelles institutions pour protéger le peuple iranien, mais de nouveaux outils pour le réprimer.

Un Conseil pour défendre le régime, pas la nation
Suite à d’importants échecs opérationnels et en matière de renseignement pendant la guerre, le Guide suprême du régime, Ali Khamenei, aurait perdu confiance en son commandement militaire et chercherait à centraliser le contrôle en intégrant des agents loyaux à tous les niveaux de la structure de défense et de renseignement.

Mais il ne s’agit pas d’une stratégie de réforme, mais d’une stratégie de survie.

Le régime continue de drainer les ressources nationales vers le développement d’armes nucléaires et l’utilisation de groupes mandataires étrangers. Cette obsession pour la guerre idéologique se fait au détriment direct des infrastructures et des besoins civils de l’Iran. Alors que les pénuries d’eau s’aggravent dans les villes du pays, la colère de la population monte. Même Téhéran, qui compte près de dix millions d’habitants, est confrontée à une pénurie d’eau imminente. Les Iraniens condamnent de plus en plus le régime pour avoir gaspillé des milliards en armes, milices et enrichissement d’uranium, tout en négligeant les infrastructures publiques en ruine dont ils dépendent.

Aujourd’hui, craignant un soulèvement populaire, le régime réprime violemment la dissidence, rue après rue et prison après prison.

Répression sans fin : la véritable doctrine de défense du régime
La formation du Conseil de défense coïncide avec une montée alarmante de la violence d’État. Ces dernières semaines, les forces de sécurité ont arrêté d’innombrables citoyens, y compris des binationaux et des étrangers, sous les accusations habituelles d’« espionnage » et d’« infiltration ». Ces arrestations sont rarement suivies de véritables enquêtes. Elles s’inscrivent plutôt dans un schéma terroriste : procès-spectacles de cinq minutes, exécutions expéditives et torture systématique. Le peuple iranien vit dans l’ombre d’un système où le bourreau est constamment à l’œuvre. Des escadrons pénitentiaires spéciaux font irruption dans les cellules des prisonniers politiques, les frappent brutalement, leur couvrent la tête et les font disparaître dans des lieux inconnus. Les familles sont laissées dans l’ignorance. Les disparus ne reviennent souvent jamais.

Telle est la véritable facette de la stratégie de défense du régime iranien : non pas la souveraineté, mais la peur.

Le retour de Larijani : le recyclage de la vieille garde
Alors que le régime remanie son élite sécuritaire, Fars rapporte qu’Ali Larijani, ancien secrétaire du SNSC et proche conseiller de Khamenei, devrait reprendre ce poste.

Par ailleurs, l’actuel secrétaire, Ali Akbar Ahmadian, serait chargé des « cas spéciaux et stratégiques », une autre désignation vague destinée à obscurcir plutôt qu’à clarifier.

Ces rotations ne sont pas un signe de progrès. Elles reflètent le désespoir. Le régime recycle des fidèles familiers, non pas parce qu’ils offrent des solutions, mais parce qu’il ne reste plus personne à qui faire confiance. Au lendemain de la guerre, plusieurs commandants clés ont été tués et le vide politique s’accentue. Le Conseil de défense n’est pas une réponse à cette crise, mais une diversion.

Ce que le régime craint le plus, ce n’est pas un ennemi extérieur, mais le peuple iranien. Et ce qu’il défend le plus agressivement, ce n’est pas la nation, mais sa propre survie. Aucune nouvelle institution ne peut changer cette réalité.