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La Suède licencie un agent des migrations pour sa collusion avec le régime iranien

La Suède licencie un agent des migrations pour sa collusion avec le régime iranien

Une affaire a secoué la fonction publique suédoise cette semaine après que l’émission Ekot sur Sveriges Radio a révélé le licenciement d’un agent de longue date de l’Agence suédoise des migrations suite à un avertissement de la Säpo, le service de sécurité nationale, concernant des liens présumés avec des cercles liés au régime iranien.

Bien que la nature exacte de ces liens reste confidentielle, des documents internes consultés par Ekot indiquent que l’employé a entretenu des « associations et des contacts inappropriés » pendant une période prolongée, notamment pendant son temps libre. Selon l’agence, ces activités ont été jugées comme un manque de loyauté envers l’État suédois, ce qui a conduit à son licenciement plus tôt cette année. Aftonbladet a également rapporté l’affaire, confirmant la chronologie et les graves problèmes de sécurité en jeu.

Hans Kemkes, responsable de la sécurité à l’Agence des migrations, a déclaré à Ekot : « L’information est crédible de notre point de vue, et c’est pourquoi nous agissons ainsi. Oui, c’est grave, et c’est précisément pourquoi elle a conduit à un licenciement dans cette affaire. »

L’individu en question travaillait pour l’agence depuis 2016. Bien qu’aucune preuve de compromission de données classifiées n’ait été apportée, l’agence a conclu que l’employé ne pouvait pas rester à son poste en raison de la gravité de la situation. Kemkes a ajouté que l’agence ne mettrait pas en œuvre de nouvelles mesures spéciales uniquement en raison de cet incident, mais que le développement de la sécurité faisait partie intégrante de son travail institutionnel continu.

Selon Ekot, l’alerte de la Säpo a été émise en novembre 2024, mais l’employé n’a été mis en congé qu’en janvier 2025, après que les services de sécurité ont demandé à l’agence de reporter toute action afin de recueillir des renseignements supplémentaires. Des documents montrent également que l’employé a d’abord reconnu certaines accusations, avant de les nier en bloc.

Bien que la Säpo ait refusé de commenter et que l’individu n’ait pas répondu aux questions des médias, cette affaire souligne les inquiétudes croissantes en Suède concernant les opérations d’influence étrangères, notamment celles menées par le régime clérical iranien, connu pour cibler les communautés de la diaspora et infiltrer des institutions étrangères.

En 2021, les médias suédois ont révélé l’arrestation de Peyman Kia, ancien haut gradé de la police de sécurité suédoise (Säpo), qui a ensuite été reconnu coupable d’espionnage pour le compte de Téhéran entre 2011 et 2015, alors qu’il détenait un accès privilégié à des informations classifiées. Son cas, ainsi que l’arrestation d’un couple iranien se faisant passer pour des réfugiés afghans la même année, ont mis en lumière l’ampleur et la persistance du réseau d’espionnage du régime en Europe, un réseau qui continue de faire surface au sein d’institutions sensibles sous couvert de double identité ou d’engagement communautaire.

Ce dernier développement intervient dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre Stockholm et Téhéran, alimentées par des affaires telles que l’emprisonnement de l’universitaire suédo-iranien Ahmadreza Djalali en Iran, et le récent procès d’Hamid Noury en Suède, au cours duquel l’ancien responsable iranien a été condamné à la prison à vie pour son rôle dans l’exécution massive de prisonniers politiques en 1988.

Les analystes de la sécurité avertissent que cette affaire pourrait conduire à un examen plus approfondi des responsables nés à l’étranger occupant des fonctions publiques sensibles, en particulier ceux ayant des liens avec des États autoritaires ayant un historique d’espionnage et de répression transnationale.