
Le 21 mars 2025, les forces syriennes de lutte contre les stupéfiants ont découvert une cache impressionnante d’environ 3 millions de comprimés de Captagon dans un entrepôt d’Alep, arrêtant un suspect lors d’une opération d’envergure. Cette saisie, menée en collaboration avec la direction de la sécurité d’Alep, a relancé l’enquête sur l’implication de longue date du régime iranien dans le trafic de drogue dans la région. Bien que le ministère syrien de l’Intérieur ait déféré le suspect aux autorités judiciaires, de nouveaux rapports font état d’un lien plus profond avec les réseaux soutenus par Téhéran, qui ont historiquement alimenté l’instabilité en Syrie.
Sous l’ancien régime de Bachar el-Assad, qui s’est effondré en décembre 2024, la Syrie s’est transformée en plaque tournante de la production et du trafic de Captagon, des allégations liant systématiquement ces opérations aux milices iraniennes et au Hezbollah, tous deux fortement soutenus par Téhéran.
Des sources indiquent que le régime iranien a utilisé les revenus du trafic de drogue pour financer ses forces mandatées au Moyen-Orient, exploitant le chaos syrien pour étendre son influence. Le récent coup de filet d’Alep s’inscrit dans une stratégie syrienne renforcée visant à démanteler ces réseaux, notamment des opérations militaires ciblant le Hezbollah le long de la frontière libanaise et des mesures de répression du trafic d’armes lié au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) du régime iranien.
Le rôle du régime dans le trafic de drogue en Syrie s’inscrit dans une stratégie plus large visant à soutenir ses ambitions régionales malgré une opposition croissante. Depuis la chute d’Assad, Téhéran aurait cherché à déclencher des insurrections dans les régions côtières syriennes, utilisant ses intermédiaires pour maintenir sa présence. Le trafic de Captagon, longtemps une bouée de sauvetage financière pour ces groupes, a inondé les marchés du Moyen-Orient, cette drogue à base d’amphétamines devenant un produit de base du crime organisé dans la région. Les autorités irakiennes ont récemment saisi plus d’une tonne de Captagon en provenance de Syrie, soulignant l’ampleur du problème.
Cette dernière saisie à Alep met en lumière le défi persistant que représente la lutte contre les activités déstabilisatrices de l’Iran dans la Syrie post-Assad. Alors que les forces syriennes intensifient leurs efforts pour limiter l’influence de Téhéran, la communauté internationale observe attentivement la situation, inquiète des implications plus larges pour la sécurité régionale.

