dimanche, mars 8, 2026
AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeArrestation à Deir ez-Zor d’un haut gradé du régime d’Assad lié aux...

Arrestation à Deir ez-Zor d’un haut gradé du régime d’Assad lié aux pasdaran iraniens

Arrestation à Deir ez-Zor d’un haut gradé du régime d’Assad lié aux pasdaran iraniens
Photo d’identité de l’ancien officier syrien Abdel Karim Ahmad Hammadeh, diffusée par Al Arabiya le 22 mars 2025

Les autorités syriennes ont arrêté le général de brigade Abdel Karim Ahmad Hammadeh, un haut gradé étroitement lié au régime d’Assad déchu et l’un de ses principaux agents de liaison avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) du régime iranien. Cette arrestation, annoncée samedi 22 mars, s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne menée par le gouvernement syrien de transition pour démanteler les vestiges de l’infrastructure militaire et du renseignement de l’ancien régime.

Selon Al Arabiya, Hammadeh était depuis longtemps un confident de Maher el-Assad, le puissant frère de l’ancien président syrien Bachar el-Assad, et occupait plusieurs postes influents au sein de la 4e division blindée, dont celui de chef de l’administration des points de contrôle à Deir ez-Zor.

Le capitaine Muslim Osman al-Sheikh, de la Direction générale de la sécurité syrienne, a confirmé à Al Arabiya/Al Hadath que Hammadeh avait été appréhendé « après une opération de traque précise » dans le centre de Deir ez-Zor, où il se cachait. Il a précisé qu’Hammadeh avait auparavant occupé plusieurs postes opérationnels clés, notamment au sein de la salle des opérations centrales et de la division de reconnaissance de la 41e brigade, avant de devenir le coordinateur officiel du CGRI dans la région.

Hammadeh était également chargé de gérer le « dossier de réconciliation » pour le compte de l’ancien régime, une initiative visant à réintégrer les anciens combattants et les transfuges dans l’appareil militaire en déclin d’Assad. Comme l’a rapporté Arabi21, il agissait comme conseiller principal et intermédiaire entre les officiers d’Assad et l’appareil militaire du régime iranien, servant ainsi les intérêts de Téhéran dans les provinces instables de l’est de la Syrie.

L’arrestation a été confirmée par plusieurs médias, dont i24NEWS Arabic, qui a cité des sources sécuritaires affirmant qu’Hammadeh servait d’« officier de liaison du CGRI » à Deir ez-Zor et constituait un lien stratégique dans les efforts de l’Iran pour s’implanter militairement dans l’est de la Syrie.

Son arrestation marque une étape importante dans les efforts déployés par les autorités syriennes de transition pour poursuivre les responsables d’ingérence étrangère et de crimes de guerre commis sous l’ère Assad. Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, à la suite d’une offensive militaire de 11 jours lancée depuis Idlib et Alep, le nouveau gouvernement a donné la priorité au démantèlement de l’héritage militaire et des services de renseignement d’Assad.

Le président Ahmad al-Sharaa, nommé à la tête du gouvernement de transition le 29 janvier 2025, a critiqué à plusieurs reprises le rôle déstabilisateur de l’Iran en Syrie. Dans un discours prononcé le 4 février, il a qualifié la présence militaire de Téhéran de « menace pour toute la région » et a précédemment déclaré que le renversement d’Assad « retardait de 40 ans le projet régional du régime ».

Le régime clérical iranien a été le principal allié d’Assad tout au long de la longue guerre civile syrienne, qui a débuté en 2011 par des manifestations pacifiques et s’est transformée en un conflit multipartite brutal. Avec l’aide du Hezbollah, du soutien aérien russe et des forces terrestres du CGRI, le régime s’est accroché au pouvoir par une violence immense et des interventions étrangères.

La guerre a fait plus de 600 000 morts et plus de six millions de Syriens déplacés, et a dévasté les infrastructures et l’économie du pays. Le CGRI a joué un rôle essentiel, non seulement sur le plan militaire, mais aussi dans l’élaboration des accords économiques et politiques d’après-guerre visant à ancrer l’influence de l’Iran en Syrie.

Cependant, depuis la chute du régime, les relations syro-iraniennes se sont fortement détériorées. Le 18 janvier 2025, le ministère syrien des Finances a annoncé une interdiction totale des importations iraniennes. La veille, Turkish Airlines avait publié un avis aux voyageurs annonçant que les citoyens iraniens auraient désormais besoin d’un visa officiel pour entrer en Syrie – une mesure sans précédent entre deux anciens alliés.

L’arrestation de Hammadeh coïncide avec une campagne plus vaste lancée par les autorités de transition pour neutraliser les derniers fidèles d’Assad. Des dizaines de « bureaux de réconciliation » ont été créés à travers le pays pour permettre aux anciens militaires non impliqués dans des crimes de rendre les armes et de se réintégrer pacifiquement.

Pourtant, pour des personnalités comme Hammadeh, profondément ancrées dans l’architecture sécuritaire d’Assad et qui ont servi de passerelles avec les puissances étrangères, la voie à suivre semble résider dans la responsabilité judiciaire. Avec cette arrestation, le message de Damas est clair : l’ère de la domination étrangère en Syrie est révolue, et les complices de son maintien devront rendre des comptes.