
La nomination de Mohammad Javad Zarif au poste d’adjoint stratégique du président des mollahs a relancé les luttes intestines entre les factions du pouvoir en Iran. Avant même que l’administration de Masoud Pezeshkian ne prête serment, le Front Paydari, une faction liée à Ali Khamenei, n’a eu de cesse de sapé l’autorité de Pezeshkian. Cet affrontement interne a révélé des divisions plus profondes au sein du régime, signalant que l’influence même de Khamenei s’affaiblit au sein de son propre camp alors qu’il lutte pour maintenir l’unité de son régime dans un contexte de pressions nationales et internationales croissantes.
Le Front Paydari, qui comprend des personnalités telles que Hamid Rasaï, n’a jamais caché son mépris pour Zarif. Rasaï et ses alliés voient en Zarif le symbole d’une diplomatie ratée, notamment en raison de son association avec l’accord nucléaire de 2015, qui, selon eux, met en péril la survie du régime.
Le 20 octobre, Rasaï a annoncé sur les réseaux sociaux que 45 membres du Parlement avaient renvoyé la question de la nomination de Zarif à l’organe législatif, déclarant : « Si le rapport de la commission est approuvé par le Parlement, cette nomination illégale par le Président sera soumise à un examen judiciaire accéléré sans les formalités juridiques habituelles. » Ses remarques, partagées sur les réseaux sociaux, ont souligné la détermination de la faction alignée sur Khamenei à faire face à ce qu’elle considère comme des menaces existentielles pour la stabilité du régime.
Power Struggle Intensifies in #Iran as Rival Factions Slam #Pezeshkian’s Governmenthttps://t.co/j6FF8DT5LL
— NCRI-FAC (@iran_policy) 12 septembre 2024
La volonté de ces factions d’affronter Pezeshkian de manière aussi agressive met en évidence un changement important : le contrôle traditionnel de Khamenei sur la faction est en train de s’affaiblir. Le Front Paydari poursuit son programme, même contre l’intérêt du Guide suprême qui est de préserver l’unité interne du pouvoir. Cela suggère que Khamenei ne peut plus se permettre de réprimer les conflits entre factions, ce qui reflète une érosion plus large de son influence.
Cette division interne a été exacerbée par la guerre actuelle au Moyen-Orient, qui a encore mis à rude épreuve la position déjà précaire du régime. Le 17 octobre, Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement, a reconnu la gravité de ces tensions internes, avertissant à Mashhad que deux problèmes critiques – « les conflits internes et l’érosion du soutien de l’opinion publique » – menacent la stabilité du régime. Pourtant, ses avertissements n’ont pas fait grand-chose pour freiner les attaques du Front Paydari.
Ces factions ont non seulement ciblé le passé de Zarif, mais ont également utilisé des recours juridiques contre Pezeshkian lui-même. Le député Kamran Ghazanfari, cité par Ruydad24 le 14 octobre, a déclaré : « Si le président Pezeshkian n’annule pas immédiatement cette nomination illégale, nous porterons l’affaire devant la justice et il devra en répondre. » Ghazanfari a également affirmé que Pezeshkian pourrait être disqualifié de toute fonction publique, ce qui le démettrait de facto de la présidence – une mesure qui aggraverait les troubles internes du régime.
Alors que les factions au sein du régime continuent de s’affronter, le risque d’un conflit plus large se profile. Ce qui reste clair, c’est que ces batailles internes ont révélé d’importantes vulnérabilités, mettant à mal la capacité de Khamenei à conserver son emprise sur le pouvoir et mettant en évidence l’état précaire de l’unité du régime.

