
La branche allemande de l’université internationale iranienne Al-Mustafa est sous la surveillance des agences de sécurité, qui craignent que l’institution ne fonctionne comme une plate-forme de recrutement pour le terrorisme. Selon un récent rapport de Bild, l’université est soupçonnée d’aider la Force Qods, une unité du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) d’Iran, à recruter des agents pour des activités de renseignement en Allemagne.
L’Office fédéral allemand pour la protection de la Constitution (BfV) a suivi de près la situation. Thomas Haldenwang, directeur du BfV, a noté que les extrémistes ont utilisé les tensions accrues au Moyen-Orient pour accroître leurs efforts de propagande et de mobilisation. « Les activités possibles de l’axe terroriste iranien en Allemagne sont surveillées de près », a déclaré Haldenwang.
Le rapport de Bild cite des documents du département du Trésor américain, qui affirment que l’Université internationale Al-Mustafa, avec des succursales dans le monde entier, sert de façade aux activités de recrutement de la Force Qods, notamment la collecte de renseignements et le recrutement pour les milices étrangères. La Force Qods, désignée comme organisation terroriste par les États-Unis en 2019, est connue pour soutenir des opérations terroristes en dehors de l’Iran.
Hamburg Senate Warns of #Iranian Espionage and Threats Against #MEK Amid Rising Tensionshttps://t.co/eVlsj8CtK3 pic.twitter.com/G3UuGMCgaA
— NCRI-FAC (@iran_policy) 10 août 2024
A Berlin, les agences de renseignement ont compilé une liste de près de 700 individus liés à Al-Mustafa qui sont soupçonnés d’avoir des liens avec l’espionnage ou de soutenir le terrorisme. Le BfV recherche activement des membres d’une unité secrète du CGRI qui opérerait en Allemagne, ce qui suscite de nouvelles inquiétudes quant à la sécurité nationale.
Les soupçons qui pèsent sur l’université Al-Mustafa font suite aux récentes interdictions prononcées contre d’autres organisations affiliées à l’Iran en Allemagne, notamment le Centre islamique de Hambourg (IZH) et l’Académie islamique d’Allemagne (IAD), qui étaient également soupçonnées d’avoir des liens avec des activités extrémistes.
La surveillance accrue des autorités allemandes à l’encontre de l’université Al-Mustafa de Berlin s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste visant à réprimer les institutions liées à l’Iran soupçonnées de faciliter l’espionnage et les activités extrémistes. Plus tôt cette année, la ministre fédérale de l’Intérieur Nancy Faeser a ordonné une interdiction nationale du Centre islamique de Hambourg (IZH) et de ses sous-organisations, invoquant leur soutien au Hezbollah et la promotion d’idéologies extrémistes et anticonstitutionnelles. Faeser a souligné que l’interdiction visait à freiner les activités qui menacent les valeurs démocratiques de l’Allemagne, notant que « le Centre islamique de Hambourg promeut une idéologie islamiste-extrémiste et totalitaire. Cette interdiction met un terme à leurs activités. »
Cette décision a été appuyée par des enquêtes approfondies, notamment des raids sur 53 propriétés dans plusieurs États fédéraux, qui ont révélé des liens étroits avec des réseaux extrémistes.

