Guerre intestine du pouvoir en Iran

Guerre intestine du pouvoir en Iran
Bagarre entre députés au Parlement iranien (Majlis)

Le 14 juillet 2026, une cérémonie d’État à la mosquée Musalla de Téhéran, orchestrée pour consolider la succession héréditaire sous Mojtaba Khamenei, a révélé une fracture profonde au sein du régime. Alors que Mostafa Khamenei (le frère aîné de Mojtaba) appelait à la patience, la foule des radicaux a scandé des slogans hostiles : « Mort au conciliateur ! » et « Pezeshkian, où est ton engagement ? ». Cette crise interne a rapidement dégénéré en un affrontement entre l’exécutif et l’armée. Le président du régime, Massoud Pezeshkian, a ouvertement attaqué la chaîne de télévision publique iranienne (IRIB), déclarant : « Quand l’IRIB affirme que l’armée est d’un côté et le gouvernement de l’autre, cela signifie qu’il y a une division, et c’est ce que fait Israël.»

Cette rupture interne a déclenché une violente « guerre des voyous » autour de la reprise des négociations avec Washington. Le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a publié une déclaration détaillée défendant sa position : « À ce stade, négocier ne signifie pas faire des compromis, mais, au même titre que la guerre, cela fait partie de la stratégie de résistance et de sauvegarde des intérêts nationaux.»

Renforçant ce courant de pensée, Gholam-Ali Haddad-Adel, membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, a explicitement plaidé en faveur des pourparlers, affirmant : « Le fait que la nation et ses dirigeants aspirent à la vengeance n’est pas incompatible avec la négociation. La négociation peut également viser à garantir les intérêts de la nation.»

Cependant, les ultras intransigeants du régime ont lancé une contre-offensive féroce. Alireza Arafi, membre éminent du Conseil des gardiens, a publiquement exigé la dénonciation pure et simple du mémorandum nucléaire de fin juin 2026, insistant sur le fait que le président « doit considérer ce mémorandum comme caduc et adopter une position inflexible ». Raillant ouvertement les inquiétudes économiques de Pezeshkian, Arafi a averti que « les responsables ne doivent pas renoncer aux droits légitimes de la Oumma islamique sous prétexte de difficultés économiques et de crainte des coûts de la guerre », tandis que le député Hamid Rasaee a fustigé Ghalibaf pour la fermeture du Parlement, accusant les services de sécurité de faire taire les médias critiquant « les négociations et l’accord avec l’assassin du dirigeant ».

Guerre cinétique, listes de terroristes et ruine systémique

La paralysie institutionnelle de Téhéran l’a rendue totalement vulnérable aux réalités militaires changeantes. Dans la nuit du 16 juillet 2026, des frappes aériennes américaines ont ciblé et détruit des infrastructures critiques et des voies de transit dans le sud de l’Iran, provoquant une riposte frénétique de Téhéran contre les centres énergétiques koweïtiens et le Kurdistan irakien. En conséquence, le vendredi 17 juillet 2026, les marchés financiers ont paniqué. Le dollar américain a grimpé en flèche, dépassant le seuil sans précédent de 191 000 tomans sur des plateformes de trading comme TGJU, anéantissant la stabilisation économique temporaire obtenue grâce au mémorandum de juin.

Parallèlement, la désignation officielle du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste par le gouvernement britannique a semé la panique dans les médias d’État. Le 17 juillet 2026, le quotidien Resalat a condamné cette désignation comme une mesure hautement provocatrice, tandis que Tabnak, organe de presse affilié au CGRI, a averti que « qualifier le CGRI de groupe terroriste ouvre la porte à des opérations militaires britanniques contre l’Iran » et permettra aux puissances occidentales de s’emparer facilement des avoirs de l’État iranien à l’étranger.

Face à une menace existentielle, le régime a intensifié la terreur localisée, comme en témoigne le meurtre d’un Kurde kulbar par des gardes-frontières à Oramanat le 14 juillet 2026. Pourtant, cette brutalité intérieure alimente une révolte massive au sein du système pénitentiaire iranien, où des milliers de détenus de la prison de Ghezel Hesar mènent une grève de la faim pour protester contre les exécutions.

Parallèlement, les données relatives aux droits humains font état d’une surpopulation carcérale catastrophique et du mélange illégal de dissidents politiques et de condamnés de l’EI à l’intérieur de la prison d’Adelabad à Shiraz. Alors que l’élite cléricale se déchire sur la question de la politique étrangère, cette profonde déliquescence systémique offre une opportunité sans précédent à la coalition démocratique organisée de transformer la colère populaire en une nouvelle vague de soulèvements contre la dictature cléricale.