Agence France Presse – Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a qualifié de "provocation" le tir d’essai d’un missile sol/mer à portée intermédiaire "Kowsar" réalisé par Téhéran, dans une interview à la 2ème chaîne de la télévision publique allemande (ZDF).
Interrogé depuis Washington où il est en visite depuis lundi, le chef de la diplomatie allemande, en réponse à une question sur une éventuelle "provocation iranienne, a répondu: "Oui, cela en est une". Et cela "préoccupe encore plus la communauté internationale quant aux évolutions en cours en Iran", a-t-il ajouté.
S’exprimant sur le refus de Téhéran de suspendre ses activités d’enrichissiment d’uranium, en dépit de la demande formelle du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), il a déclaré: "Nous espérons que l’Iran va retrouver le chemin de la raison".
Auparavant, également à Washington, devant la presse, dans le cadre du bras de fer qui oppose sur le dossier nucléaire depuis des mois l’Iran à la communauté internationale et en particulier aux Etats-Unis, à l’Allemagne, à la France et à la Grande-Bretagne, Frank-Walter Steinmeier avait déclaré: "Cela n’aide pas aux pourparlers et, par dessus tout, je suis convaincu que cela n’aide pas l’Iran". "Cela ne renforce pas la volonté de tenir des négociations ouvertes avec les Iraniens quand ceux-ci poursuivent activement le développement de leur technologie de missiles".
Il avait estimé que ce tir d’essai était particulièrement problématique en raison des appels "très agressifs" du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à "rayer Israël de la carte".
Lundi, l’Iran avait annoncé avoir aussi testé avec succès une puissante torpille dans le cadre d’une semaine de manoeuvres militaires dans le Golfe. Washington avait exprimé son inquiétude et Téhéran avait averti l’Occident de ne pas "jouer avec le feu", en pleine crise sur le programme nucléaire iranien.
Ces manoeuvres interviennent alors que le Conseil de sécurité de l’Onu, qui soupçonne l’Iran d’avoir des visées nucléaires militaires, a donné le 30 mars dernier 30 jours à l’Iran pour suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium et accepter l’inspection de ses sites par les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

