samedi, février 4, 2023
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Statu quo entre l’Europe et l’Iran sur le nucléaire iranien

Reuters – Les discussions jeudi en Espagne entre le représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, et le principal négociateur iranien, Ali Larijani, n’ont débouché sur aucune percée dans la recherche d’une solution à la crise liée au programme nucléaire de l’Iran.

Les deux hommes disent avoir eu des entretiens constructifs et ont annoncé une nouvelle rencontre dans deux semaines. A l’issue de leurs pourparlers dans un pavillon de chasse des environs de Madrid, chacun a toutefois réitéré sa position initiale.

Solana et Larijani tiendront de nouvelles consultations vendredi à Madrid, mais pas nécessairement en face à face, a dit un collaborateur du porte-parole de la diplomatie européenne.

Larijani a déclaré aux journalistes que sa réunion avec Solana, qui a duré quatre heures et demie, avait été "sérieuse et transparente".

Mais il a une nouvelle fois prévenu que la suspension par Téhéran de ses activités d’enrichissement d’uranium était exclue.

"Nous avons abandonné cette question", a-t-il dit.

Prié de dire s’il avait abordé la question de la suspension avec Larijani, Solana a répondu: "Comme vous le savez, nous continuons de penser que la question de l’enrichissement est très importante pour nous."

"Il n’y a eu aucune avancée fondamentale (aujourd’hui), mais je peux dire que nous avons progressé sur certaines questions importantes. Nous avons parlé de tout ce dont nous devions parler. Nous avons mis en avant de nouvelles idées que nous continuerons de discuter."

"Nous cherchons un nouvel élan pour les négociations", a-t-il dit sans donner plus de précision, notant toutefois une "atmosphère positive".

Cette rencontre en Espagne était perçue par les diplomates comme une dernière chance un peu vaine d’éviter une troisième résolution du Conseil de sécurité de l’Onu imposant des sanctions à l’Iran, après celles adoptées en décembre et en mars.

Une précédente session de pourparlers un mois plus tôt n’a produit aucun résultat et l’Agence internationale de l’Energie atomique a signalé la semaine dernière que l’Iran n’avait non seulement pas respecté la date butoir du 24 mai pour un arrêt de son programme, mais qu’il l’avait accéléré au point d’envisager une production de combustible nucléaire à une échelle industrielle.

Les ministres des Affaires étrangères du G8 ont menacé mercredi de prendre de "nouvelles mesures appropriées", formule diplomatique pour désigner des sanctions.

La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a lancé jeudi une nouvelle mise en garde à Téhéran.

OBJECTIF MAINTENU D’UNE "DOUBLE SUSPENSION"

"Le moment est venu pour l’Iran de changer de tactique. La communauté internationale est unie dans ses exigences vis-à-vis de l’Iran, c’est-à-dire la suspension (de l’enrichissement d’uranium)", a-t-elle dit lors d’une visite à Vienne.

Condoleezza Rice a renouvelé une offre américaine formulée un an plus tôt: Washington est prêt à modifier sa ligne de conduite observée depuis 1980 à l’égard de l’Iran et à engager des discussions sur tous les sujets.

"Mais cela ne peut se faire tant que l’Iran persiste à tenter de se doter et de perfectionner des technologies conduisant à l’arme nucléaire", a-t-elle cependant ajouté.

Une porte-parole de Solana a précisé que le représentant diplomatique de l’UE, mandaté par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, devait tenter à nouveau de défendre auprès de Larijani la formule onusienne d’une "double suspension": une suspension par l’Iran de l’enrichissement d’uranium en échange d’une suspension des sanctions, afin de lancer des négociations sur le fond.

Larijani avait déjà exclu mercredi toute pause dans l’enrichissement d’uranium, proposant uniquement de garantir que le programme iranien ne comporte pas de volet militaire, comme le soupçonnent les Etats-Unis et leurs alliés.

"Ces discussions (en Espagne) ne semblent pas avoir un grand intérêt, surtout après le rapport négatif de l’AIEA", a déclaré un diplomate européen à Madrid. "Mais le but est de maintenir le canal de négociations ouvert."

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