mardi, décembre 6, 2022
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Le Sommet mondial pour un Iran libre 2021 met en lumière une époque charnière pour l’Iran

Photo d’archive : Rassemblement pour un Iran libre à Berlin en 2018

Ce samedi marquera le début d’un sommet mondial de trois jours « Pour un Iran libre ». Il visera à prôner une politique plus fermes vis-à-vis du régime iranien, y compris une politique de soutien au mouvement de protestation populaire en Iran. Le « Sommet mondial de l’Iran libre » reliera les communautés d’expatriés iraniens à travers le monde.

Selon les organisateurs de l’événement, plus de 50 000 sites seront connectés à Achraf 3, qui abrite les membres de l’opposition iranienne, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK).

En plus des participants ordinaires, 1000 dignitaires politiques, dont 250 parlementaires de pays européens, du Moyen-Orient et du Canada, ainsi que 30 sénateurs et membres de la Chambre des représentants des États-Unis se joindront au Sommet mondial pour un Iran Libre.

Le sommet aura lieu moins d’un mois après la farce d’élection présidentielle en Iran, et si les tendances actuelles persistent, il sera concomitant avec les manifestations de travailleurs et de citoyens ordinaires en Iran. Ces manifestations s’inscrivent dans la continuité de l’activisme qui s’est manifesté depuis la parodie électorale, sous la forme d’une abstention massive du processus politique. Le nouveau président du régime, Ebrahim Raïssi, n’avait en fait aucune adversaire sérieux dans la course. Ayant été désigné par le guide suprême du régime, Ali Khamenei, comme le seul choix acceptable, il est le dernier instrument des efforts de Khamenei pour consolider son pouvoir.

Ce projet a vu le jour ces dernières années alors que le régime des mollahs faisait face à des menaces sans précédent provenant en interne. Outre les défis évidents posés par les sanctions économiques et l’isolement diplomatique, Téhéran a dû faire face à la montée en puissance du mouvement de résistance prodémocratie.

En janvier 2018, Khamenei a prononcé un discours dans lequel il a reconnu à contrecœur l’influence sociale et la force organisationnelle de l’OMPI. Ses remarques ont été rendues nécessaires par le soulèvement national qui était alors en cours, avec des slogans provocateurs comme « Mort au dictateur ».

Ce message a ouvert la voie à une série de manifestations tout au long de l’année 2018, et finalement à un autre soulèvement national encore plus important en novembre 2019. Le rejet collectif des deux factions politiques du régime s’est également exprimé dans le boycott de l’élection présidentielle du mois dernier.

L’OMPI maintient un réseau actif en Iran. A la suite de l’élection présidentielle, il s’est appuyé sur les reportages de 1 200 journalistes (en herbe) dans plus de 400 villes pour étayer la conclusion que moins d’un électeur iranien éligible sur dix a effectivement voté le 18 juin.

Par ailleurs, des grèves dans l’industrie pétrochimique ont éclaté dès le lendemain de l’élection et ont été rapidement suivies d’autres manifestations majeures qui ont renforcé l’idée que les Iraniens ne voient aucune perspective de solution à leurs nombreux problèmes sous une administration Raïssi.

Le Sommet mondial de l’Iran libre abordera les récents développements en Iran. Le principal est l’augmentation de la répression violente de la dissidence. En effet, Raïssi a déjà démontré son fort penchant pour ce genre de comportement à son dernier poste à la tête de la justice du régime.

À ce titre, il a supervisé une augmentation du taux d’exécutions déjà le plus élevé du monde. La peine capitale étant étendue aux personnes accusées de délits aussi mineurs que la consommation d’alcool. D’autres formes d’assassinats autoritaires se sont également accélérées sous Raïssi, en particulier après le déclenchement du soulèvement de novembre 2019. Le chef suprême du régime a ordonné de faire face à ce soulèvement avec plus de violence que son prédécesseur, et les gardiens de la révolution ont immédiatement répondu en ouvrant le feu sur la foule, tuant 1 500 manifestants pacifiques. Pendant des mois, des rapports ont continué d’émaner des prisons iraniennes concernant la torture de personnes qui avaient été arrêtées par milliers en lien avec les troubles.

Même avant que des journalistes indépendants ne rapportent les bureaux de vote vides le 18 juin, le succès de cet appel était évident à partir de diverses approbations publiques du mouvement de boycott. Les syndicats informels, les retraités appauvris, les victimes d’un programme d’investissement gouvernemental et d’autres personnes ont organisé des manifestations similaires dans les semaines qui ont précédé l‘élection et, dans la plupart des cas, leurs slogans spécifiques étaient : « Nous n’avons pas vu de justice ; nous ne voterons plus jamais. »

Le Sommet mondial de l’Iran libre servira de lieu de discussion sur la politique occidentale vis-à-vis du régime iranien. Il fournit à la communauté internationale un aperçu important sur des lacunes de son approche actuelle, ainsi que de l’importance d’affronter Téhéran et de montrer son soutien au mouvement de résistance iranienne au début de l’ère Raïssi.

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