RSF – Reporters sans frontières condamne la vague dinterpellations de journalistes proches des réformateurs, et demande la libération immédiate de tous les professionnels des médias détenus dans le pays.
« En Iran, tous les prétextes sont bons pour empêcher les journalistes de sexprimer. Contrôlés à la fois par les services sécuritaires de lEtat et par le clergé, les médias qui ne défendent pas la vision de la Révolution islamique prônée par le gouvernement, sont suspendus et leurs journalistes arrêtés sans mandat et sans motif. Ils sont relâchés après avoir payé des amendes exorbitantes mais risquent dêtre renvoyés en prison à tout moment et ne peuvent pas travailler dans de bonnes conditions », a déclaré lorganisation.
Une de lhebdomadaire Safir DashtestanLe 16 octobre dernier, lhebdomadaire réformateur Safir Dashtestan (Lambassadeur du Dashtestan, en persan) a été suspendu. Le directeur du journal, M. Pourmand, le rédacteur en chef, Hossin Rouin, ainsi que la sténographe de la rédaction ont été arrêtés suite à la publication, dans le dernier numéro (voir photo), dun article satirique sur le Guide suprême de la République islamique, layatollah Ali Khamenei. Les deux journalistes et leur collaboratrice ont été tour à tour libérés sous caution.
De plus, suite au prêche du vendredi 13 octobre, des manifestations avaient été organisées, par les mollahs de la ville de Boucheir (Sud), devant le siège du journal (voir photo). Proche des réformateurs, cet hebdomadaire est connu pour ses articles critiques du clergé iranien et particulièrement de layatollah Mesbah, candidat aux élections de lAssemblée des experts (organisme chargé de sélectionner le Guide suprême de la Révolution islamique).
Manifestation du 13 octobre 2006
Par ailleurs, le 12 octobre 2006, trois journalistes de lhebdomadaire Rouji Ha Lat (Laube, en kurde) ont été interpellés. Farhad Aminpour, Reza Alipour et Saman Solimani ont été arrêtés au siège du journal dans la ville de Sanandej (Kurdistan iranien) sans aucun motif. On ignore leur lieu de détention et leurs familles nont reçu aucune nouvelle depuis leur arrestation.
Enfin, Hossin Shakery, journaliste de lhebdomadaire Payâm-é-Jonob (Le message du Sud, en persan) a été convoqué, le 14 octobre 2006, au tribunal de la ville de Boucheir où il a été mis en examen pour « trouble de lopinion publique ». Nayant pas pu payer à temps la caution de 100 millions de rials (envion 9 000 euros) fixée par le juge, M. Shakery a dû passer 48 heures en prison. Le directeur de publication du journal a également reçu une convocation pour se présenter au tribunal.

