dimanche, novembre 27, 2022
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Situation difficile au camp d’Achraf

Grève de la faim devant la Maison BlanchePar Laure Salamon

Réforme.net, 1er octobre – Dimanche 27 septembre, le juge du Tribunal de Khalis, en Irak, a rendu son verdict définitif de remise en liberté des 36 otages iraniens du camp d'Achraf. Comme le gouvernement irakien refuse d'appliquer ce verdict. Les otages ont décidé de poursuivre leur grève de la faim et refuse tout liquide. 

Ce camp, situé au nord de Bagdad, accueille des membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), mouvement de résistance armée au régime de la République islamique d'Iran. Selon les organisations comme Human Rights Watch ou la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme, le camp accueille près de 3500 personnes. Après la chute de Bagdad en 2003, les Etats-Unis ont désarmé le groupe et l’a été placé « sous protection » en vertu de la 4e Convention de Genève. Leurs droits doivent donc être respectés selon le droit internationale. Fin 2008, le gouvernement irakien avait menacé de les expulser et de les renvoyer en Iran. Depuis le 1e janvier 2009, les Etats-Unis ont officiellement cédé le contrôle du camp au régime irakien.

Depuis, le camp d’Achraf est menacé de fermeture. Fin juillet, l’armée irakienne est entrée de force dans le camp pour installer un poste de sécurité. Onze personnes ont été tuées, plusieurs centaines blessées et trente-six ont été enlevées.

Le révérend Rowan Williams, archevêque de Canterbury, chef spirituel des 77 millions d’anglicans dans le monde, a publié une déclaration en faveur des résidents du camp d'Achraf en Irak, dimanche 20 septembre : « La situation en cours en camp d'Achraf, avec le fait que les 36 personnes enlevées du camp en juillet n'ont pas été libérées, constitue une question humanitaire et un problème de droits humains d'une gravité et d'une urgence réelles. Il existe un argument solide en termes de droit international comme quoi les résidents d'Achraf sont des «personnes protégées». Tant le gouvernement irakien que le gouvernement des États-Unis – comme l'organisme responsable du transfert des résidents à une autre juridiction – ont l'obligation de garantir les droits de ces résidents et de les défendre contre la violence ou des exactions. »

Car, les 36 personnes détenues par les Irakiens se sont mises en grève de la faim depuis début août. Après plus de 50 jours de grève, certaines d'entre elles commencent à être dans des états critiques. Pour dénoncer leur situation, des partisans ou des membres des familles d’Achraf ont également entamé une grève de la faim au Royaume-Uni, aux Etats-Unis (photo : devant la Maison Blanche à Washington), aux Pays-Bas, en Suède… En France, des sit-in ont lieu régulièrement à Paris.

L’archevêque de Canterbury a tenté de rassurer : « Je suis en contact avec notre propre gouvernement ainsi que des représentants d'autres gouvernements pour pousser à résoudre la situation actuelle de toute urgence. Une étape très importante vers la sécurité à long terme des résidents sera la mise en place d'une équipe de surveillance des Nations Unies pour visiter le camp. En attendant, je souhaite que tous les intéressés écoutent ce que disent ceux qui à travers le monde sont profondément préoccupés par ces violations des droits humains, et réagissent comme si c’était une question urgente. Dans le même esprit humanitaire, je voudrais également inviter ceux qui ont manifesté leur inquiétude en ne prenant pas de nourriture, à mettre fin à leur jeûne. De nouvelles pertes de vies ne feraient qu'aggraver les récents événements tragiques. » Deux décisions de justice ont été prises par le Tribunal de la ville où les otages sont retenus et devaient les libérer, pourtant ces décisions ne sont pas appliquées car les otages sont toujours en prison. Avec les grèves de la faim et les manifestations, les partisans du camp d'Achraf espèrent être entendus.

 

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