dimanche, décembre 4, 2022
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Sans un renforcement des sanctions, l’Iran passera au nucléaire

Pendant que le nouveau Président «modéré» appelle à des pourparlers, les centrifugeuses tournent

Par Mark Kirk et M. Eliot Engel

The Wall Street Journal, 12 aout – Le Congrès [américain] devrait-il encourager l’adoption de nouvelles sanctions pouvant pousser l’économie iranienne à une quasi-ruine et ce, afin de stopper le programme nucléaire du pays ? En ce moment à Washington, beaucoup de nos collègues répondent non à cette question.

Ils soutiennent que les sanctions sévères adoptées par le Congrès ces dernières années ont déjà permis de réaliser un changement de leadership en Iran – en remplaçant un président radical, Mahmoud Ahmadinejad, par Hassan Rohani lors des élections de juin. Ils soutiennent que M. Rohani est un modéré désireux d’entrer dans de véritables négociations avec l’Occident sur le programme nucléaire du pays. Compte tenu de ce changement, disent-ils, le moment est venu pour les États-Unis d’offrir à l’Iran un rameau d’olivier. La façon de montrer notre bonne foi est d’éviter d’imposer des sanctions économiques plus sévères.

Nous sommes en désaccord. Bien que nous respections les décideurs qui soutiennent ces points de vue et savent qu’ils partagent notre objectif d’un Iran dénucléarisé, nous ne croyons pas qu’un assouplissement de la pression soit le moyen d’y arriver. Au contraire, nous sommes convaincus que la prise de mesures immédiates pour augmenter la douleur des sanctions est la seule façon de persuader les dirigeants iraniens de changer de cap.

La République islamique, l’un des régimes les plus violents au monde, est à deux doigts de se doter de la capacité d’armes nucléaires. La pensée de dictateurs qui méprisent la valeur de la vie humaine chez eux et promettent un génocide à l’étranger avec l’arme nucléaire, devrait effrayer tous les Américains.

Pour être clair : l’Iran n’a pas tenu d’élections libres et équitables au début de l’été. Le peuple iranien a été contraint de choisir entre un groupe restreint de personnes proches du régime qui ont été soigneusement sélectionnées et triées sur le volet par le Guide suprême Ali Khamenei. Plus de 600 soi-disant candidats ont été disqualifiés. Les réformateurs ont été maintenus en résidence surveillée. Internet a été étroitement contrôlé dans les semaines qui ont précédé le vote.
 
En fin de compte, M. Rohani a gagné. Bien que le mot « modéré » précède souvent son nom dans les reportages, le nouveau président de l’Iran n’est pas un réformateur. Pendant plus de deux décennies, il a servi comme représentant personnel du Guide suprême au Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran. Le Conseil surveille un éventail d’activités illicites – de la répression des manifestants étudiants en Iran au soutien des groupes terroristes, comme le Hezbollah, à l’étranger. Lors d’un discours en 2004, M. Rohani a vanté de sa stratégie de duperie lors des négociations avec l’Occident qui a permis à l’Iran de faire progresser son programme nucléaire.

Tandis que le Président Rohani appelle à des discussions « sérieuses » avec l’Occident, les centrifugeuses en Iran tournent, ses missiles d’essai sont lancés, ses agents terroristes complotent et ses violations des droits humains s’intensifient. Le Pentagone rapporte que l’Iran pourrait essayer en vol un missile balistique intercontinental capable d’atteindre les Etats-Unis en 2015. Le mois dernier, l’impartial Institut pour la science et la sécurité internationale, utilisant les données fournies par les inspecteurs des Nations Unies, a estimé que l’Iran atteindrait une capacité nucléaire critique – le savoir-faire technique pour produire de l’uranium de qualité militaire suffisante pour une explosion nucléaire sans être détecté – d’ici mi – 2014.

Nous croyons que les Etats-Unis doivent épuiser toutes les options non militaires pour empêcher l’Iran d’atteindre une capacité critique. Notre outil le plus efficace pour éviter une frappe militaire ordonne d’adopter des sanctions plus sévères.

En 2011, le Congrès a mis en place des sanctions visant la Banque Centrale iranienne et les exportations de pétrole. Un an plus tard, les Etats-Unis ont placé sur la liste noire les transports maritimes, les secteurs de l’énergie et de la construction navale. Résultat ? Depuis décembre 2011, la monnaie de l’Iran a perdu plus des deux tiers de sa valeur tandis que les revenus pétroliers du régime ont été réduits de moitié. Donc, les sanctions sont efficaces. Mais il subsiste des lacunes et la pression est loin d’avoir atteint son niveau maximal.

L’Iran continue à avoir accès à des milliards de dollars dans les réserves de change conservées dans les banques du monde entier. Il continue d’exporter plus d’un million de barils de pétrole par jour à la Chine, à l’Inde, à la Corée du Sud et au Japon, de loin, la plus grande source de revenus qui reste au régime. Et il continue de recueillir d’immenses profits de l’exploitation minière, de la construction et de l’ingénierie.

La détermination américaine est critique, en particulier au cours des prochains mois. En plaçant le régime au bord de l’effondrement économique, les Etats-Unis peuvent transformer cette force de levier en une solution diplomatique, en forçant l’Iran à respecter toutes les obligations internationales, y compris la suspension de toutes les activités liées à l’enrichissement et aux activités de retraitement.

Nous pouvons aller loin vers la réalisation de cet objectif en saisissant le reste des exportations pétrolières de l’Iran hors du marché, lui coupant l’accès à ses réserves à l’étranger et en inscrivant sur liste noire les secteurs stratégiques de l’économie iranienne. La Chambre des Représentants a voté à 400 contre 20, le mois dernier pour approuver ces mesures. Il est temps que le Sénat agisse.

En renforçant les sanctions, nous ne demandons pas que cesse la politique de diplomatie. Mais après de nombreuses années de négociations infructueuses, il est clair que les négociations n’aboutiront que si le régime sent une pression suffisante pour changer de cap et non en adoptant un optimisme mal placé sur un nouveau visage du même régime qui n’a pas faibli dans sa quête des armes nucléaires.

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M. Kirk est sénateur républicain de l’Illinois. M. Engel, député démocrate de New York, est le haut responsable de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre.

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