lundi, décembre 5, 2022
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Risque de lapidation imminente d’une femme en Iran (CNN)

CNN CNN, 2 juillet – Sakineh Mohammadi Ashtiani, mère de deux enfants, attend la mort en Iran par une exécution que son avocat qualifie de «barbare» : la lapidation.

Elle sera enterrée jusqu’à la poitrine, plus profond que ne le serait un homme, et les pierres qui lui seront lancées seront assez grandes pour lui faire mal mais pas assez pour la tuer immédiatement, selon un rapport d’Amnesty International citant le code pénal iranien.

Cette femme de 42 ans, originaire de Tabriz dans le nord de l’Iran, a été reconnue coupable d’adultère en 2006, et son exécution est imminente, a déclaré l’avocat des droits humains Mohammad Mostafa’i.

Ashtiani a été forcé d’avouer, après avoir été soumise à 99 coups de fouet, a déclaré Mostafa’i jeudi dans une interview téléphonique depuis Téhéran.

Elle s’est ensuite rétractée avant de tout nier. Sa condamnation n’est pas basée sur des preuves, mais sur la décision de trois des cinq juges, a déclaré Mostafa’i. Elle a demandé la grâce du tribunal, mais les juges ont refusé la clémence.

La cour suprême d’Iran a confirmé la condamnation en 2007.

Mostafa’i estime que la barrière de la langue empêché sa cliente de comprendre pleinement les procédures judiciaires. Ashtiani est d’origine azerbaïdjanaise et parle l’azeri, pas le persan.

Les circonstances de l’affaire Ashtiani n’en font pas une exception, mais la règle en Iran, selon Amnesty International, qui suit les peines de mort dans le monde.

« La majorité des personnes condamnées à mort par lapidation sont des femmes, qui souffrent de manière disproportionnée de ces sanctions », a déclaré le groupe des droits de l’homme dans un rapport de 2008.

Mercredi, Amnesty a fait un nouvel appel au gouvernement iranien à cesser immédiatement toutes les exécutions et à commuer toutes les condamnations à mort. Le groupe a répertorié 126 exécutions en Iran depuis le début de cette année jusqu’au 6 juin.

« L’organisation exhorte également les autorités à examiner et à abroger la peine capitale, à divulguer les détails de toutes les condamnations à mort et exécutions et d’adhérer à la tendance internationale croissante de l’abolition », indique le communiqué.

A Washington, le département d’Etat a critiqué la lapidation prévue en disant qu’elle soulevé de sérieuses préoccupations quant aux violations des droits de l’homme par le gouvernement iranien.

«Nous sommes gravement préoccupé car la punition ne correspond pas au délit présumé », a déclaré jeudi 1 juillet le Sous-secrétaire d’Etat PJ Crowley. « Pour une société moderne comme l’Iran, nous pensons que cela soulève d’importantes questions relatives aux droits de l’homme. »

Qualifiant le système judiciaire de l’Iran de « disproportionné » dans son traitement des femmes, Crowley a dit que « du point de vue des États-Unis, nous ne pensons pas qu’exécuter des femmes pour adultère soit une sanction appropriée. »

Les militants des droits humains ont fait pression sur le gouvernement islamique pour abolir la lapidation, en faisant valoir que les femmes ne sont pas traitées de façon égale devant la loi en Iran et sont particulièrement vulnérables dans le système judiciaire. Le témoignage d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme.

L’article 74 du code pénal iranien exige au moins quatre témoins – quatre hommes ou trois hommes et deux femmes – pour un adultère menant à une condamnation à la lapidation, dit Mina Ahadi, coordinatrice du Comité international contre la lapidation. Mais il n’y avait pas de témoins dans le cas d’Ashtiani. Souvent, dit Ahadi, les maris accusent leurs épouses pour s’en débarrasser.

Mostafa’i dit ne pas comprendre comment une peine de mort aussi sauvage pouvait exister en 2010 ou comment une femme innocente pouvait être séparée de son fils et de sa fille, qui ont écrit à la Cour plaidant pour la vie de leur mère.

Le public ne sera pas autorisé à assister à la lapidation, a dit Mostafa’i, par crainte de la condamnation d’une méthode aussi brutale. Il espère qu’il n’y aura pas d’exécution.

Mostafa’i, qui a lui-même été emprisonné à la suite de l’élection présidentielle contestée de juin 2009, dit réaliser le risque de parler en faveur d’Ashtiani, afin de lutter pour les droits humains. Mais il ne se laisse pas dissuader.

Il a vu Ashtiani pour la dernière fois il y a cinq mois derrière les barreaux à Tabriz. Depuis, dit-il, il est à la recherche d’un moyen de la sauver des coups de pierres.

CNN Bobby Afshar et Elise Labott contribué à ce rapport.

http://edition.cnn.com/2010/WORLD/meast/07/01/iran.stoning/?fbid=URQFYcSAcus

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