mercredi, février 8, 2023
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Rapport:  7000 Pasdaran pour consolider le califat du Guide suprême iranien en Irak

CNRI – La Résistance iranienne vient de révéler l’existence en Irak de 7000 membres des gardiens de la révolution (Pasdaran) en Irak, appartenant pour la plupart à la force Qods, inscrite sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis. Contrairement à l’idée rependue par certains milieux qui font du lobby pour la théocratie des mollahs iraniens, ces forces ne sont pas destinées à combattre Daech mais servent à compenser la perte d’influence et le coup porté au régime de Téhéran par la mise à l’écart de son protégé l’ancien premier ministre irakien Nouri Al-Maliki.

Cette concentration de forces vise donc à consolider la domination du califat du guide suprême iranien sur l’Irak. La présence croissante de pasdaran de la force terroriste Qods du régime iranien en Irak, viole en effet les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Ces forces supervisent auprès des milices chiites les massacres, l’exode forcé, la spoliation et l’agression contre les populations irakiennes, en particulier des sunnites, sous le couvert de lutte contre Daech.

 Selon les informations du Conseil national de la Résistance iranienne, qui s’appui sur des sources des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) à l’intérieur de l’Iran,  le nombre de gardiens de la révolution de la Force Qods atteint maintenant les 7000 en Irak. Un grand nombre sont en poste à Bagdad, et dans les provinces de Diyala (frontalière avec l’Iran) et Salahedine (au nord de Bagdad) dans les villes de Samarra, Khanaqin, Sa’adiyah et Jaloula, ainsi que dans les zones chiites des villes sainte de  Karbala, et Najaf (au sud de Bagdad). Des forces de l’aviation des pasdarans sont incluses dans ce nombre. Des avions de chasse du régime volent en Irak depuis le début novembre et mènent actuellement des missions militaires dans les provinces de Diyala et de Salahedine.

 Ces forces encadrent les milices chiites placées sous son commandement comme Assaïb Ahl al-Haq, Kata’ib Hezbollah et la brigade Badr qui sème la terreur dans les zones qu’ils contrôlent. Dans une interview le 1er décembre sur le site officiel du Parti démocratique kurde (PDK), Sheik Jafar, le représentant du PDK à Khanaqin, a déclaré : « Les actions des milices chiites, sont comme celles de Daech ou pire encore. Ils sont experts en meurtres, incendies et pillages. Ils ont semé le trouble dans 90% de Sa’adiyah où ils ont tout pillé et brûlé (…) Leur objectif est d’étendre leur domination et leur influence (…) Ils utilisent rarement le drapeau irakien et la plupart du temps hissent un drapeau qui porte l’emblème de la République islamique d’Iran (…) Ils ont lancé une élimination de tous les sunnites et tuent partout où ils le peuvent (…) Ces hommes ont fait sauter les maisons des gens sous prétexte de neutraliser les mines et les explosifs. »

 

Un déploiement de force depuis début 2014

Selon ces informations, depuis février 2014, un certain nombre de commandants de la Forces Qods qui avait participé à la répression des populations syrienne ont été rappelés en Irak pour transmettre aux forces et milices irakiennes leurs expériences en matière d’entrainement. Ils ont transmis leur expérience en Iran et en Syrie à Ali Qaidan, alors chef de l’armée, et Fadhil Barwari, commandant de la division « dorée » (dite sale division). Ils ont essentiellement ordonné à Maliki d’établir une force similaire à la milice du Bassidj.

 La force Qods a envoyées les milices à la province d’Anbar, en particulier dans les régions de Ramadi et Garmeh pour combattre à l’époque les tribus sunnites qui dominaient la région. Depuis mars 2014, des stages de formation de 15 jours sont organisés pour ces milices en Iran ; comme ceux que le régime avait lancés il y a deux ans pour les djihadistes à sa solde envoyés en Syrie.

Selon ces mêmes sources, en mars 2014, la Force Qods a envoyé des formateurs du Hezbollah libanais en Irak pour organiser et entrainer les milices. En même temps, elle a envoyé tous types d’armes et d’équipements pour tenter d’organiser une force capable de préserver le pouvoir de Maliki et des éléments du régime iranien.

Les milices qui avaient été équipées et organisées en unités ordonnées et qui étaient accompagnées des commandants de la Force Qods ont été déployées sur des zones de combats suivantes :  

– La région Garmeh jusqu’à Zaidan et la ceinture de Bagdad de Taramiyah à Abu Ghoraib ont été confiées à la milice d’Assaïb.

– La région de Falloujah à la ceinture de Bagdad du sud de l’aéroport à Youssefiyah a été confiée à la milice Kata’ib.

– La brigade Badr a été déployée à l’ouest de Falloujah et Ramadi.

– Une division composée de milices a été mise sur pied et déployée dans la ceinture de Bagdad de Taramiyah à Madaen, à l’ouest de la capitale.

Sous Maliki, les équipements spéciaux, des armes, des explosifs et des roquettes ont été transférés à Najaf et à Bagdad par voie aérienne avec la coordination de Hadi Ameri qui dirige le Badr et qui fut alors ministre des Transports dans le gouvernement de Maliki.

 Au cours de cette période, les commandants de la force Qods ont été placés en liaison active et en coordination directe avec les commandants de l’armée et de la police de Maliki et un centre commun d’opération tactique (COT) a été mis en place dans la province d’Anbar. Le général de brigade des pasdaran Iraj Masjedi, «conseiller suprême» du général Ghassem Soleimani (commadant en chef de la force Qods), et de nombreux commandants de la Force Qods ont été déployés en Irak. En outre, Esmail Qa’ani Akbarnejad, adjoint de Ghassem Soleimani, se rend régulièrement en Irak pour superviser la situation.

 Après la désintégration de l’armée de Maliki le 10 juin et comme Ninive et Salahedine lui échappaient des mains, la Force Qods a envoyé son appareil de commandement en Irak en quelques heures. Dans les premiers jours, plus de 2000 pasdaran sont entrés en Irak et ont été principalement chargés de la ceinture de Bagdad. D’autres ont été déployés à Diyala. Parallèlement, des hommes de l’armée de l’air des pasdaran ont été déployés à Diyala, Salahedine et au Kurdistan pour recueillir des informations et y diriger des drones. Le nombre de pasdaran à continué d’augmenter pour atteindre  actuellement le nombre de 7000.

 A ce stade, Soleimani a utilisé Abu Mehdi Mohandess, un terroriste notoire, comme son adjoint pour les opérations en Irak et pour commander les milices. Il a formé un COT spécial à Bagdad pour coordonner. La responsabilité de l’armée et de la sécurité militaire de Diyala a été confiée à Hadi Ameri. Ces deux individus figurent sur la liste des 32 000 salariés des pasdarans en Irak. C’est une liste que la Résistance iranienne a révélé en 2006.

 Le régime des mollahs a renforcé la présence de la force Qods en août, tout comme celle de Ghassem Soleimani a augmenté, en particulier sur les champs de bataille tels que Amerli, Jarf al-Sakhar, Sa’adiyah et Jaloula. Afin de remonter le moral de ses mercenaires vaincus, les médias du régime en farsi et en arabe ont organisé une campagne tapageuse de propagande sur la présence de Soleimani et des pasdaran en Irak.

 

Ghassem Soleimani et Hadi Ameri en Irak

 

Les pasdaran ne veulent pas se battre contre Daech mais éliminer les populations sunnites

Toutefois l’objectif des pasdaran et des milices n’est pas de lutter contre Daech, mais d’exploiter la situation actuelle et de consolider leur emprise sur l’Irak. Selon des informations parvenues à la résistance iranienne au mois d’octobre, Ghassem Soleimani avait déclaré à des forces Qods et à des milices irakiennes à la solde de Téhéran : « Notre ennemie commune se sont les Américains et les soldats de la coalition. Daech ne représente aucune menace pour nous. Les Américains veulent nous dévier de nos objectifs et nous ne devons pas accepter ça. ». C’est pourquoi les cibles de gardiens de la révolution en Irak se sont essentiellement les populations sunnites. Ils interviennent dans des combats quand ses zones d’influence sont menacées comme dans la province de Diyala. Ils cherchent à dominer des zones où les chiites et le sunnites coexistent en poussant les sunnites à l’exode comme dans certaines villes de Salahedine. Les massacres, les agressions, les migrations forcées des populations et la spoliation des sunnites ont pris des dimensions sans précédent ces derniers mois.

 Dans un rapport choquant le 15 décembre, la chaîne Al-Jazira a révélé le bombardement de zones sunnites et le déplacement forcé de leurs populations en Irak, notamment à Diyala, Salahedine et surtout à Samarra, divers quartiers de Bagdad et ses banlieues telles que Mahmoudiyah, Arab Jabour, Jarf al-Sakhar, Youssefiyah, Latifiyah, Abu Ghraib, Taji et Moshahedeh par les milices affiliées à la Force Qods. Le nombre de personnes déplacées de force à Bagdad atteint un million. Un habitant de Jarf al-Sakhar y témoigne : « Les miliciens brûlent les maisons, arrêtent les jeunes et les tuent dans des lieux tenus secrets (…) il ne reste plus aucune famille sunnite à Jarf al-Sakhar. Ils arrêtent les jeunes et les vieux, déplacent de force les familles et les tuent (…) Nous assistons au début d’un califat iranien juste comme Daech a annoncé son califat. » ».

 Le 14 octobre 2014, dans un rapport détaillé intitulé « l’impunité absolue, le règne des milices en Irak », Amnesty International a souligné l’affiliation des milices au régime iranien et a écrit : « La montée en puissance des milices chiites a contribué à une détérioration générale de la sécurité et un climat d’anarchie ( …) Les milices chiites visent impitoyablement les civils sunnites sur une base confessionnelle sous couvert de lutte contre le terrorisme, dans une tentative apparente de punir les sunnites pour la montée de Daech et ses crimes odieux ».

Le Foreign Policy écrivait dans un article intitulé « les milices chiites en Irak deviennent plus dangereuses que Daech » (18 sept. 2014) : « Ces groupes, dont beaucoup ont des liens idéologiques et organisationnelles profonds avec l’Iran (…) recrutent activement – éloignant des soldats potentiels de l’armée et de la police irakienne et conduisant des combattants dans les organisations farouchement sectaires, hautement idéologiques et anti-américaines. Bon nombre de ces recrues ne sont pas simplement utilisées pour repousser les djihadistes sunnites, mais dans de nombreux cas forment une arrière-garde utilisée pour contrôler les districts censés être sous le contrôle de Bagdad (…) Début juin, les milices chiites, ainsi que les forces de sécurité irakiennes, ont exécuté environ 255 prisonniers, y compris des enfants (…) la croissance de ces milices chiites pro-iraniennes, et de beaucoup d’autres similaires, contribue à démontrer les objectifs de l’Iran pour la domination de l’Irak chiite. Ces groupes bénéficient non seulement du parrainage et des capacités organisationnelles de l’Iran – mais ils marchent tous aussi au pas idéologique de Téhéran. Ils sont fidèles au guide suprême de l’Iran l’ayatollah Khamenei, et l’idéologie du régime du guide suprême. »

 Aujourd’hui il s’avère que les exactions de ces milices se répandent sous la présence et l’encadrement des pasdarans qui participent à ces massacres. Une présence maléfique qui loin d’affaiblir Daech, ne conduira qu’à éterniser le conflit en le confessionnalisant davantage.