lundi, février 6, 2023
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« Besoin urgent de protection pour les Iraniens du camp d’Achraf en Irak », selon Corien Jonker

Corien JonkerConseil de l'Europe,Strasbourg, 14 avril – « La situation des Iraniens dans le Camp d’Achraf (Irak) est de plus en plus préoccupante. Ceux-ci doivent, de toute urgence, bénéficier d’une protection internationale pleine et entière » a déclaré Corien Jonker (Pays-Bas, PPE/DC), présidente de la Commission des migrations, des réfugiés et de la population de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

Quelque 3 500 Iraniens qui ont fui leur pays pour se rendre en Irak vivent à Achraf, depuis plus de vingt ans pour nombre d’entre eux. Au début de l’année, le camp géré par les Américains est passé sous administration irakienne, le Gouvernement irakien s’étant engagé à assurer les mêmes garanties et procédures que celles conclues par l’armée américaine et les résidents du camp.
 
« De mauvaise, la situation à Achraf est devenue excrécrable » a déclaré Mme Jonker. « Le Gouvernement irakien a fait savoir qu’il souhaitait fermer le camp et espérait que les personnes qui y vivent retournent en Iran ou aillent dans un pays tiers. En outre, selon certaines remarques de responsables irakiens, il est envisagé de transférer les résidents au milieu du désert, dans le sud de l’Irak. Nombre de ceux-ci sont des opposants au régime iranien, membres de l’organisation des moudjahidines du peuple (OMPI) [*] qui risquent d’être persécutés en Iran s’ils sont contraints d’y retourner. Ils font l’objet de pressions afin qu’ils quittent le camp où l’approvisionnement en nourriture, médicaments et essence est rationné. Des témoignages indiquent également qu’ils ne peuvent se rendre dans les hôpitaux irakiens et que les autorités irakiennes entravent l’accès des médecins à Achraf et y interdisent la visite des familles et autres ».
 
Mme Jonker a déclaré que si les conditions de vie dans le camp étaient véritablement préoccupantes, l’absence de protection internationale l’était encore davantage.
 
« Ces personnes risquent véritablement d’être refoulées vers l’Iran où les persécutions, la torture, les mauvais traitements voire la mort demeurent des perspectives réalistes pour les opposants au régime iranien » a déclaré Mme Jonker. « Je suis très préoccupée par le fait que le Gouvernement irakien n’ait jamais reconnu officiellement les droits des résidents d’Achraf consacrés par la quatrième Convention de Genève ou la législation internationale. J’invite instamment les autorités irakiennes à ne pas les contraindre à retourner en Iran où ils risqueraient d’être persécutés ni à les expulser vers un autre pays qui pourrait les renvoyer en Iran ni même à les déplacer, sous la contrainte, sur le territoire irakien ».
 
Mme Jonker a également demandé au Gouvernement irakien de ne plus restreindre l’accès au camp et de ne plus limiter l’approvisionnement en biens et en services. Elle a invité les autorités à permettre aux organisations internationales et aux organisations non gouvernementales d’entrer librement à Achraf afin d’y garantir la transparence des conditions de vie et des mesures qui y sont prises.

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[*] L’organisation des moudjahidines du peuple iraniens (OMPI) est un groupe d’opposants iraniens basé en Irak et dont le nom a été retiré de la liste des organisations terroristes dressée par l’Union européenne.