AccueilActualitésActualités: EconomiePourquoi les investisseurs étrangers évitent le marché iranien ?

Pourquoi les investisseurs étrangers évitent le marché iranien ?

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Alors que l’économie iranienne a désespérément besoin de macro-investissements, les chiffres officiels indiquent que même l’accord nucléaire de 2015 n’a pas réussi à injecter les capitaux nécessaires dans les artères économiques du pays.

Dans le même temps, les conséquences du retrait des États-Unis de l’accord rendront encore plus difficile l’absorption des investisseurs étrangers par le régime des mollahs.

Les responsables du régime ont parlé à maintes reprises de l’absorption des capitaux étrangers ainsi que de la technologie nécessaire pour rénover l’industrie pétrolière et gazière désuète du pays.

En plus d’une industrie pétrolière et gazière délabré, il serait également impossible pour l’Iran d’exploiter bon nombre de ses gisements de pétrole et de gaz naturel sans tirer parti de la technologie et des capitaux étrangers.

L’accord nucléaire était censé ouvrir la voie à l’absorption des investissements étrangers en levant les sanctions et en reconnectant l’Iran au réseau SWIFT.

Alors que l’Allemagne nourrissait de grands espoirs d’augmenter son volume d’échanges commerciaux avec l’Iran à plus de 10 milliards d’euros et que la compagnie pétrolière française Total, parmi d’autres grandes compagnies pétrolières internationales, envisageait de devenir un acteur clé de l’industrie pétrolière et gazière iranienne, les chiffres officiels publiés par les responsables du régime donnent une image totalement différente.

Absorber seulement 5 milliards de dollars en investissements étrangers

Dans une interview accordée à l’agence de presse officielle Fars le 9 juin 2018, le vice-ministre de l’Economie du régime, ‘Mohammad Khazaei’, a révélé que seulement 5 milliards de dollars d’investissements étrangers ont été faits en Iran en 2017. Le vice-ministre de l’Économie a même ajouté que le chiffre était de 45 % plus élevé que l’investissement réalisé l’année précédente.

Ce que Khazaei appelle la réussite économique du gouvernement Rohani en 2016 et 2017. Les chiffres des investissements étrangers suggèrent cependant que les politiques du régime pour absorber les capitaux étrangers ont pratiquement échoué, car il y a eu un investissement étranger de seulement 3 milliards de dollars en 2016, comme l’a annoncé Khazaei.

Retrait des États-Unis du JCPOA

Il convient de souligner ici que l’absorption de trois et cinq milliards de dollars respectivement en 2016 et en 2017, a eu lieu alors que le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire n’était pas encore à l’ordre du jour.

Avec le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire il y a près d’un mois, les conséquences pourraient être clairement perçues puisque les grandes compagnies pétrolières, les raffineries et les constructeurs automobiles ont déjà décidé de quitter le marché iranien.

Le fait d’être déconnecté du réseau financier de SWIFT a été l’un des principaux problèmes auxquels le régime des mollahs a été confronté au cours de la période 2012-2016, car non seulement cela a rendu difficile les transactions financières du régime liées à ses activités d’exportation et d’importation, mais cela a également limité l’accès du régime à ses propres ressources financières à travers le monde.

L’une des conséquences de la réintroduction des sanctions de Trump contre le régime des mollahs serait que les liens financiers du régime avec le système bancaire mondial seront une fois de plus coupés, ce qui se produira lorsque le délai de 180 jours accordé par l’administration Trump expirera le 4 novembre 2018.

Dans son interview avec l’agence de presse officielle Fars, Mohammad Khazaei a suggéré que l’Europe détermine un certain nombre de banques pour résoudre les problèmes de transactions financières suite à la réimposition des sanctions américaines. Cela n’a toutefois pas pu être fait d’un point de vue financier, d’abord parce que les banques européennes font elles-mêmes partie du réseau SWIFT, et qu’elles n’auront donc pratiquement aucun moyen pour continuer à travailler avec leurs homologues iraniens au cas où les banques iraniennes seraient expulsées du réseau.

En outre, les États-Unis ont menacé de punir les entreprises et les banques qui continuent à faire des affaires ou à coopérer avec le régime des mollahs, ce qui impliquerait de lourdes amendes financières et une réduction de l’accès au système financier américain.

En de telles circonstances, il n’est pas concevable que les banques européennes soient prêtes à prendre le risque de faire des transactions financières avec le régime des mollahs.

Il est donc tout à fait prévisible qu’il serait plus difficile que jamais pour le régime des mollahs d’absorber des capitaux étrangers avec les sanctions réimposées et les banques du régime une fois de plus déconnectées du réseau financier international.