samedi, novembre 26, 2022
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Pour le Vice-Président du Parlement Européen, l’Europe doit dénoncer le bilan désastreux des droits de l’homme en Iran

Huffington Post

Ryszard Czarnecki, Vice-Président du Parlement Européen

L’on a beaucoup parlé cet été de l’accord nucléaire conclu entre les pays de l’EU3+3 et l’Iran. Mais les problèmes avec l’Iran sont loin d’être terminés. L’attitude de l’Iran dans le domaine des droits de l’homme donne matière à préoccupation. Sous la présidence de Rohani et selon les chiffres de l’opposition, l’Iran a exécuté en deux ans environ 2000 prisonniers.

Certaines victimes, qui ont eu la chance de ne pas être pendues à de gigantesques grues (accessoirement fabriquées dans les pays européens qui commercent avec l’Iran) dont le but n’est pas de construire, mais de détruire des vies, ont subi des amputations et des crevaisons d’yeux.

Il y a quelques semaines, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme M. Zeid Ra-ad Al Hussein a affirmé : « J’enjoint vivement l’Iran a faire des progrès notables en matière de droits de l’homme. Le recours toujours plus courant à la peine de mort, l’inquiétude au sujet du droit à un procès équitable, et la détention continuelle de journalistes, de blogueurs et de défenseurs des droits de l’homme restent des sujets de préoccupation majeurs. »

Tandis que les Nations Unies viennent de reconnaître la gravité de la situation des droits de l’homme en Iran, l’Union Européenne a choisi d’ignorer ce problème dans ses relations avec Téhéran.

Le problème iranien va plus loin que la torture appliquée à ses citoyens, que les emprisonnements, que le meurtre d’Iraniens innocents ; il s’étend à toute la région et même au monde. Malgré les sanctions qui paralysaient l’économie iranienne en général, le régime a doublé le budget des Gardiens de la Révolution, dont le rôle essentiel est de mener des attaques terroristes. C’est tout ce qu’ils ont fait, en se battant en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, soit directement, soit par l’intermédiaire de milices sectaires. Leur soutien au dictateur syrien Bachar al-Assad et à Nouri al-Maliki en Irak, qui tous deux ont systématiquement tué et réprimé les sunnites ces dernières années, a ouvert la voie au progrès de groupes extrémistes comme l’EI et à la fuite de millions de personnes venues chercher refuge en Europe.

Tout indique qu’après l’accord nucléaire et le boom économique qui en résultera, ces politiques ne cesseront pas, ni même ne s’adouciront. Toutes leurs guerres régionales continueront à faire rage, ils continueront sur la même lancée dans la violence sectaire et la terreur alors même qu’ils ont déjà cherché à étendre leurs campagnes de terreur.

Les voisins de l’Iran dans le golfe ont subi de la part des mollahs de nouvelles tentatives pour provoquer la terreur. En août, Bahreïn a pu arrêter cinq suspects liés à un attentat à la bombe qui avait tué deux policiers et en avait blessé six autres. Le jour suivant, les autorités koweïtiennes ont saisi une énorme cargaison d’armes contenant au total 19 000 kg de munitions, 144 kg d’explosifs, 68 armes et 204 grenades. La police du Koweït a également arrêté une cellule terroriste subventionnée par l’Iran et empêché ce qui aurait pu être un immense carnage.

Le régime iranien a été très clair sur sa politique et s’y tient fermement depuis 1979. Sa politique est faite de répression intérieure, de terreur régionale et mondiale et d’un extrémisme islamique parmi les plus radicaux qui existent. En revanche, la politique de l’Union Européenne est ambiguë, puisqu’elle dit soutenir la démocratie, les droits humains et la liberté, tout en ayant des relations avec le plus grand violateur de chacune de ces catégories et en ignorant ses agissements.

Lors de la séance plénière du Parlement Européen le 9 septembre à Strasbourg, la représentante des affaires étrangères de l’Union Européenne Mme Federica Mogherini s’est exprimée essentiellement sur l’accord nucléaire. Une dizaine de députés l’ont vivement critiquée pour n’avoir pas du tout mentionné les violations des droits de l’homme, la répression contre les femmes et les exécutions publiques pendant sa conférence de presse conjointe avec le ministre iranien des affaires étrangères.

En Europe, nous sommes tous fiers d’avoir aboli la peine de mort depuis longtemps. Pourtant, la Haute Représentante de l’Union Européenne ne semble avoir aucun problème à coopérer avec l’état du monde le plus meurtrier en terme d’exécutions, sans parler des châtiments inhumains qu’il pratique. En tant qu’élus, nous devons défendre nos valeurs européennes et nous insistons sur le fait que tout développement de nos relations avec l’Iran doit être soumis à la condition d’une fin des exécutions et d’un progrès notable des droits humains et de la situation des femmes.

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