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Alejo Vidal-Quadras Vice-Président du Parlement européen, à propos du camp d’Achraf

Réunion des Amis d’un Iran Libre

Isdciran  – 12.06.2012 – Chers amis, Je veux utiliser mon temps pour aborder quelques points. Le premier point est la récente décision de la Cour américaine. Comme vous l’avez entendu, le 1er juin 2012, la Cour d’appel américaine a ordonné à la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton de prendre une décision au sujet de la liste noire de la principale opposition iranienne, l’OMPI, sinon le  tribunal permettrait qu’elle soit retirée de la liste.

C’est une grande victoire pour la résistance iranienne. Nous félicitons l’OMPI et le CNRI pour cette victoire, spécialement leurs membres, leurs sympathisants et leurs familles dans les camps d’Achraf et Liberty et à l’intérieur des prisons iraniennes, c’est-à-dire ceux qui ont souffert le plus de cette inscription sur la liste noire.

Nous félicitons également Mme Radjavi, la présidente élue du CNRI, pour son leadership dans cette grande campagne, en fixant une priorité judiciaire précieuse et en élevant les normes de la justice dans le monde d’aujourd’hui. Il est maintenant temps pour l’Europe et pour les Etats-Unis de reconnaître la coalition politique, le CNRI, comme une alternative démocratique à ce régime. Le CNRI, formé à Téhéran en 1981, dispose d’un programme laïque et soutient fortement les droits des femmes et des minorités, la primauté du droit et des libertés civiles. C’est le moyen le plus efficace dont nous disposons pour faire face à l’exportation du terrorisme et à la pure violation des droits de l’homme par les mollahs et leurs efforts pour acquérir des armes nucléaires.

Je dois mentionner que la liste terroriste des États-Unis a ouvert la voie à l’inscription de l’OMPI sur la liste noire en Europe. Comme vous le savez, cela nous a pris plusieurs années pour les retirer de la liste de l’Union Européenne. Cette inscription injustifiée sur la liste, au cours des 15 dernières années, a causé beaucoup de tort à l’intérieur de l’Iran, à Achraf, et aussi au sein des communautés iraniennes aux Etats-Unis. De nombreux membres, sympathisants et familles de l’organisation ont été exécutés ou arrêtés et les dirigeants autoritaires de l’Iran ont justifié leurs actions en utilisant l’étiquette de terroriste. Le Gouvernement de Maliki en Irak a également utilisé ceci pour commettre deux massacres dans le camp d’Achraf.

Mon deuxième point concerne le camp Liberty. Environ 2000 résidents d’Achraf ont été, jusqu’ici, transférés à Liberty, mais seulement environ 350 d’entre eux ont été interrogés par le HCR. Jusqu’à présent, même pas une seule personne n’a été transférée vers un pays tiers et aucune perspective claire n’est perceptible dans cette affaire. Les conditions de vie à Liberty bafouent un bon nombre des droits de l’homme et des normes humanitaires. Les résidents n’ont pas de droit de passage, n’ont pas accès à leurs avocats, de même que leurs proches ne sont pas autorisés à pénétrer en Irak ou à Liberty / Achraf. Liberty est, sans aucun doute, une prison.

Une des excuses du gouvernement irakien pour la violation de ces normes, c’est que l’envoyé de l’ONU, M. Martin Kobler a appelé Liberty, lieu de transit temporaire (TTL), alors que, selon la MANUI et le gouvernement des États-Unis, la plupart des résidents, dans les conditions optimales, restera à Liberty au moins 2 ans. Cette technique est utilisée par le gouvernement de Maliki pour camoufler les violations des droits de l’homme contre les résidents du camp d’Achraf et Liberty. L’absence de normes humanitaires et la violation continue des droits de l’homme et la violation des droits fondamentaux à la santé déclarés par le HCR, à la tranquillité et à la liberté de circulation, sont justifiées en disant que «Liberty est un TTL ». Donc, ce n’est pas un réel lieu temporaire, le statut juridique de Liberty doit donc être reconnu comme un camp de réfugiés.

Mon troisième point concerne notre frustration sur la façon dont l’envoyé de l’ONU, Martin Kobler, a traité ce problème. Comme je l’ai récemment écrit au Secrétaire Général de l’ONU, le récent voyage à Téhéran de M. Kobler, son éloge du rôle des mollahs concernant la sécurité de l’Irak et les rapports reçus au sujet de la réunion du Ministère iranien du renseignement avec lui au sujet de l’OMPI nous ont choqués. M. Kobler s’est laissé impliquer par le régime iranien dans l’affaire de ses propres opposants. Ce n’est pas acceptable pour les résidents d’Achraf et de Liberty, pour nous, ou pour toute personne honorable. Ceci doit être condamné de la manière la plus forte possible et ça doit cesser. Lors des six derniers mois, depuis qu’il est entré sur la scène, M. Kobler a rempli tous ses engagements envers le gouvernement irakien, mais a manqué à ses engagements pris envers les résidents d’Achraf. Il n’a même pas protesté à la violation continue du protocole d’entente – le MOU – qu’il a lui-même signé avec le gouvernement irakien sans connaissance ou approbation des résidents et qui ne comprend pas les conditions minimales des résidents d’Achraf. Il semble que sa mission soit de fermer Achraf, de sortir les résidents de leur domicile et de les envoyer à la prison Liberty à tout prix.

Cette attitude est aussi très dommageable pour M. Ban Ki-moon, et pour la réputation de l’Organisation des Nations Unies et nous appelons le Secrétaire Général à enquêter sérieusement sur la question d’Achraf et de Liberty.

Mon quatrième et dernier point est ce que je souhaite adresser à l’UE et au Haut Représentant, la baronnes  Ashton. Nous regrettons beaucoup que l’UE ait été en marge. Le cas de la réinstallation n’a pas progressé et comme je l’ai dit plus tôt, pas une seule personne n’a quitté Liberty pour l’Europe. En même temps, au lieu de prendre une certaine responsabilité à l’égard de la situation inhumaine actuelle des habitants de Liberty, Mme Ashton continue d’appeler Liberty, lieu de transit et ne prend pas en considération nos nombreuses lettres et critiques sur la façon dont l’envoyé de l’ONU, M. Kobler a été chargé de cette affaire.

 L’envoyé spécial et conseiller pour Ashraf de Mme Ashton, l’ambassadeur Jean De Ruyt, a été humilié par le gouvernement irakien et n’a même pas eu un visa pour se rendre à Bagdad. Malheureusement M. De Ruyt a quitté son bureau en janvier et Mme Ashton ne l’a pas remplacé par un nouvel émissaire. C’est très décevant.

 Nous attendons que notre Haute Représentante appelle le gouvernement irakien à arrêter les restrictions inhumaines et le blocus contre les habitants de Liberty. Au lieu de signer un gigantesque accord économique avec l’Irak le mois dernier, elle aurait dû insister sur la sauvegarde des droits de ces réfugiés. Surtout après la sentence très positive dans la Cour américaine, qui devait lui donner un nouvel élan pour faire pression sur l’Irak, et appeler les gouvernements européens à accepter une partie des réfugiés de Liberty. C’est ce que nous attendions d’elle pour  diriger ce processus.
Merci.

 

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