mercredi, décembre 7, 2022
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On ne peut oublier qu’une personnalité politique dissimule et déforme des faits

 Par Shahin Gobadi *

Reconnaître la vérité est une haute qualité. Dissimuler et déformer des faits, en particulier si cela vient d’une personnalité politique, ne peut être oublié. Mme Ana Gomes, une eurodéputée portugaise en est un exemple.

La semaine dernière, Mme Gomes a pris la tête d'une série de tentatives infructueuses pour obtenir qu’une résolution ou des amendements soient votés par le Parlement européen afin d'ouvrir la porte au régime iranien et à ses acolytes en Irak pour réprimer, expulser, extrader ou déplacer de force les résidents du Camp d’Achraf en Irak, membres de l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI).

La tentative était destinée à empêcher l'adoption d'une résolution commune déposée par quatre groupes politiques, en faveur des droits des résidents d'Achraf, ou au moins de la retourner contre eux. La résolution adoptée le 24 avril a un objectif clair, qui est d'éviter une catastrophe humanitaire pouvant être déclenchée à tout moment par le régime des mollahs et ses agents en Irak. Par conséquent, afin de justifier les tentatives illégitimes et funestes de Mme Gomes et de quelques collègues, il était nécessaire d’alimenter tout le monde avec un tas d'informations montées de toutes pièces dont la nullité peut être facilement démontrée par tous les familiers des questions concernant l’Iran , l'Irak et la Résistance iranienne.

L'épine dorsale des allégations de Mme Gomes, c'est que des personnes restent à Achraf contre leur gré et que des opposants sont torturés et harcelés. Par conséquent, ils doivent être interrogés hors d’Achraf et avoir accès aux organisations internationales. En d'autres termes, elle prétend que les droits des résidents d’Achraf sont violés par l’OMPI et non par le régime iranien et ses agents en Irak.

De nombreuses raisons permettent de montrer que ces revendications sont très éloignées de la vérité. Il est difficile de croire que Mme Gomes et ses collègues ne le savent pas, car ils auraient pu facilement découvrir la vérité en interrogeant d'autres collègues, en cherchant sur Internet, et en demandant aux bureaux du Conseil national de la Résistance iranienne. Toutefois, malheureusement, la vérité est la seule chose qui n'ait pas d'intérêt de Mme Gomes. Voici certains faits pertinents qu’elle aurait pu facilement trouver :

1. Dans une lettre adressée le 27 mai 2005 à Human Rights Watch qui a été publiée dans le journal du Congrès des États-Unis le 21 juin 2005, le colonel Phillips, commandant de la 89e Brigade de police militaire, qui était responsable de la protection d’Achraf durant toute l’année 2004, a réaffirmé qu'il avait fait des enquêtes sur les rumeurs de torture, de harcèlement et d'emprisonnement des opposants à Achraf et a conclu qu'il s’agissait entièrement de mensonges.

2. Dans un autre document daté du 22 août 2006, le lieutenant-colonel Julie Norman, commandante du JIATF, qui a été responsable de la protection d’Achraf, a souligné, que « normalement, les membres de l’OMPI invite leurs familles, amis et collègues qui vivent en Iran ou à l’étranger à venir les voir à Achraf. Ces visiteurs sont accueillis dans un environnement sûr et hébergé par l’OMPI. À l'occasion, et avec la permission du visiteur, l’OMPI peut inviter le personnel du JIATF à les rencontrer (…) Il n'existe pas de prison ou la moindre obligation de rester à Achraf ». Le document a été publié dans le livre « l’Iran : la politique étrangère, les défis et les choix ».

3. Sur Radio Farda, la porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge a déclaré, le 24 décembre 2008 : « Nous avons visité le camp d’Achraf à trois reprises au cours des trois derniers mois et nous avons parlé aux résidents du camp (…) Toutes les personnes qui veulent parler au CICR peuvent le faire. Les personnes qui veulent nous parler en privé, sans la présence de quelqu'un d'autre pour nous faire part de leurs demandes peuvent le faire. »

4. Achraf a été visité par cinq délégations du Parlement européen au cours des six dernières années. La délégation la plus récente, dirigée par le vice-président du Parlement européen, M. Alejo Vidal-Quadra, et composée de quatre membres de différents groupes politiques, a visité Achraf en octobre dernier. Mme Gomes est bien au courant de ces voyages et des résultats de l'enquête. Les cinq délégations ont qualifiée les remarques de Mme Gomes de mensongères.

5. Le ministre irakien des Affaires étrangères, M. Hooshyar Zebari a déclaré dans une interview à la télévision Al-Arabiya, le 27 mars, que « des délégations du gouvernement irakien du ministère des Droits de l'homme, du ministère de l'Intérieur et du ministère des Affaires étrangères se sont rendues sur  place [au Camp d’Achraf] pour encourager [les résidents d’Achraf] à repartir [en Iran], ou à les aider à aller vers d'autres pays, mais nous avons échoué, sauf dans certains cas (…)… Ils ont refusé avec véhémence de quitter la région ou de partir d'Irak ou de retourner en Iran. »

6. En mars et avril 2009, le ministère irakien des droits de l'homme s'est entretenu en privé avec chaque individu à Achraf, en présence des forces américaines et à l'extérieur d’Achraf, pour leur proposer de quitter l'Irak pour l'Iran ou un pays tiers. Cependant 99,7% d'entre eux ont souligné que leur seul choix était Achraf. Cela a également été évoqué par le vice-commissaire à la session plénière du Parlement européen, le 24 avril.

Il y a des dizaines d'autres raisons que Mme Gomes aurait été en mesure de connaître et dont elle est certainement au courant pour certaines. La question qui se pose est de savoir quels sont les intérêts qui lui ont fait inverser la vérité ? Nous espérons que Mme Gomes sera assez courageuse pour fournir une explication. Ces intérêts ne resteront pas toujours cachés. Nous précisons les points suivants qui peuvent aider à faire éclater la vérité.

Après qu'il ait été rendu public que le Parlement européen allait bientôt adopter une résolution sur Achraf, le fascisme au pouvoir en Iran a assigné son ministère des Affaires étrangères et son ministère des Renseignements ainsi que ses acolytes en Irak et ses lobbyistes en Europe à faire tout leur possible pour empêcher l'adoption de cette résolution ou à tout le moins de la retourner contre Achraf. À cette fin, plusieurs réunions ont eu lieu à Téhéran, à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes entre les autorités iraniennes et les fonctionnaires de l'Union européenne ainsi que certains membres du Parlement européen.

Ce qui est apparu dans les amendements proposés par Mme Gomes est exactement le contenu d'une lettre adressée au Parlement européen et publiée sur un site Internet affilié au ministère iranien du Renseignement, le 17 avril, trois jours avant la date de dépôt du projet de résolution de Mme Gomes et six jours avant la date de dépôt de ses amendements. Cette lettre demande au Parlement européen d'inclure les mêmes points dans la résolution sur Achraf tels qu’ils sont apparus ensuite dans les propositions de Mme Gomes. Est-ce que cette simultanéité et la similitude des contenus sont une coïncidence ?

* Shahin Gobadi est membre de la commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne (NCRI)

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