mercredi, décembre 7, 2022
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Offensive de charme de l’Iran

New York Times, 24 janvier – Le président iranien, Hassan Rohani, a fait ses débuts cette semaine au Forum Economique Mondial de Davos en Suisse, où il a continué l’offensive de charme de son gouvernement. Il a essayé de séduire les investisseurs et les dirigeants politiques, en les assurant de sa détermination à parvenir à un accord nucléaire global avec les grandes puissances. Mais sa bonhomie apparente et son habileté politique n’ont pu effacer ni excuser cette effroyable réalité que l’Iran reste le principal allié du président syrien, Bachar al-Assad, qui a détruit la Syrie et son peuple.

M. Rohani, qui a pris ses fonctions en août dernier, est désireux de tenir ses promesses d’améliorer les relations de l’Iran avec le monde et de relancer une économie dévastée par les sanctions internationales et par la mauvaise gestion de son prédécesseur. Il a pu rapidement signer un accord intérimaire avec les grandes puissances, en leur promettant un coup d’arrêt significatif du programme nucléaire de l’Iran.

Lorsque l’accord a été mis en application lundi dernier, les inspecteurs de l’ONU ont confirmé que l’Iran a commencé la suspension de l’enrichissement d’uranium et s’est conformé aux autres mesures convenues dans le cadre de cet accord. En échange, l’Iran a obtenu ce que les États-Unis ont appelé « l’assouplissement limité, ciblé et réversible des sanctions, pour une période de six mois. » À Davos, M. Rohani a clairement cherché à accélérer l’arrivée du jour où toutes les sanctions seraient levées et où l’Iran pourrait atteindre ses objectifs de croissance économique et de reconnaissance internationale, que ce pays a perdue depuis la Révolution islamique de 1979. Lors d’une réunion avec les hauts dirigeants des compagnies pétrolières, lui et son ministre du Pétrole ont promis de présenter en septembre prochain un nouveau modèle d’investissement qui serait attrayant pour les compagnies pétrolières et qui aiderait les entreprises occidentales qui souhaitent faire à nouveau des affaires avec Iran.

Pour l’instant, il est important que les sanctions essentielles, notamment des restrictions en matière d’accès de l’Iran au système financier international, restent en place jusqu’à l’obtention d’un accord nucléaire complet. Les États- Unis insistent sur le fait que ces sanctions doivent rester en vigueur, même si ce n’est pas facile d’empêcher l’érosion de ces sanctions. Les investisseurs, de même que beaucoup de gouvernements, sont impatients de revenir sur le marché iranien.

Sur le long terme, la pleine réintégration de l’Iran dans le système international ne dépend pas uniquement de l’adhésion de ce pays à l’accord nucléaire provisoire et de la conclusion d’un accord final. Pour ce faire, l’Iran doit également contribuer à la stabilité de la région par d’autres moyens, notamment en cessant son hostilité envers l’Israël. M. Rohani a affirmé qu’il cherchait un «engagement constructif» avec les voisins de l’Iran. Mais cette affirmation est démentie par le soutien que l’Iran continue d’apporter au gouvernement syrien, un gouvernement qui bombarde des civils et qui bloque l’aide humanitaire. L’Iran, qui utilise la Syrie comme un tampon avec Israël, a encouragé le Hezbollah à faire la guerre pour son compte.

Le soutien que l’Iran apporte à M. Assad est d’autant plus troublant que M. Rohani rencontre l’élite économique mondiale en même temps qu’une conférence de paix tendue sur la Syrie se déroule en Suisse. Rohani s’est contenté de qualifier la guerre civile en Syrie de «catastrophe majeure» et a rejeté toutes les forces anti-Assad, en les qualifiant de «terroristes ». Au lieu de telles déclarations, il aurait pu donner de la crédibilité à sa politique annoncée d’«engagement constructif», en suspendant temporairement les envois d’armes à la Syrie, au moment où les pourparlers de paix sont en cours et les deux parties négocient sur les conditions dans lesquels M. Assad quitterait le pouvoir tout en sauvant la face.

Les États- Unis ont essayé de séparer la question nucléaire de la question syrienne et il y a une logique à cela. Un accord nucléaire ne permettra pas de résoudre tous les contentieux que l’Occident a avec l’Iran. La guerre civile qui se déroule en Syrie est une catastrophe majeure et l’Iran dispose des leviers considérables pour aider à y mettre fin.

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