mardi, décembre 6, 2022
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Nucléaire : la Russie met la pression sur Téhéran

Par Alain Barluet

Le Figaro – Une nouvelle résolution renforçant les sanctions contre l’Iran sera votée cette semaine par le Conseil de sécurité de l’ONU.

La Russie ne veut pas d’un Iran nucléaire et, bon gré mal gré, serre les rangs avec les Occidentaux pour faire pièce aux ambitions de Téhéran dans ce domaine.

Hier, le New York Times indiquait que Moscou avait posé un ultimatum à l’Iran en refusant de lui livrer du combustible pour la centrale nucléaire de Bouchehr, tant que la République islamique n’aura pas suspendu son programme d’enrichissement de l’uranium, comme le réclame le Conseil de sécurité. L’information a été démentie hier, à la fois par la Russie et par l’Iran. Il n’en reste pas moins vrai que Moscou a de nouveau repoussé la livraison de combustible nucléaire destiné au réacteur de Bouchehr.

Un signal interprété très positivement par les partenaires de la Russie au sein des « Six » (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, Allemagne, NDLR). Car la décision russe, officiellement motivée par des retards de paiement des Iraniens, serait en fait politique, comme l’aurait indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à des diplomates européens, le mois dernier. « Les Russes cherchaient depuis un an des raisons pour retarder leur livraison », explique-t-on de source diplomatique. « C’est un geste très important de la Russie qui témoigne que les « Six » sont restés sur la même ligne », ajoute cette source.

Ce geste intervient surtout au moment où le Conseil de sécurité de l’ONU s’apprête à voter, cette semaine, des sanctions accrues contre l’Iran. Cette nouvelle initiative vise à renforcer les mesures contenues dans la résolution 1737 du 23 décembre. Elle prévoit un gel des avoirs et des transactions d’une douzaine de personnes ou entreprises supplémentaires (une trentaine seront désormais touchées), un embargo sur les exportations d’armes iraniennes et la demande à « tous les États d’exercer leur vigilance et leur retenue » concernant les ventes d’armes et de matériels sensibles à l’Iran.

Embargo sur les armes

Très centrée sur l’armement, la résolution s’attache aussi à réduire l’accès de Téhéran aux marchés de devises, à restreindre la marge de manoeuvre financière de fondations liées aux gardiens de la révolution et à isoler l’une des principales banques iraniennes, la banque Sepah. Une nouvelle résolution qui devrait s’accompagner d’une déclaration des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de sécurité, appelant l’Iran à négocier.

À l’ONU, on s’attend toutefois à ce que cette résolution ne soit pas votée à l’unanimité, contrairement à la 1737. Membre non permanent du Conseil de sécurité, l’Afrique du Sud souhaite en effet amender le texte, en l’allégeant de ses principales mesures coercitives, comme l’embargo sur les achats d’armes en provenance d’Iran. Face à l’accord des Cinq grands, ces amendements n’ont guère de chance d’être retenus. Mais la fronde sud-africaine, encouragée par les Iraniens, risque néanmoins d’entamer la portée de la résolution, surtout si elle gagne deux autres pays musulmans membres non permanents, l’Indonésie et Qatar, qui pourraient eux aussi s’abstenir.

Si l’Iran ne se plie pas aux injonctions onusiennes, une nouvelle résolution devrait être envisagée soixante jours plus tard, incluant davantage de mesures contraignantes. Des sanctions qui « font de l’effet », affirme-t-on à Paris où l’on mise sur une marginalisation politique du président Mahmoud Ahmadinejad, en proie à de sévères critiques dans son pays. Mais en attendant, la « crispation sur l’enrichissement » continue de prévaloir. « La musique a changé, pas encore les paroles », fait-on remarquer à Paris.

 

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