dimanche, janvier 29, 2023
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Nous sommes fiers d’avoir accompli ce chemin avec vous – Gilbert Mitterrand

Le 25 juin, Gilbert Mitterrand, président de la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, accompagné de son secrétaire général Michel Joly, du maire d’Auvers-sur-Oise Jean-Pierre Béquet et du maire de Magny-en-Vexin Jean-Pierre Muller, rencontraient Maryam Radjavi au siège du CNRI à Auvers, en toute amitié. Une foule nombreuse et enthousiaste d’Iraniens et de Val d’Oisiens les y attendait.

Voici les moments forts de l’intervention de Gilbert Mitterrand :

Après ces images [de l’attaque sur Liberty], il est difficile d’avoir des mots de protocole de bienvenue, même s’ils sont sincères. La vérité est là et justifie tout ce qui sera possible de faire, les uns les autres, ensemble, pour mettre un terme à ce que Danielle Mitterrand appelait la folie des hommes. Comme si la paix, la justice, l’amour, ne suffisaient pas au monde. Faut-il encore ajouter tout cela et au nom de quoi ?

C’est sur la base de ces réflexions de bon sens, peut-être d’humanisme, d’amour de l’autre, de croyance surtout dans les constructions collectives lorsqu’elles sont puisées dans ce que les hommes et les femmes ont de meilleur. Mais il faut savoir qu’il y a d’autres forces dans le monde qui puisent leurs forces dans des raisons moins nobles, pour asseoir leur pouvoir, leur domination politique, économique ou ce que vous voulez en se donnant l’illusion que c’est bien pour le peuple, sans lui demander son avis. Dans le pire des cas, ça s’appelle une dictature.

Parfois les dictatures qui savent bien qu’elles ne sont pas dans ce qu’il y a de plus présentable aux yeux du monde, alors on lui met des habits et on organise des simulacres d’élection, pour faire penser qu’on évolue vers une démocratie intelligente. C’est ce qui s’est un peu passé du côté de l’Iran mais malheureusement ce n’est pas qu’en Iran. Donc le combat est universel, pour ceux qui croient au droit, à la justice et au vivre ensemble dans des valeurs collectives qui font confiance aux autres, qui instaurent un devenir collectif, partagé, parce que désiré. C’est un combat sans frontière.

Je vous ai accueillie, j’ai eu ce grand bonheur et c’était il y a peu de semaine, au siège, dans nos locaux de la fondation France Libertés à Paris. Excusez-moi, nous n’étions pas si nombreux. Pourtant la qualité de cette rencontre et de son hôte méritait que nous soyons tous avec vous ce jour-là. Mais je suis très impressionné d’être avec vous aujourd’hui, reçu par tant de visages amis qui expriment leur gratitude et leur confiance. Leur gratitude à Danièle Mitterrand et à la fondation France Libertés et surtout la confiance dans l’avenir même s’ils savent que le chemin est encore difficile.

Depuis notre rencontre, plusieurs événements, et pourtant c’est récent, se sont produits. Le plus dur, le plus pénible, le plus triste d’entre eux, ce sont ces photos, ce film que nous venons de voir le 15 juin. Le 15 juin, c’est hier. Et on est à l’abri de rien. Il y a eu aussi, ces élections, on va appeler ça comme ça, en Iran. Et puis il y a eu votre rencontre de Villepinte.

Mais dire que cela montre la vitalité, la confiance et la foi dans la vérité de votre combat. Puisque à travers le monde, on est tous de loin pour dire à nouveau notre engagement sur ce chemin, d’avoir la force de vous retrouver les uns les autres pour aussi entre vous entretenir cette flamme, parce que le temps est long, le découragement peut toujours un jour ou l’autre traverser les esprits, et pourtant l’esprit de résistance c’est bien de ne pas renoncer quelles que soient les difficultés. Et vous avez redit quelques mots, quelques réflexions que Danielle Mitterrand dans sa jeunesse de résistante avait éprouvée. C’est facile d’écrire l’histoire quand on connait la fin. Mais quand on est en train de l’écrire et qu’on ne sait pas le temps que ça prendra, les épreuves que cela supposera encore et même si on y survivra, vous l’avez rappelé, il faut avoir une foi chevillée au corps, non seulement parce que vous pensez à votre propre devenir, mais vous pensez surtout au devenir de votre peuple, de tous ceux qui seront là après vous, vous travaillez pour eux, avant de travailler pour vous, mais c’est vous qui écrivez ce chemin et il faut beaucoup de courage ; c’est pourquoi notre, j’allais dire « modeste » cheminement avec vous, à vos cotés. Modeste parce que nous n’avons pas la force, ni des armes, ni des décisions politiques mondiales. Nous ne pouvons avoir qu’une autorité morale, peut-être la parole dans certains cercles, sur certaines tribunes, en tout cas la force du témoignage. Vous n’êtes pas seuls au monde. C’est très modeste par rapport au devenir d’un peuple comme le vôtre. Mais sachez que notre fierté ne sera pas d’être inscrits sur vos témoignages de reconnaissance, ce sera d’avoir accompli ce chemin avec vous, à la hauteur de nos moyen mais c’est avec la même force de conviction des valeurs et de l’espoir que cela représente.

Je ne peux pas terminer ces propos à la fois de soutien mais de remerciement surtout de votre accueil d’aujourd’hui, sans le faire dans les pas de Danielle Mitterrand. Vous me dites que je dois en porter le flambeau maintenant. Oui, oui, le flambeau, il est quand même un peu lourd à porter, parce que personne ne pourra faire ce que faisait Danielle Mitterrand, personne, et il ne faut surtout pas essayer de faire comme elle. Il faut faire pour elle et pour ce qu’elle nous a aussi appris.

Si aujourd’hui j’ai en charge la présidence de cette fondation, c’est surtout parce que cette fondation elle a une permanence dans les valeurs qu’elle véhicule, quel que soit le président, il sera toujours en charge du flambeau porté par Danielle Mitterrand au nom de valeurs qui la dépassaient elle-même, elle ne faisait pas pour elle, mais au nom de ce qu’elle croit, de ce qu’elle veut que le monde partage. Alors je le fais avec bonheur, mais je le fais avec humilité, c’est-à-dire dans le respect de la pensée de Danielle Mitterrand. Evidemment pour ceux qui l’ont connu de près, et vous en êtes Maryam, aussi dans le respect de l’affection que nous lui portons, parce qu’au-delà des mots qui symbolisent les combats politiques, je crois qu’il y avait la relation humaine et ce qu’on y met dedans qui éclaire aussi tout cela, et en sa mémoire, l’hommage que nous lui portons tous. En votre nom, en mon nom personnel, je dois vous dire qu’elle serait très heureuse de nous voir tous rassembler aujourd’hui. Je pense qu’elle serait encore plus heureuse, et elle le sera le jour où nous pourrons tous nous réunir comme cela dans un autre endroit, sur notre terre que celle d’une terre d’accueil, mais chez vous, tout simplement chez vous, parce que ce sera aussi un peu chez nous.

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