lundi, février 6, 2023
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Nous ne tolérerons pas davantage de violence contre Achraf – L’eurodéputé Struan Stevenson

CNRI – « On nous l’a répété “ce camp d’Achraf, ces gens font partie d’une secte”. Ces gens ne font pas partie d’une secte ! Ce sont des combattants de la liberté qui veulent restaurer la liberté et la démocratie dans leur pays, en Iran », a tenu à préciser l’eurodéputé Struan Stevenson à Genève le 21 septembre.

Le président de la délégation du parlement européen s’exprimait dans une conférence sur les obligations de l’ONU vis-à-vis du camp d’Achraf qui se tenait au siège européen des Nations Unies. Il est lui-même à l’origine d’un plan de sortie de crise d’Achraf. La conférence accueillait Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, Alejo Vidal-Quadras, Vice-président du Parlement européen, le Pr. Ruth Wedgwood, juriste, Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien, Nontombi Tutu, militante des droits humains et fille de l’archevêque Desmond Tutu, Madeleine Rees, Secrétaire générale de la Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la liberté, Christiane Perregaux, co-présidente de l’Assemblée constituante du Conseil de Genève, Gianfranco Fattorini, co-président du MRAP, Marc Falquet, député au Grand Conseil de Genève, et le pasteur Daniel Neeser. Cette réunion était présidée par Michel Joli, secrétaire général de la fondation France Libertés – Danielle Mitterrand.

Voici les points forts de l’intervention de Struan Stevenson :

Nous sommes tous ici parce que nous partageons une inquiétude aussi grande que profonde pour les gens d’Achraf. Hier lorsque je suis arrivé, j’ai parlé à une jeune femme qui est ici dans l’assistance. Elle m’a dit que sa sœur est à Achraf. Je lui ai dit que j’espérais vraiment que sa sœur n’était pas l’une des personnes blessées dans le massacre du 8 avril, durant cette attaque violente et horrible. Elle m’a dit qu’elle avait été aspergée par de l’eau à bouillante à haute pression et qu’elle avait été ébouillantée. Je ne savais pas que c’était arrivé.

Aussi quand 2000 soldats en véhicules blindés ont attaqué ces 3400 civils non armés et les ont tirés comme des lapins, les ont renversés avec des chars, les écrasant sur le sol, en aspergeant les filles d’eau bouillante, ils sont allés là-bas pour assassiner, pour mutiler, pour défigurer, blesser et tuer un maximum. Et il n’y a eu aucun remords de Nouri-al-Maliki et de son gouvernement.

Je me suis rendu à Bagdad deux semaines après le massacre avec une petite délégation du Parlement européen pour protester auprès du Président Talabani, du ministre des Affaires étrangères Zabari, du président du parlement Al-Najafi, et des dirigeants du gouvernement irakien. Nouri-al-Maliki était absent, il était en Corée du Sud. Et nous avons dit que ce genre de comportement était inacceptable. A l’Union européenne, nous essayons d’aider à la reconstruction de l’Irak, et voilà comment on est remercié pour ce que l’on fait – par un massacre de civils sans armes !

Comme vient juste de le souligner Mme Radjavi, le Haut commissaire pour les réfugiés a demandé que les 3400 habitants fassent une demande d’asile individuelle. Et immédiatement, 3400 demandes ont atterri sur son bureau. La capacité d’organisation de l’OMPI ne devrait jamais être sous-estimée. Et ces gens sont désormais des personnes protégées par le droit international. Nouri-al-Maliki devrait y faire attention. Nous ne tolérerons plus aucune violence ni attaques contre la population d’Achraf. 

Mais il est temps que le Haut commissariat aux droits de l’homme agisse.  Nous avons besoin d’une stratégie combinée de la part de l’ONU. Nous avons besoin d’une protection pour ces personnes pendant que le HCR procède à ses entretiens particuliers et que la procédure d’enregistrement de tous ces réfugiés avance. Nous avons besoin du drapeau bleu de l’ONU flottant au-dessus de ce camp de réfugié, parce que c’est de ça dont il s’agit.  Et jusqu’à ce que nous obtenions ce degré de protection, ces personnes continuent d’être en danger.

On m’a donné aujourd’hui un communiqué du site official du ministère des affaires étrangères irakien venant du vice-ministre disant que l’Irak est déterminé à fermer Achraf à la fin de l’année. Ils sont loin d’exprimer des remords sur ce qui s’est passé en avril. Ils s’accrochent à ce stupide délai, ce qui est inacceptable, irréalisable et qui doit être annulé. Nous n’avons pas besoin de menaces, nous n’avons pas besoin d’intimidation, nous n’avons pas besoin de la torture psychologique continue autour du camp d’Achraf avec des haut-parleurs.

Aussi, depuis que je me suis engagé sur ce dossier, nous avons à diverses reprises entendus toute la désinformation, toutes sortes d’histoires et de mensonges.  On m’a dit à maintes reprises “mais attendez une minute, ces gens sont des terroristes”. Eh bien, des tribunaux ont tranché plusieurs fois en Europe qu’ils ne sont pas des terroristes. Et à présent la cour fédérale de Washington a dit qu’ils ne sont pas des terroristes.

Alors, s’il vous plait, Mrs Hillary Clinton, écoutez ce que vos tribunaux disent au département d’Etat. On n’a cessé de nous dire : “Ce camp d’Achraf, ces gens font partie d’une secte”. Ces gens ne font pas partie d’une secte. Ce sont des combattants de la liberté qui veulent restaurer la liberté et la démocratie dans leur pays, l’Iran. Alors les mensonges et la désinformation qui ont empoisonné notre politique et notre stratégie durant toutes ces années est terminé le temps du négatif a pris fin. Le temps est venu d’agir.

 Tout d’abord, annuler cet ultimatum ridicule et menaçant de fermer Achraf à la fin de l’année. Deuxièmement, assurer une protection dès à présent et faire flotter le drapeau bleu au dessus de ce camp de réfugiés. Et ce n’est pas beaucoup demander, mais c’est ce que nous sommes tous venus demander aujourd’hui.