mercredi, février 1, 2023
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Nous n’avons pas le choix. Nous devons retirer l’OMPI de la liste noire – Général James Jones

CNRI – « Nous ne devons jamais permettre qu’une telle attaque à l’encontre du camp d’Achraf et de ses résidents se répète. Nous devons également condamner systématiquement et à l’échelle mondiale, de telles attaques lorsque nous les voyons sur le point de se produire », a déclaré le général James Jones le 27 avril à Port Marly.

Cet ancien conseiller à la sécurité nationale du Président Obama s’exprimait dans une conférence sur le massacre commis à Achraf  le 8 avril par les forces irakiennes aux ordres de Nouri Maliki. Une vidéo bouleversante a été diffusée sur cette tuerie. Les nombreux orateurs se sont penchés sur cette crise, la responsabilité de la communauté internationale et le rôle de la Résistance iranienne dans l’édification de l’Iran de demain. Aux côté de la Présidente élue du CNRI Maryam Radjavi, il y a avait outre le général Jones, le Pr. Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix, Patrick Kennedy, congressman américain et neveu de feu le président Kennedy, le général Wesley Clarke, qui a été commandant suprême des forces de l’OTAN, Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidentielle colombienne, William Bourdon, avocat des droits de l’homme, Jean-Pierre Spitzer, expert en droit européen et modérateur de la conférence, ainsi que le député suédois Kent Olsson.

Voici les moments forts de l’intervention du général James Jones :

Nul ne peut regarder un film comme celui que nous venons de voir et ne pas être bouleversé. J’ai eu mon lot de guerres dans la vie, mais une telle brutalité dirigée contre des hommes, des femmes et des enfants innocents est quelque chose qu’on ne peut accepter dans ce soi-disant monde civilisé, c’est difficile à comprendre. Je voudrais présenter mes condoléances personnelles et sincères à la population du camp d’Achraf et à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers au combat. 
 
Je pense qu’il y a des faits élémentaires que nous devons reconnaître dès à présent: Le premier à mes yeux – et c’est une opinion personnelle – c’est que l’attaque du 8 avril aurait pu et aurait dû être évitée. Le second c’est que cette attaque était clairement délibérée, calculée et autorisée par le gouvernement irakien. Le troisième, c’est que la réponse internationale a été certainement trop mince et trop tardive. Et finalement, qu’elle ne doit plus jamais se reproduire. 

Le cours des événements dans le monde aujourd’hui est stupéfiant. Notre monde s’est réduit. Des événements qui arrivent quelque part sont aux actualités le soir-même et c’est surprenant, j’en suis sûr, pour les gouvernements aux prises avec des crises sans répit qui essayent dans le cadre stratégique de trouver une cohérence dans la manière de traiter les changements dans le monde. Nulle part n’y a-t-il davantage d’événements qu’au Grand Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où il est impossible de ne pas rester collé à la télévision ou aux journaux pour se tenir au courant de ce qui se passe d’heure en heure, jour après jour. Il est aussi, je pense, impossible de prédire avec une grande certitude ce qui en résultera. La seule chose qui soit certaine, à mes yeux, c’est que cela ne fait que commencer et que cela ne va certainement pas finir. 

Il y a une différence dans les facteurs qui ont déclenché ce soulèvement massif des populations, je pense, quelques petites choses, fondamentales que les peuples réclament dans ce 21e siècle, parce que les gens sont mieux informés, mieux éduqués, et qu’ils communiquent au-delà des frontières. Aucun gouvernement, aussi répressif soit-il, ne peut restreindre le flux de l’information très longtemps et ces régimes oppriment leur peuple et tentent de contrôler le flot d’informations, la manière dont les gens pensent, la manière dont ils vivent. 

Les gens veulent une plus grande liberté personnelle, une plus grande transparence dans la manière dont ils sont gouvernés. Ils veulent un gouvernement qui opère selon l’état de droit, de manière juste et équitable. Ils veulent de meilleures conditions économiques pour eux-mêmes et leurs enfants. Quoi que l’avenir nous réserve, il est clair que les changements seront profonds et à long termes. La lumière de la démocratie est plus statique qu’un simple éclat.

En adoptant un point de vue optimiste, avec toute la passion que je peux rassembler, il est possible que le futur soit porteur d’une grande promesse. Ce ne sera pas facile. Ce ne sera pas rapide. Cela demandera une unité d’objectifs de la communauté et des organisations internationales. Les secteurs publics et privés de nos pays devront travailler ensemble sous un concept global de gouvernement où l’option militaire n’est plus à elle seule suffisante. Ce sera nécessaire mais pas suffisant.

Je pense qu’il serait intéressant d’imaginer ce que pensent aujourd’hui les hauts dirigeants iraniens, ce qui leur passe par la tête. Je pense que le régime iranien – pour employer une expression américaine – vole sous le radar depuis les événements en Tunisie. Il en est probablement content. Le monde ne se focalise plus sur son programme nucléaire. Le monde ne se focalise plus sur l’efficacité des sanctions. Il se concentre sur la Tunisie, il se concentre sur la Libye. Il se concentre sur l’Égypte, il se concentre sur le Yémen et il se concentre sur Achraf.

L’Iran continue de défier le monde grâce aux exigences de la communauté internationale sur la transparence de son programme nucléaire. Il continue d’exporter le terrorisme au travers du Hamas, du Hezbollah ainsi que d’autres mandataires et il le fait depuis 1983 au Liban. Je suis certain de cela et jusqu’ici il a résisté aux effets de sanctions imposées sur un plan quasi-mondial qui, nous l’espérons, l’aideraient à avancer dans la bonne direction. Il fait preuve d’une influence alarmante et croissante sur le gouvernement irakien. C’est angoissant. C’est également une insulte au sacrifice de nombreuses nations pour tenter de donner au peuple irakien un avenir meilleur sous un gouvernement démocratiquement élu.

Vous pouvez en être sûr. Nous pouvons tous être sûrs que l’Iran travaille très dur pour s’assurer que la Tunisie, l’Égypte et la Libye ainsi que leurs prétendus efforts sous le printemps arabe prendront la tournure qu’ils souhaitent et non celle que nous voulons sur le plan du mouvement démocratique. Mais espérons et prions que, d’un autre côté, les choses en Irak et en Iran puissent après tout, de notre point de vue, ne pas être aussi sinistres. Il se peut, alors que la Tunisie, la Libye et l’Égypte se débarrassent de gouvernements autoritaires et de régimes oppressifs et autoritaires, qu’elles avancent vers des démocraties, qu’elles puissent réussir. Ce pourrait ne pas être une bonne chose pour l’Iran. Il se peut même que la Syrie, un pays stratégiquement très important, puisse également, du fait de l’expression de son peuple, trouver le courage, la force et la résistance d’avancer dans cette direction. Le temps nous le dira.

Il se peut également que la même étincelle qui a attisé les flammes de la liberté dans les pays que je viens de citer, enflamme l’Iran en dépit de la brutalité et de l’oppression du régime iranien. Il se peut que les sanctions et l’isolement mondial de l’Iran créent les conditions nécessaires pour un changement. Il est possible que l’Iran franchisse la porte ouverte qui répondra à l’inquiétude mondiale quant à son programme nucléaire. Il est également possible que le progrès dans le processus de paix au Moyen-Orient représenterait un coup écrasant pour le régime. Et enfin, il est tout à fait possible que la chute du régime syrien, de son régime répressif, porte un coup majeur à l’Iran.

La politique américaine à l’égard du régime iranien a été constante depuis le 20 janvier 2009, avec l’élection du Président Obama, particulièrement sur son programme nucléaire. Elle s’est développée et a évolué au travers de l’articulation d’autres politiques, du discours du Caire et de l’acceptation du prix Nobel de la Paix par le Président. Nous arriverons très prochainement à un carrefour et si rien ne se passe bientôt dans aucune des catégories que j’ai précédemment mentionnées et discutées, le temps manquera.

La grande question est donc de savoir s’il sera réactif ou pro-actif au changement lorsqu’il arrivera. Il est donc temps de penser à ce qui était impensable il y a juste quelques mois, de réfléchir et de se préparer à ce à quoi une transition ressemblera en Iran. Que se passerait-il si le régime iranien s’effondrait demain ? Qu’est-ce qui le remplacera, quelles structures ? Qui sont les personnes, qui sont les futurs leaders ? Nous ne pouvons laisser un pays comme l’Iran se désintégrer et nous contenter d’espérer qu’il se rétablira rapidement. L’espoir n’est pas une stratégie dans ce cas. Nous devons penser à l’unité dans une cohésion de l’opposition à ce régime.

Le moment est venu de se préparer. A court terme, nous devons nous poser des questions difficiles. Quelle est la meilleure façon d’assurer – non, pas « d’assurer » mais de garantir la sécurité de la population du camp d’Achraf ?

Comment retirer complètement l’OMPI des listes terroristes de nations clés telles que les États-Unis, le Canada et l’Australie. Nous ne sommes pas les seuls à penser que cela doit être fait. L’impulsion en faveur d’un tel changement s’accroit progressivement à un rythme important. A présent, Achraf et la population d’Achraf méritent et obtiendront l’attention du monde.

Il est temps pour les Nations-Unies de mener une enquête indépendante sur cette atrocité que nous avons vue au camp d’Achraf. La brutalité et le mépris flagrant des Irakiens pour les droits de l’homme sont désormais un fait établi. Les États-Unis ne se feront pas surprendre une seconde fois. Le fait d’avoir protégé le peuple du camp d’Achraf de 2003 à 2006, alors une prétendue organisation terroriste inscrite sur la liste, révèle une contradiction dans notre politique qui devrait être revue maintenant. Il est impossible que l’Iran et les États-Unis s’accordent sur ce qu’est et ce que n’est pas une organisation terroriste.

Je vous dirais qu’un pays, un régime brutal, se drapant de vertu et de religion, et qui a participé au massacre de centaines d’Américains dans le monde entier depuis 1983, est un régime terroriste.

Pour conclure je voudrais soulever trois points. Le premier c’est que nous n’avons pas le choix. Nous devons retirer l’OMPI de la liste, nous devons lever cette ambiguïté de notre politique et nous devons également nous impliquer dans l’avenir de la population du camp d’Achraf et dans sa protection.

Deuxièmement, nous ne devons jamais permettre qu’une telle attaque à l’encontre du camp d’Achraf et de ses résidents se répète. Nous devons également condamner systématiquement et à l’échelle mondiale, de telles attaques lorsque nous les voyons sur le point de se produire.

Troisièmement : Mesdames et Messieurs, c’est peut-être le début du printemps arabe, mais à mon avis, c’est aussi le début de l’hiver du régime iranien. Œuvrons tous ensemble pour aboutir à un printemps palestinien. Le monde s’en portera mieux et le peuple d’Iran le mérite.

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