dimanche, novembre 27, 2022
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Nous célébrons l’anniversaire de la révolution iranienne, notre devoir, en fidélité à tous les peuples qui se lèvent pour leur liberté, c’est d’être au côté des résidents d’Achraf

Le samedi 11 février, coïncidant avec le 33ème anniversaire de la Révolution antimonarchique en Iran, lors d’un grand rassemblement à Paris, des milliers d’Iraniens, soutenus par de nombreux dignitaires européens et américains, ont rappelé qu’un développement majeur est en route en Iran et qu’un changement démocratique, comme solution pour éviter une crise régionale et internationale sans précédent, est à portée de main.

Jean-Pierre Brard, membre l’assemblée nationale française, a pris la parole lors de cette conférence.

Voir vidéo de l’intervention

Voici le texte de son discours :

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, ici nous sommes très divers : de gauche, de droite, venus d’un peu partout dans le monde. Et nous avons néanmoins un point commun : c’est la solidarité avec le peuple d’Iran contre la dictature qui nous rassemble ici avec vous au-delà de nos diversités. J’ai eu l’occasion d’aller en Iran il y a très longtemps, du temps du Shah. Et à Chiraz, au cours de la visite d’un lieu sain, nous avons rencontré un jeune homme avec lequel nous avons sympathisé, qui nous a invités dans sa famille le soir, il nous donna rendez-vous dans un coin de la ville et avant de rentrer chez lui il nous dit : « surtout, ne parlez pas politique à la maison, je pourrais être dénoncé par mon frère à la Savak ». Et quand la révolution est arrivée – chez nous Français, fils de la Révolution française, qui savons vibrer dès qu’un peuple sur la terre où qu’il soit se soulève pour conquérir sa liberté – nous avons vibré. Et personnellement j’ai pensé qu’après la dictature féroce du Shah rien de pire ne pouvait arriver au peuple iranien. Et pourtant, le pire est encore arrivé : la dictature du fascisme religieux, la dictature des mollahs. Avec son cortège de tragédies. Je ne redirais pas tout ce que Philippe Douste-Blazy a dit tout à l’heure. Encore une preuve que de gauche et de droite au moins nous avons un point commun ; puisque d’habitude nous sommes plutôt affrontés que soutenus l’un l’autre.

Et bien, nous avons déjà beaucoup obtenu dans notre combat, ce qui prouve que l’action est déterminante pour que justice soit rendue au peuple iranien et en particulier aux résidents du camp d’Achraf. Des choses ont évolué, par exemple – et ce n’était pas acquis d’avance – le report de l’ultimatum pesant sur les résidents du camp d’Achraf. Et puis il y a eu toutes les démarches qui ont été faites pour faire retirer l’OMPI de la liste des organisations terroristes. Il y a eu – suite à cette provocation qui fut diligentée par le gouvernement français au camp d’Auvers –toutes ces péripéties judiciaires et enfin après des années de démarches diverses, justice a été rendue et il a été acté que le dossier était vide. Alors à l’Assemblée nationale nous avons réussi à regrouper une majorité de députés français qui militent pour un Iran démocratique et laïque où chacun – selon d’ailleurs les souhaits de l’OMPI – aura la liberté de conscience pour croire ou ne pas croire. Et dans ce pays où nous vivons sous la règle de la laïcité, c’est un objectif qui nous est particulièrement cher. Nous avons accompli des démarches auprès des autorités françaises, je peux vous dire que cela ne fut pas trop facile. Parce qu’il y a des intérêts en Iran. Je ne sais pas s’ils sont français, mais en tout cas ils sont de grandes sociétés ayant leurs sièges chez nous. Vous savez, souvent dans les conflits il y a comme une odeur de pétrole qui règne, et en Iran aussi. Cherchez la piste de Total et vous trouverez la source de toutes les corruptions morales. Et ainsi vont les choses entre le gouvernement français et les Mollahs.
Nous avons fait des démarches auprès des autorités françaises, auprès des autorités irakiennes pour qu’enfin la voix des Iraniens soit entendue et que la France – pays des droits de l’homme dit-on – prenne position clairement.

Nous avons été confrontés au double langage du gouvernement irakien, dont le chef est vendu aux Mollahs. Aujourd’hui il s’agit pour les résidents d’Achraf – et nous devons les soutenir dans cet objectif d’obtenir les garanties pour que le transfert devienne sûr entre Achraf et le camp liberté près de Bagdad. Des négociations ont eu lieu, mais avec une caractéristique : les résidents d’Achraf n’y ont été à aucun moment associés. Certes, M. Martin Kobler, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU a fait des allers-retours, mais nous pouvons considérer aujourd’hui que les garanties n’ont pas été données comme il convient aux résidents d’Achraf pour garantir leur transfert en sécurité. Cela doit passer par la vérification des conditions d’accueil, cela doit passer par la vérification des droits des résidents d’Achraf à aller vers le camp liberté avec leurs biens – ce qui leur est dénié pour l’instant.

Il est question de droits de l’homme, mais vous savez, les hommes et les femmes politiques – et plusieurs se sont exprimés déjà à cette tribune – il faut toujours les juger non pas d’après leurs paroles mais d’après ce qu’ils font. Et pour l’instant, il y a loin de la coupe aux lèvres, il reste à obtenir ces garanties pour les résidents d’Achraf. L’expérience des 24 mois qui viennent de s’écouler montrant la rouerie, la duplicité du gouvernement de Maliki qui agit en valet zélé des Mollahs d’Iran. Alors c’est une grande cause humanitaire à Achraf, au-delà même des enjeux politiques – même s’ils sont présents – il s’agit de préserver la vie de ces femmes et de ces hommes. Mais pas seulement la vie : la dignité. Et on ne peut pas enfermer ces hommes et ces femmes dans une prison. Ils doivent pouvoir être transférés dans des conditions dignes dans cette nouvelle implantation et que le HCR puisse accomplir sa mission en dehors de la présence et en dehors de la pression des autorités irakiennes. Cela doit être obtenu y compris pour que l’ONU ne se prête pas à une mascarade qui porterait atteinte à son autorité et à son honneur. Nous célébrons l’anniversaire de la révolution iranienne, notre devoir, en fidélité à tous les peuples qui se lèvent pour leur liberté, c’est d’être au côté des résidents d’Achraf jusqu’à tant qu’ils soient entendus. Et le meilleur moyen qu’ils soient entendus est par exemple d’obtenir que soit rédigé un document de travail pour les arrangements relatifs aux transferts, un document qui serait élaboré à la fois par le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, par les autorités irakiennes et par les représentants des Achrafiens. Sinon l’expérience montre qu’on ne peut pas donner de chèque en blanc, on ne peut pas faire confiance.
Alors nous avons déjà marqué des points, mais continuons nos actions, serrons-nous les coudes avec détermination pour que notre objectif soit atteint et qu’ainsi une étape soit franchie non seulement au bénéfice des résidents d’Achraf mais aussi contre le fascisme religieux à Téhéran, parce que les Mollahs font de la destruction des Achafiens un enjeu ; raison suffisante pour que nous menions le combat pour leur préservation.

 

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