lundi, décembre 5, 2022
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N’oublions pas ce dont sont capables les mollahs en Iran

 Par Mostafa Naderi
 
CNRI – Amnesty International a publié un rapport mardi 19 août condamnant le massacre de 30.000 prisonniers politiques au cours de l'été 1988 par le régime des mollahs. La plupart des victimes étaient membres et sympathisants de l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI). Le rapport rappelle la possibilité d'un nouveau carnage du même genre si les mollahs en avaient un besoin désespéré pour leur pouvoir.

 

N'oublions pas que les personnes qu’Amnesty tient pour responsables et appelle les responsables du massacre, sont toujours au pouvoir aujourd'hui. Pour commencer par la tête, Ali Khamenei, le Guide suprême était alors président, Ali Akbar Hachemi Rafsandjani désormais président du puissant Conseil de discernement des intérêts de l’Etat et à la tête de l’Assemblée des experts, était à l’époque président du Majlis (parlement) et vice-commandant des forces armées du régime iranien, l'ancien ministre de l'Intérieur Mostafa Pour-Mohammadi était membre de la «Commission de la mort» au cours de l'été 1988 – il a été remplacé récemment par un personnage controversé, Ali Kordan a qui l’on a forgé un diplôme d'Oxford pour obtenir un vote de confiance au Majlis. L'ancien président Mohammad Khatami, considéré naïvement par l'Occident comme un mollah modéré, a également participé à ce carnage. Il a été directeur des affaires culturelles au commandement général des Forces armées.

« Le droit international relatif aux droits humains requiert des autorités iraniennes qu'elles enquêtent de manière exhaustive et impartiale sur les violations du droit à la vie telles que celles qui ont été commises lors du « massacre des prisons », qui a débuté en 1988 et s'est poursuivi pendant l'année qui a suivi ; les autorités sont tenues d'identifier les responsables de ces agissements et de les déférer à la justice. Ni le fait de n'avoir rien entrepris jusqu'à maintenant, ni le temps qui s'est écoulé depuis ces homicides ne réduisent la responsabilité qu'ont les autorités d'agir. » C’est une très bonne recommandation d’Amnesty, mais cela ne se fera pas car « ceux » qui ont commis ces crimes devront s’auto-juger. Cela ne s'est pas produit à ce jour.

Ce qui est le plus troublant, c'est un fait négligé ; les victimes des exécutions de masse de 1988 étaient des membres et sympathisants de l’OMPI. C'est peut-être un revirement étrange des événements pour qu’au bout de vingt ans, la même crainte ressurgisse à propos des mollahs concernant les 3500 résidents de la Cité d’Achraf (où résident les membres de l’OMPI en Irak), parmi lesquelles se trouvent des personnes qui ont échappé par pure chance à la « Commission de mort » de l'été 1988.

L'histoire ne doit pas se répéter. Les membres de l’OMPI n'ont pas à passer de nouveau par le même enfer en voyant leur protection remise aux éléments les plus hostiles à leur égard. Il est sage de penser que, dans l'Irak d'aujourd'hui où les mollahs ont la capacité d'attiser la violence, il est de la responsabilité de la communauté internationale et en particulier de celle des forces américaines de continuer à protéger les ennemis jurés et non armés du régime barbare des mollahs.

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Mostafa Naderi est un ancien prisonnier politique qui a passé 12 ans dans différentes prisons du régime iranien. Il a passé cinq ans en isolement et a échappé de justesse au massacre des prisonniers politiques de 1988 en Iran.

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