vendredi, décembre 9, 2022
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Négociateur nucléaire de l’Iran : comment nous avons dupé l’Occident

Négociateur nucléaire iranien : comment nous avons dupé l’OccidentThe Sunday Telegraph – De Philip Sherwell à Washington – L’homme qui a mené pendant deux ans les négociations nucléaires de l’Iran a donné des détails sans précédent sur la façon dont le régime a tiré parti des pourparlers avec la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne afin de prendre de l’avance dans son programme atomique secret.

Dans son discours lors d’une réunion à huis clos avec les principaux ecclésiastiques islamiques et des universitaires, Hassan Rohani, qui jusqu’à l’année dernière menait les négociations avec les « 3E », a révélé comment Téhéran avait tenté de gagner du temps et de duper l’Occident après la divulgation de son programme nucléaire secret par l’opposition iranienne en 2002.

Il était fier de dire que pendant que les négociations se poursuivaient à Téhéran, l’Iran avait pu achever l’installation des équipements pour la conversion du yellowcake à son usine d’Ispahan, étape primordiale dans le cycle du combustible nucléaire, tout en persuadant les diplomates européens qu’il ne se passait rien.

« Depuis le début, les Américains n’ont cessé de dire aux Européens : ‘Les Iraniens mentent, se moquent de vous et ne vous ont pas tout dit’. Les Européens répondaient : ‘Nous leur faisons confiance’ », a-t-il dit.

Les révélations de M. Rohani surviennent à un moment très délicat pour le gouvernement iranien, juste avant la réunion demain de l’organe de surveillance atomique des Nations Unies, qui doit faire une nouvelle évaluation des activités nucléaires non autorisées de l’Iran.

La décision de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) est l’étape finale avant la comparution du cas de l’Iran devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, où des sanctions peuvent être envisagées.

Dans son discours au Conseil suprême de la révolution islamique, M. Rohani semblait chercher à réfuter les critiques des radicaux qui affirment qu’il cédait trop de terrain dans les négociations avec la troïka européenne. Le texte du discours a été publié dans un journal du régime circulant parmi l’élite au pouvoir.

Il a déclaré à l’assistance : « Lorsque nous négociions avec les Européens à Téhéran, nous étions toujours en train d’installer certains équipements au site d’Ispahan. Il restait beaucoup de travail à accomplir pour finir le site et achever les travaux ici. En réalité, en paraissant dociles, nous avons pu finir Ispahan ».

L’Amérique et ses alliés européens pensent que l’Iran développe clandestinement une bombe atomique, mais Téhéran insiste sur le fait qu’il cherche à obtenir de l’énergie nucléaire uniquement à des fins pacifiques. L’équipe de négociateurs de l’Iran a tenté la semaine dernière le tout pour le tout afin de parer à une intervention du Conseil de Sécurité. En janvier, le régime a levé les scellés de l’AIEA sur ses équipements nucléaires sensibles et, le mois dernier, il a redémarré l’enrichissement de l’uranium pourtant interdit.

L’Iran essaie de se rallier le soutien de la Russie, qui est opposée à des sanctions de l’ONU, ayant tenté en vain de persuader les dirigeants européens de leur accorder plus de temps. Dans ce contexte, les commentaires étonnamment francs de M. Rohani sur les faux-fuyants et les ralentissements de l’Iran se révèlent très éclairants.

Il a évoqué le dilemme du régime en septembre 2003 lorsque l’AIEA avait exigé une « description complète » de ses activités nucléaires. « Le dilemme était le suivant : si nous leur offrions une description complète, celle-ci pourrait nous mener au Conseil de Sécurité de l’ONU », a-t-il dit. « Et ne pas fournir de description complète constituerait aussi une violation de la résolution et nous aurions pu comparaître devant le Conseil de Sécurité pour ne pas avoir appliqué la résolution. »

M. Rohani a divulgué qu’à au moins deux occasions, l’AIEA avait obtenu des informations sur des expériences nucléaires secrètes de la part de revues spécialisées publiées par des scientifiques participant aux travaux.

Les négociations secrètes de la Libye avec l’Amérique et la Grande-Bretagne pour qu’elle abandonne ses activités nucléaires a constitué la plus grosse difficulté pour l’Iran. M. Rohani a déclaré que l’Iran avait acheté la plupart de ses équipements nucléaires du « même fournisseur », référence au réseau A Q Khan, le scientifique pakistanais marginal spécialisé dans le nucléaire. Selon des informations fournies par la Libye, il est apparu évident que l’Iran avait acheté des centrifugeuses P2 sophistiquées.

Parallèlement, le groupe d’opposition le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) s’est procuré une copie d’un rapport parlementaire confidentiel montrant clairement que les députés iraniens ignoraient tout du programme nucléaire, qui était financé de manière clandestine en dehors du processus budgétaire normal. 

Mohammad Mohaddesine, responsable des affaires étrangères du CNRI, a déclaré au Sunday Telegraph: « Les commentaires de Rohani montrent que les mollahs avaient l’intention de tromper la communauté internationale depuis le début des négociations avec les 3E et qu’ils étaient parfaitement conscients que s’ils étaient honnêtes, le dossier nucléaire du régime serait immédiatement renvoyé devant l’ONU ». 

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