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Montazeri : les troubles post-électoraux sont une sonnette d’alarme pour les autorités en Iran

l'ayatollah Hossien-Ali MontazeriCNRI – Dans un message aux autorités religieuses et aux religieux de diverses villes d’Iran, M. Hossein-Ali Montazeri, ancien successeur désigné de Khomeiny, a évoqué «la situation actuelle dans le pays, les injustices auxquelles nous assistons quotidiennement et les infractions commises au nom de la religion, de la foi et de l'islam chiite. Ce que l’on voit, ce sont en fait les signes d'un état de siège et non d’un Etat du jurisprudent religieux. »

Le message était adressé aux chefs religieux de Qom, Machad, Téhéran, Ispahan, Tabriz, Chiraz et de la ville irakienne de Najaf.

Dans ce document, Montazeri a également déclaré que «les incidents et les tragédies de ces derniers mois, après l'élection présidentielle, sont un signal d'alarme pour l'institution et les autorités religieuses ».

Il a ajouté : «Au cours de ces événements, des droits ont été bafoués et de nombreuses injustices et délits ont été commis au nom de la religion avec l'approbation d'une minorité de religieux affiliés à l’Etat. Par la suite, de larges segments de la population désabusée ont choisi les voies les plus pacifiques pour exprimer à l'État leur protestation, en conformité avec leur charia et leurs droits juridiques, ainsi que l'article 27 de la Constitution.

Mais au lieu de répondre de manière positive et rationnelle aux demandes légitimes du peuple et au lieu de chercher à remédier aux violations de leurs droits, l'État a taxé ces millions de personnes d’émeutiers, de fauteurs de troubles et d’agents de l’étrangers, et a fait usage d’une violence extrême pour frapper et réprimer des hommes et des femmes sans défense. Il a également arrêté un grand nombre de personnes, en a tué dans la rue et en a jeté d’autres dans des prisons terrifiantes. »

Montazeri poursuit en disant : «Ce qui constitue un choc, c'est que l'État s'appuie sur l'armée et les forces de police pour utiliser des armes contre des personnes non armées et non protégées, les tuer ou les emprisonner, et quand tout a été dit et fait, il qualifie ces gens de «Mohareb» [en guerre contre Dieu]. Ils créent eux-mêmes des crises et menacent le système, mais appellent la population et ceux qui ont institué le système des insurgés et des opposants au système. "

Montazeri condamne également les aveux forcés devant les tribunaux obtenu sous la pression et les menaces contre les candidats vaincus à l’élection présidentielle frauduleuse, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

« Parallèlement à la répression du peuple, il [ l'État] a arrêté un certain nombre de militants politiques et des membres de l'élite du pays, chacun ayant depuis des années rendu nombre de grands services à la République islamique, et selon un programme planifié à l’avance et en violation de la charia et du droit civil, il a monté des dossiers contre eux et obtenu de faux aveux. Par la suite, il les fait comparaître dans des procès à grand spectacle, qui vont à l'encontre de la charia et sont illégaux, ridiculisant de cette manière les coutumes judiciaires de l'islam aux yeux du monde ».

Dans son message, Montazeri ajoute : «Dans une telle situation, les nobles autorités religieuses et les religieux chiites ont une plus grande responsabilité au-delà de leurs fonctions publiques qui sont une nécessité dans leur domaine d'expertise, [pour que] les gens prêtent attention aux religieux et aux autorités religieuses, ils ont également le devoir sacré de défendre la religion et de la laver des délits que l'Etat commet et de s'engager au nom de la religion. Car ces actes qui sont contraires à la charia, qui contredisent les objectifs initiaux de la révolution et qui sont menées sous la bannière de la religion, constituent un exemple clair d'hérésie. L'hérésie ne concerne pas exclusivement le domaine de la législation et l’incorporation formelle d'un anti-décret dans la religion. Elle concerne également des actes anti-charia engagés sous la bannière de la charia et de la religion. »

Montazeri a été le successeur de Khomeiny pendant dix ans (1979-1989) qui l’a destitué en mars 1989 pour avoir protesté contre le massacre de 30.000 prisonniers politiques sur la base d’un décret de Khomeiny. Ils étaient dans leur quasi totalité membres de l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI). Ils ont été massacrés en l'espace de quelques semaines durant l'été 1988.