AccueilActualitésMichel Terrot: le CNRI représente une réponse adéquate à l’extrémisme islamiste qui...

Michel Terrot: le CNRI représente une réponse adéquate à l’extrémisme islamiste qui prospère au Moyen-Orient

Michel TerrotMichel Terrot, membre de la Commission des Affaires étrangères du parlement, co-préside le Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID). Composé de parlementaires de toute l’arc-en-ciel politique à l’AN, le CPID tenait une réunion le 28 octobre à la Salle Victor Hugo sur la question iranienne et la crise au Moyen-Orient. Voici le texte de son intervention à cette réunion qui avait comme invité d’honneur Maryam Radjavi et Édith Cresson, avec la participation de nombreux parlementaires:

« Je vais essayer de rester sur un terrain plus diplomatique qui est celui de la commission des Affaires étrangères, puisque j’en suis membre, en même temps que je suis membre du bureau du Comité parlementaire pour un Iran démocratique.

Les questions qui touchent au Moyen-Orient sont très souvent évoquées dans notre commission, notamment l’Iran et ses tentatives de se doter de l’arme nucléaire, l’Irak et la crise qui s’étale dans toute la région à travers la menace de Daech, et la Syrie où les troupes des pasdarans iraniens et du Hezbollah sont omniprésentes.

Pour ne rester qu’à la question iranienne, je constate que sur tous ces sujets, on s’abstient de se référer à une source importante que constitue le CNRI de Mme Radjavi, alors que nous savons que ce mouvement a été à l’origine de révélations importantes autant sur les sites nucléaires clandestins en Iran que sur les ingérences de ce régime en Irak et en Syrie et que l’on peut appeler l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme islamique dans le monde.

Est-ce la continuation de cette mise au ban injuste que d’autres orateurs ont évoquée et qui s’est terminée par un non-lieu ? Est-ce encore un gage à Téhéran pour ne pas provoquer les mollahs au pouvoir ? Il y a en tout cas une coïncidence qui me parait intéressante à souligner. A quelques centaines de mètres d’ici même, la présidente de la commission des Affaires étrangères a reçu son homologue iranien, M. Alaedine Boroudjerdi.

Or voyons qui est M. Boroujerdi et ce qu’il représente. C’est le président de la commission de la Sécurité nationale et des Affaires étrangères du Majlis du régime iranien. Il est à Paris avec une délégation depuis hier. C’est un ardent partisan et un proche du guide suprême Ali Khamenei. Il a rencontré Bachar el-Assad comme émissaire du régime iranien à plusieurs reprises au cours de ces dernières années, en aout 2012, en septembre 2013, en février 2014 et encore en juin 2014, c’est très récent. Sa fidélité au guide suprême l’a fait nommer au comité nucléaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. Ce qui est d’autant plus cocasse que chacun sait désormais que du fait de l’Iran, le dossier nucléaire est totalement au point mort et que les Occidentaux qui attendaient des avancées notables n’en ont obtenu strictement aucune.

Certes la présidente de la commission des Affaires étrangères a le droit de rencontrer qui elle souhaite. Mais je ne suis pas sûr que cette rencontre ait été opportune compte tenu du rôle détestable que joue l’Iran dans cette région et sur lequel se sont longuement exprimés les orateurs précédents.

Je crois voir d’ailleurs une incompatibilité entre cette rencontre et la position officielle du gouvernement français, qui a été rappelé par Laurent Fabius lorsque celui-ci mentionnait à propos du régime syrien, ô combien soutenu par le régime des mollahs, et je cite : « En Syrie, c’est le régime de Bachar el-Assad qui a favorisé à dessein le développement de Daech pour faire barrage aux modérés qui combattent dès lors deux barbaries, celle du régime et celle de Daech. La Syrie n’a pas à choisir entre ces deux barbaries. Les crimes odieux de Daech ne doivent pas faire oublier que le régime syrien qui continue chaque jour de bombarder les populations civiles est le principal responsable de la tragédie actuelle qui a fait 200.000 morts. A ce titre il alimente l’extrémisme et le rejet de son propre peuple et ne peut en aucun cas représenter la Syrie de demain. » Je me demande tout simplement si cela a été rappelé à l’hôte iranien qui a été reçu par notre commission des Affaires étrangères.

Mais je pense en tout cas que notre commission serait bien inspirée si elle voulait connaitre la vérité sur la situation en Iran, à Téhéran, telle que nous la voyons au travers du documentaire qui vient de nous être présenté, d’inviter la présidente du CNRI qui représente à nos yeux, la seule alternative démocratique possible à la théocratie despotique au pouvoir en Iran, mais aussi une réponse adéquate à l’extrémisme islamiste qui prospère au Moyen-Orient. »