mercredi, décembre 7, 2022
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Maryam Radjavi nous donne l’espoir d’un Iran moderne – Ingrid Betancourt

CNRI – « Martin Kobler a trahi sa mission, il est passé de l’autre côté, il a pris parti. Il a pris parti pour le mensonge, il a pris parti pour le crime, il a pris parti pour le silence. Il a pris parti pour la connivence et la corruption », s’est indignée Ingrid Betancourt à Genève le 19 avril lors d’une manifestation en soutien aux réfugiés iraniens de Liberty en Irak.

Sous une pluie battante, elle venait soutenir les manifestants qui entrent dans la troisième année de sit-in devant l’ONU et le HCR pour obtenir la protection des opposants iraniens dans les camps d’Achraf et de Liberty en Irak. Le plus longs sit-in de l’histoire de Genève. Voici les temps forts de son intervention :

Si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à vous.  Grâce à votre courage et grâce à votre détermination. Quand je regardais le temps qu’il fait je pense que nous avons tous de temps en temps ces correspondances dans l’âme et je pensais qu’il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville, ce très beau poème de Verlaine.

Et c’est vrai qu’il pleure dans nos cœurs, parce que nous sommes ici en face des nations Unies, un grand monstre, une espèce de dinosaure qui ferme les yeux. Alors qu’il a été conçu pour porter la main, pour secourir ceux qui sont victimes d’injustices dans le monde, et bien l’ONU a l’air aujourd’hui d’avoir fermé les yeux, de s’être retourné sur lui-même, en position autiste et de ne plus être sensible à la souffrance humaine.

Cela fait deux ans que vos compagnons jours et nuits vivent ici pour essayer de sensibiliser ces fonctionnaires qui s’abritent derrière ces fenêtres, pour qu’ils comprennent, pour qu’ils aient de la compassion, pour qu’au moins ils se demandent ce qui se passe. Pour que s’ils sont ignorants de la situation des prisonniers d’Achraf, s’ils sont ignorants de ce qui se passe en ce moment en Iran, au moins qu’ils se posent la question de savoir pour quoi ces gens se sont sacrifiés pour être là, qu’est-ce qu’ils veulent, qu’est-ce qu’ils recherchent.

Mais voilà, les jours passent. Les personnes sont entrainées dans leur vie du quotidien, dans leur routine administrative et ils ne prennent pas conscience des responsabilités qui sont les leurs et de ces vies qu’ils pourraient sauver et de la responsabilité qu’ils portent pour les vies qui sont parties, qui ont été sacrifiées sur l’autel de l’ignorance et du désengagement.

Je pense en particulier à la responsabilité que portent tous ceux qui sont les chefs ou les collègues de M. Kobler. Cette personne qui a été nommée par l’ONU pour faire la médiation entre les prisonniers d’Achraf et l’ONU. C’est un homme qui a complètement oublié ce que l’on attendait de lui, la raison de sa mission. Il a trahi sa mission, il est passé de l’autre côté, il a pris parti. Il a pris parti pour le mensonge, il a pris parti pour le crime, il a pris parti pour le silence. Il a pris parti pour la connivence et la corruption, parce qu’il y a une grande corruption à fermer les yeux face aux crimes que les autres commettent quand on a le devoir d’être là pour certifier, pour arrêter, pour prévenir.

Monsieur Kobler, je pense, est responsable des morts d’Achraf et il est responsable de ces personnes qui nous ont quitté, comme il est responsable du fait que tant d’autres en ce moment risquent leur vie.

N’est-ce pas curieux, qu’alors qu’il devrait être celui qui aurait permis des rapatriements vers des pays d’accueil de 3000 personnes, il est malheureusement le responsable des morts et de ce qui ne seront jamais libérés, dans leurs vies, qui sont libérés dans la mort, mais qui n’auront jamais connu la possibilité de jouir de leurs droits.

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NOUS N’AVONS PAS LE DROIT AU SILENCE, NOUS N’AVONS PAS LE DROIT A LA RESIGNATION. NOTRE SEUL DROIT EST LE DROIT A LA RESISTANCE.
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Si nous sommes ici c’est parce que notre devoir c’est celui de dire, de parler. Nous n’avons pas le droit au silence, nous n’avons pas le droit à la résignation. Notre seul droit est le droit à la résistance. Il faut résister, d’abord au désengagement, à la connivence, à la négligence administrative, à ce qu’aujourd’hui l’ONU et devenu ce monstre qui ne parle pas, qui ne résout rien, ce monstre impassible, qui n’est pas touché par le sang, par les larmes d’enfants, de femmes, d’hommes, de vieillards. Il faut résister.

Et nous avons un exemple magnifique, celui de cette famille que nous admirons tous, la famille Radjavi. C’est vrai aussi que si nous sommes ici, c’est grâce à eux, grâce à leur sacrifice, grâce au sacrifice de Kazem Radjavi qui est parti il y a maintenant 23 ans. Nous ne pouvons pas l’oublier parce que finalement son sacrifice et son drame, c’est le drame de l’Iran. Un Iran bafoué, un Iran trompé, un Iran trahi par ses propres dirigeants, alors qu’avec la fin du régime dictatorial du chah, l’Iran avait tout à coup senti que le printemps arrivait.  Khomeiny a trahi, il a fermé le pays. Il en a fait une prison, pour des millions d’Iraniens qui n’osent plus aujourd’hui ni parler, ni sourire, ni rire, ni espérer.

Alors oui, la famille Radjavi et en particulier à travers Maryam que j’aime et que j’admire et pour laquelle j’ai une grande amitié, et pour laquelle je suis ici aujourd’hui, la famille Radjavi c’est celle qui nous donne l’espoir dans la possibilité de vivre dans un Iran moderne, dans le sens digne de ce mot, moderne dans l’égalité des droits des hommes et des femmes. Non pas parce que nous voudrions en tant que femmes, une égalité revancharde. Nous n’en avons que faire d’une égalité revancharde. Nous avons besoin d’une égalité pour les femmes, parce que nous aimons les hommes.

Je me refuse à croire que le destin des femmes c’est celui qu’a voulu le régime de Khomeiny et celui qui le succède. Un régime qui fait des femmes des êtres sans visage, sans vie, sans caractère, sans responsabilité. Un régime qui a infantilisé les femmes, et de là a fait des hommes des despotes malgré eux.

Nous avons besoin de libérer la femme et l’homme d’Iran parce que nous avons le besoin de crier à tout vent la nécessité de vivre dans un monde de paix et d’harmonie, où nous pourrons vivre dans la dignité d’être humain.
Il est important que nous réussissions et pour réussir il faut résister. Alors que nous sommes là à nous sentir un peu malmené par cette pluie qui nous accompagne nous devons fêter le fait d’être réuni, de fêter cette espoir que nous portons, d’avoir la foi en ce monde qui doit venir.

Moi je suis convaincue qu’un jour, très vite, je serai en Iran, pour partager avec vous votre joie. Je sais que la majorité d’entre vous vivez des situations familiales très difficiles avec la moitié de vos familles ne Iran prisonnières de ce régime et vous ici, payant les conséquences d’être les supporteurs de cet espoir. Ils vous le font payer très cher. Je suis là pour vous dire que je suis avec vous aujourd’hui et jusqu’au dernier moment, lorsque nous atterrirons dans cet Iran libre.
Nous sommes là et nous avons la capacité de dire non à tous ceux qui veulent que nous oublions ce qui se passe en Iran.

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