jeudi, décembre 8, 2022
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Maryam Radjavi : Les femmes, garantie de la démocratie de l’Iran de demain

Maryam Radjavi : Les femmes, garantie de la démocratie de l'Iran de demainCNRI – A l’occasion de la Journée internationale des femmes, Maryam Radjavi, présidente de la République élue de la Résistance iranienne, a prononcé un discours sur le rôle essentiel des femmes dans la lutte contre l’intégrisme, dont nous avons publié la première partie hier (Maryam Radjavi : Le rôle des femmes dans la solution pour l’Iran ) qui traitait des dangers du facsime religieux et des trois solutions qui s’offrent à l’Iran. Dans cette partie, Maryam Radjavi s’attache à démontrer le pouvoir de la Résistance d’opérer un changement démocratique, comment les femmes sont la garantie de la démocratie, leur rôle vital dans le développement économique, puis l’expérience de la Résistance iranienne et enfin pourquoi la direction des femmes est une source de puissance et de cohésion de ce mouvement :

Le pouvoir d’opérer un changement démocratique

La Résistance iranienne possède l’aptitude ainsi que la capacité politique et sociale nécessaire pour réaliser un changement démocratique. De plus elle s’appuie sur une base sociale, bénéficie d’une force concentrée près de la frontière avec l’Iran, et elle est organisée et basée sur un idéal légitime et de pointe. Mais l’esprit qui anime ce potentiel et qui peut l’exploiter, c’est le facteur du leadership des femmes.

Parce que sur le plan historique, les femmes ont été victimes de la répression et de l’exploitation, elles ont une motivation et une endurance inépuisable dans la lutte pour rattraper leur retard. Dans l’expérience du face à face avec le régime des mollahs, nous avons vu que les femmes sont comparables à un ressort particulièrement comprimé qui, dès qu’on le libère, dès qu’elles se libèrent des chaînes de la discrimination et qu’elles se retrouvent au contact de la prise des responsabilités, elles progressent à pas de géant. La présence massive des femmes dans la révolution anti-monarchique de 1978, leur rôle héroïque dans le face à face avec la dictature des mollahs, et notamment leur résistance étonnante dans les salles de tortures et leur rôle brillant dans la résistance organisée, prouvent que les femmes sont la force vive de notre époque. Cette force vive s’est mise en marche à grande échelle dans la société pour réaliser un changement démocratique. Elle s’est transformée en une force immense pour libérer l’Iran. Les femmes sont donc une base fondamentale de la force de la résistance iranienne. 

La participation active des femmes à la direction et la solution féminine, transforment aussi les hommes en force de changement. La direction des femmes cela signifie briser les chaînes matérielles et spirituelles de l’exploitation des êtres humains. C’est pour cela que les hommes aliénés par la culture machiste, renouent avec leur humanité. On peut qualifier cet acquis de véritable réveil ou de bouleversement culturel qui est une source d’émancipation et d’énergie inépuisable.

Dans une évaluation de premier abord, il semblerait que lorsque les hommes acceptent la direction des femmes, ils tombent dans la passivité et le recul, face aux responsabilités, puisqu’ils ont perdu leur hégémonie.

Mais l’expérience du mouvement de la résistance montre que lorsque les hommes choisissent consciemment cette voie, la qualité de leur prise de responsabilité est dix fois plus élevée qu’à l’époque où ils géraient les affaires ; parce qu’ils se sont libérés des idées et de la culture inhumaine qui faisaient obstacle au progrès et à la créativité.

La garantie de la démocratie

Une autre question importante que l’on peut se poser, c’est comment le rôle déterminant des femmes peut garantir la démocratie ?

La participation active et à part égale des femmes à la direction politique permet de créer une capacité démocratique dans le gouvernement ou la force alternative. Dans le cas contraire, les limitations et les obstacles qui empêchent les femmes d’obtenir un rôle politique par les femmes, ne les privent pas seulement de leurs droits démocratiques, mais handicapent la structure et le fonctionnement de la démocratie. Car la démocratie, dans son sens le plus élémentaire, tire sa vigueur des droits de l’homme. La démocratie ne signifie pas les droits politiques pour les citoyens mâles et il ne faut pas accepter la moindre discrimination. Quand une moitié de la population ne peut pas participer au pouvoir, dans l’autre moitié la démocratie n’existe pas non plus ou bien elle est instable et volatile. On peut examiner la situation de chaque société à la jauge de cette vérité et démontrer que la part des femmes à la direction politique permet de mesurer le développement de la démocratie. Lorsqu’on fait intervenir la participation des femmes, particulièrement à la direction, les relations totalitaires qui s’appuient sur la culture patriarcale, sont obligées de reculer.

La participation des femmes à la direction apporte une vision et un esprit nouveau basés sur la prise en considération de l’autre et non sur le mépris, sur la prise en compte de ses qualités et de ses points forts et non pas de ses faiblesses et de ses cotés négatifs, sur l’amour du prochain et non sur la haine, sur le travail en équipe et non en solitaire. Il s’agit là de tous les éléments nécessaires à la démocratie et à une vie d’entente politique.

Le rôle vital de la direction des femmes dans le développement économique

La présence des femmes à la direction politique a également un rôle vital dans le développement économique. Aujourd’hui, on estime que donner davantage de pouvoir aux femmes est un « moteur de développement ». Les programmes de développement ces dernières décennies dans beaucoup de domaines ont suivi un cours négatif, pas seulement en ne pouvant améliorer la situation générale de la société, mais parce que même la pauvreté dans les sociétés en voie de développement a progressé, et partout ce sont surtout les femmes qui en sont les victimes. Comme le disent les autorités de l’ONU aujourd’hui, les femmes ne possèdent que 1% des revenus mondiaux. De même, les normes comme la transparence, la responsabilité des hommes d’Etat et l’efficacité du service public se sont effondrées pour laisser place à la montée de la violence, de la corruption et de l’absence de loi.

En vérité, dans la situation actuelle où l’équilibre des forces écrase les femmes dans diverses sociétés, le développement lui aussi avance avec une vision et une méthode qui s’appuient sur le totalitarisme, la corruption et le gâchis de la richesse humaine et matérielle. L’issue de cette impasse, c’est le rôle des femmes. Parce que non seulement l’immense force que représentent les femmes s’ajoute aux forces de progrès de l’humanité, mais parce que les obstacles et les entraves à ce progrès, que constitue la culture patriarcale, sont écartés.

Vous savez que l’égalité sexuelle en tant que droit humain, se trouve au cœur des objectifs du développement du troisième millénaire des Nations Unies. Ce programme souligne qu’ « avoir des voix égales dans les prises de décision politiques, allant de la famille aux plus hauts niveaux de l’Etat, est un facteur clé pour augmenter l’aptitude des femmes. »

Dans les années 1990, certains grands économistes ont fait un pas en avant en soulignant que le développement économique avait besoin de liberté. Ils ont également souligné que « pour le développement, d’un point de vue économique et politique, rien n’est plus important que de reconnaître officiellement la nécessité de la participation des femmes à la direction politique, économique et sociale. »

L’expérience de la Résistance iranienne

Ce que j’explique ici à propos des conséquences de la participation active et à part égale des femmes, ce n’est pas seulement la conclusion théorique de la situation actuelle, mais une vérité à laquelle nous sommes parvenue dans notre face à face avec le régime des mollahs.

Dans la lutte pour renverser la dictature religieuse, notre mouvement a réalisé qu’écarter les obstacles dans la quête de la démocratie et de la liberté, ne pouvait plus se faire avec la motivation et le dynamisme du siècle passé. La situation politique et internationale a créé des chemins si ardus que non seulement l’avancée, mais même la survie du mouvement de la résistance, nécessitent un combat plus complexe et plus coûteux. Le mouvement de la résistance a compris qu’il devait élever le niveau de ses idéaux et de ses conceptions. C’est pour cela qu’il a jugé que le rôle dirigeant des femmes était nécessaire. C’était la réponse pratique au problème du changement démocratique en Iran. Cette réponse a été la source d’une grande transformation culturelle dans les rangs de la résistance. Si je veux vous expliquer brièvement ce processus, je peux dire que l’histoire de l’avancée des femmes et de leur acceptation de postes clés, correspond également à l’histoire de l’intensification du combat avec la dictature religieuse et les intégristes au pouvoir en Iran.

Dès le départ, nous avons traversé des épreuves très critiques et nous nous sommes retrouvés face à des choix difficiles. A chaque fois nous devions prendre une décision déterminante. Il fallait soit laisser se perdre l’idéal de la liberté, l’instauration de la démocratie et la libération du peuple iranien, soit pour sauvegarder le mouvement et avancer, il fallait encore plus d’abnégation et se battre avec encore plus de fermeté.

A chaque fois que se posait le choix d’un chemin qui nécessitait un combat et des efforts nouveaux, on constatait que c’était exactement le même qui promouvait le rôle déterminant des femmes. Je devrais plutôt dire que la logique ultime de cette transformation interne qui a traversé les rangs de ce mouvement il y a vingt ans et qui a évolué d’étape en étape, c’est la quête de la démocratie et la liberté et cela ne peut être atteint qu’avec la participation des femmes à la direction.

Pourquoi ?  La réponse c’est que nous sommes face à un régime religieux intégriste basé sur la misogynie. Par conséquent la force qui pourra le vaincre devra être exempte de misogynie.

Cette vérité témoigne aussi du résultat du processus politiques et économiques ces dernières décennies dans les autres pays. Face aux solutions dont l’époque est terminée, il y a une solution nouvelle qui prend forme avec le rôle qualitatif des femmes. Par conséquent, en ce qui concerne les trois choix dont nous avons parlés, le problème c’est que nous ne sommes pas  condamnés à choisir entre la complaisance et la guerre. Ces deux choix sont finalement du même type. Ils ont une nature commune et ce sont des choix qui ont pris forme à travers le modèle dominant. Un modèle qui ne peut avancer pour atteindre ses objectifs qu’avec la force, la violence et le gaspillage des moyens et d’immenses richesses. Mais c’est un modèle qui ignore comment mettre en valeur les ressources inépuisables de l’être humain et qui est impuissant face aux obstacles qui bloquent les progrès de l’humanité. Quand on écarte cette pensée, il devient évident que l’impasse qui nous oblige à choisir entre la situation actuelle ou la guerre, est erronée. Accepter la complaisance ou la guerre, c’est se plier aux contraintes. La vraie solution, est une solution démocratique et humaine qui découle de la participation active des femmes à la direction de cette résistance et qui s’appliquera dans la gestion de la société de l’Iran de demain.

La direction des femmes, source de puissance et de cohésion de la Résistance

A présent nous allons voir à quelles épreuves ont été confronté les femmes dans leur rôle à la direction de la Résistance iranienne et quel en a été le résultat dans les conditions difficiles. Peut-être avez-vous entendu parler des attaques et des complots lancés contre la Résistance iranienne ces dernières années. Mais très peu savent comment cette Résistance les a traversés.

Le mouvement de la Résistance iranienne situé en Irak dans des bases à la frontière iranienne, est resté totalement neutre lors de l’attaque des Etats-Unis en Irak en 2003. Mais sous le coup des complots et de la demande des mollahs, les centres de la résistance ont été bombardés par les USA et la Grande-Bretagne. Les foyers de concentration des forces de la résistance ont été la cible d’attaque et de pillage des agents du régime. Puis les mollahs ont mis en oeuvre des plans coûteux et importants pour démanteler le mouvement et encercler la cité d’Achraf. Face à cette situation, la direction des femmes devait neutraliser les complots, ne pas dévier la concentration de sa lutte contre le régime, préserver la fermeté de l’organisation sous leur responsabilité, et faire avancer le mouvement.

J’ai admiré plus d’une fois le rôle de ces femmes d’avant-garde à la cité d’Achraf en Irak. Parce que je voyais qu’elles avaient pris avec détermination les rênes du mouvement et l’ont fait avancer, alors que nul ne voyait une chance de réussite. L’équilibre des forces en Irak et dans la région allait à l’encontre de cette résistance. Ni la chance, ni aucun facteur extérieur, ne sont venus les aider.  Elles ont dirigé ce mouvement dans des bouleversements pour lesquels il n’existait  aucun modèle expérimenté. Et elles ont forgé tous les maillons de cette persévérance avec de la vigilance, des décisions justes, des prises de risque et de l’abnégation. La direction des femmes a fait ses preuves à la cité d’Achraf, elle a traversé les difficultés et les coups avec courage,  motivation et ténacité.

Les hommes de ce mouvement ont atteint des degrés étonnant dans la lutte contre la culture patriarcale. Riches de ces acquis humains, ils ont joué un rôle considérable dans cette persévérance et ont  rempli de manière admirable leur responsabilité aux côtés des femmes.

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