samedi, décembre 3, 2022
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Maryam Radjavi au sénat français

CNRI – « Parler de l’Iran aujourd’hui, c’est parler de la peine de mort. C’est le pays où il y a le plus d’exécution capitale », a déclaré en guise d’ouverture d’une réunion au sénat le 12 décembre le sénateur Jean-Pierre Michel, pour marquer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la journée internationale des droits humains. Après l’Assemblée nationale, le 28 novembre, le Comité français pour un Iran démocratique (CFID), continuait sur sa lancée et invitait au Sénat des personnalités pour débattre de la situation des droits de l’homme en Iran.

CNRI – « Parler de l’Iran aujourd’hui, c’est parler de la peine de mort. C’est le pays où il y a le plus d’exécution capitale », a déclaré en guise d’ouverture d’une réunion au sénat le 12 décembre le sénateur Jean-Pierre Michel, pour marquer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la journée internationale des droits humains. Après l’Assemblée nationale, le 28 novembre, le Comité français pour un Iran démocratique (CFID), continuait sur sa lancée et invitait au Sénat des personnalités pour débattre de la situation des droits de l’homme en Iran.

Autour de Maryam Radjavi, la présidente élue de la Résistance iranienne, se retrouvaient un éventail de figures célèbres des droits de l’homme aussi diverses Danielle Mitterrand, l’ancien Premier ministre algérien, Sid Ahmed Ghozali, Mgr Jacques Gaillot, le sénateur Robert Badinter, le président d’honneur de la FIDH Patrick Beaudouin, la vice-présidente du MRAP Renée Le Mignot et le président de Démocratie le général Henri Paris. Assistaient  aussi à la réunion les sénatrices Anne Marie Payet et Gisèle Printz, le maire d’Auvers-sur-Oise Jean-Pierre Béquet, le général Paris président de « Démocraties », et François Colcombet, président de la Convention pour la 6e République, et plusieurs présidents de commissions du Conseil national de la résistance iranienne, notamment le Dr. Saleh Radjavi à tête de la commission de la Santé et représentant du CNRI en France.

Dans son intervention, Maryam Radjavi a dénoncé l’inscription illégale sur la liste du terrorisme comme une forme complexe de violation des droits de l’homme qui prive une résistance de ses droits élémentaire et entrave un changement démocratique en Iran. Elle s’est  insurgée contre le silence médiatique et politique européen sur les vagues d’exécutions et d’arrestations qui sévissent en Iran. Elle a rappelé que la résistance avait remporté de grandes victoires à la cour européenne de justice, comme la Commission d’appel des organisations proscrites britannique, qui ont toutes deux ordonné de retirer les Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste du terrorisme. Enfin elle a mis en garde contre la complaisance qui mène à une guerre inéluctable avec les mollahs, comme l’appeasement avait mené au conflit mondial avec Hitler. Si menace il y a, elle est dans le manque de fermeté face au fascisme religieux. Ni la guerre, ni le compromis ne peuvent écarter ce grand danger pour la paix mondiale que sont les mollahs armés du nucléaire. Seul un changement démocratique réaliser par les Iraniens et leur résistance peut résoudre cette crise. Il faut pour cela soutenir la résistance iranienne et la France doit être à l’avant-garde de la fermeté vis-à-vis des mollahs et de la reconnaissance de la résistance iranienne, avant qu’il ne soit trop tard.

Mme Mitterrand a parlé du devoir de protection de la Résistance iranienne ici en France qui avait guidé sa conduite et sa solidarité et que François Mitterrand avait rempli pour empêcher des expulsions vers l’Iran. Elle a également évoqué le devoir de donner un temps de parole dans les enceintes internationales à l’opposition iranienne pour qu’elle puisse s’exprimer. Elle a rappelé qu’elle avait accompagné le CNRI dans ses batailles juridiques et combien elle se réjouissait de la dernière victoire remportée en Grande-Bretagne pour sortir de la liste du terrorisme.

Sid Ahmed Ghozali a fait part de l’expérience douloureuse de l’Algérie qui avait soutenu ouvertement l’Iran et qui n’a reçu en retour qu’une réponse sanglante de terrorisme et de violence. Il a souligné qu’on ne pouvait rien tirer de la complaisance avec le régime iranien qui ne cherche qu’à utiliser la religion comme vecteur pour assurer son hégémonie sur l’ensemble du monde musulman. Le seul moyen de combattre ce grave danger est de laisser les Iraniens opérer un changement de régime et donc de soutenir la troisième voie de changement démocratique prônée par Maryam Radjavi.

Patrick Beaudouin a dénoncé le bilan catastrophique en Iran sur le plan des droits de l’homme, où pas une des libertés essentielles n’est accordée à la population,  tout comme sur le plan économique, où une corruption gigantesque ronge le pays. Sur le plan international on est confronté à un triptyque de course à la bombe atomique, de soutien au terrorisme et de volonté de rayer Israël de la carte. La France , a-t-il estimé, dans tout cela ne s’honore pas avec un désastre judiciaire annoncé et un dossier juridique vide mais qui fluctue au gré des contrats économiques. Il faut lancer un appel solennel aux gouvernements européens et surtout à la France pour qu’ils choisissent leur camp. Car le régime iranien soutient ouvertement le terrorisme d’Etat et il n’est pas logique qu’on lui apporte son soutien contre un mouvement d’opposition incarnant l’espoir d’un avenir démocratique. Il est temps de changer de politique.

Prenant la balle au bond, Jacques Gaillot a estimé qu’en attendant que les gouvernements se prononcent, il faut que chaque citoyen choisisse son camp, car chaque jour de répression en Iran est un jour de trop. Il faut donc choisir le camp de la résistance, de la Cité d’Achraf et des étudiants qui se révoltent en Iran.

Le général Paris s’est félicité de ce que le CNRI ait inscrit la séparation de la religion et de l’Etat dans son programme et que la laïcité soit compatible avec le Coran. Il juge également incompréhensible le maintien de la résistance sur la liste du terrorisme.

Renée Le Mignot a rappelé que si le MRAP s’oppose vivement à une guerre contre l’Iran, il s’oppose aussi vivement au silence sur les violations des droits de l’homme dans ce pays car c’est un crime contre le peuple iranien. Le MRAP lance une coalition contre la guerre qui regroupera uniquement ceux qui se prononcent à la fois contre un conflit et contre le régime des mollahs.

François Colcombet a dénoncé le lâche soulagement des tenants de la complaisance criant qu’il n’y avait plus de bombe et donc qu’il fallait tout passer aux mollahs. Or le rapport du renseignement américain établi que les mollahs ont voulu et veulent avoir la bombe. Il s’est aussi scandalisé qu’il puisse exister des groupes d’amitiés parlementaires avec l’Iran laissant supposer que son parlement est démocratique alors qu’il est rempli de terroristes inscrits sur la liste noire américaine. Il a estimé que par fréquenter des régimes terroristes, on finit par avoir des comportements de complicité, en acceptant la désinformation systématique à l’égard de l’OMPI, diffusée par une poignée de repentis à la solde des mollahs. 

Pour le sénateur Robert Badinter, l’Iran va à l’inverse du courant de réduction de la peine de mort à travers le monde. On y voit au contraire une recrudescence. «185 exécutions en 2006 et 399 en 2007 ce qui est un quasi doublement», déplore-t-il.  «L’Iran se pose en champion de la peine de mort dans le monde et oppose un refus complet aux injonctions internationales», ajoute-t-il. Il estime que puisque les intégristes opposent à tous les arguments un pouvoir d’essence divine, il faut que la lutte contre la peine de mort vienne des musulmans eux-mêmes. «Nous sommes, et vous particulièrement madame la Présidente, dans un grand état d’inquiétude (…) Nous n’avons de véritable espérance que dans la fin de ce régime et dans l’avènement de la démocratie. A ce moment là tout deviendra possible. Jusque là, c’est à la communauté internationale d’exercer des pressions qui conviennent», a-t-il conclu. 

La sénatrice Gisèle Printz a fait part de son inquiétude pour la situation des femmes en Iran qui sont les premières victimes de la répression. La sénatrice Anne-Marie Payet  s’est préoccupée de savoir si les femmes pouvaient se révolter contre toutes ces violences et si elles réussissaient à faire entendre leur voix.

Cette réunion a également été l’occasion de diffuser un film bouleversant sur les exactions en Iran et la résistance quotidienne des Iraniens à cette dictature religieuse.

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