dimanche, novembre 27, 2022

Légitimer l’opposition en Iran

Par Mark Williams, chroniqueur invité d’UPI

UPI, Londres, 14 avril – Avec le directeur de la C.I.A. Michel Hayden qui a affirmé sa conviction que l’Iran au minimum laisse grande ouverte l’option d’une arme nucléaire, la confrontation serait-elle en passe de devenir de plus en plus une certitude ?

Aux yeux de l’administration américaine, les intentions de Téhéran laissent peu de place au doute, alors que le directeur de la C.I.A. devenant la troisième figure significative de l’administration Bush affirme croire que l’Iran a l’intention de fabriquer une arme nucléaire.

Dans une interview sur ABC news le mois dernier, le vice-président Dick Cheney a affirmé que l’Iran était « lourdement engagé à essayer de développer l’enrichissement nucléaire militaire, l’enrichissement d’uranium à un niveau réservé à l’armement ». Il s’est rendu très récemment au Moyen-Orient pour tenter de rassembler davantage de soutien à l’isolement de l’Iran.

C’est cet isolement et les sanctions qui ont touché le gouvernement iranien, qui ont laissé Hayden clairement préoccupé par le fait que l’Iran pourrait bien être en train d’acquérir l’arme atomique. Son argument – très contraignant – est : « Pourquoi les Iraniens accepteraient-ils de payer le prix international qu’ils semblent accepter de payer pour ce qu’ils font aujourd’hui s’ils n’avaient au minimum … le désir de maintenir ouverte l’option de développer une arme atomique, voire même plus, qu’ils ont déjà décidé de faire ? »

Manifestement, le leadership iranien, avec à sa tête l’ayatollah Ali Khamenei, n’a aucun désir de reculer dans ses ambitions nucléaires. La question sous-jacente qui vient alors à l’esprit c’est de savoir pourquoi l’Iran accepterait de faire face à ces sanctions et à cet isolement international pour acquérir un programme nucléaire dont le seul but serait à usage civil ? Aucune réponse n’est jamais venue des autorités iraniennes.

Alors que la pression grandit sur l’Iran à cause de son programme d’armes nucléaires et que des preuves apparaissent sur son soutien iranien aux milices en Irak, la communauté internationale se dirige vers la perspective d’une nouvelle confrontation dans la région. Cependant, considérer la confrontation comme une certitude est une conception très dangereuse pour la communauté internationale.

C’est pour cette raison que la recherche d’une solution pour ce qu’on appelle la « crise iranienne » doit être menée avec plus de hâte. Une option qui est revenue sur la table consiste à soutenir le mouvement d’opposition en Iran. Le mouvement d’opposition iranien dirigé par les Moudjahidine du peuple (OMPI) a gagné une plus grande importance ces dernières années en faisant les gros titres pour avoir révélé le programme nucléaire de l’Iran tout comme l’intervention de l’Iran en Irak.

L’OMPI, considérée par le régime comme la plus grande menace à son existence, s’est retrouvée en tête de l’ordre du jour de nombreuses négociations avec Téhéran. Du voyage récent de Mahmoud Ahmadinejad en Irak aux mesures incitatives nucléaires offertes par le chef de la politique étrangère de l’UE Javier Solana au fil des ans, ce groupe d’opposition iranien s’est retrouvé utilisé comme un instrument  politique pour convaincre Téhéran d’avoir une influence constructive sur la région.

Cependant, l’obsession et la crainte de l’Iran vis-à-vis de ce groupe ont été remarquées par des politiciens occidentaux alors qu’il devient de moins en moins probable que Téhéran puisse être convaincu d’adhérer à ses obligations nucléaires. Une chose bloque toujours ce groupe considéré comme l’opposition légitime qui pourrait provoquer un changement démocratique en Iran. Le groupe a été inscrit comme terroriste au Royaume-Uni en 2001dans ce que Jack Straw a  plus tard admis avoir été fait sur ordre de Téhéran. En tant que ministre des Affaires étrangères, Straw avait aussi vivement recommandé à l’UE d’interdire le groupe.

Cependant, l’inscription du groupe sur la liste du terrorisme pourrait bien être annulée au Royaume-Uni et à l’UE dans les semaines à venir alors que le groupe attend les jugements de la Cour d’appel britannique et de la Cour européenne de Justice. Ayant remporté une victoire dans une branche de la justice du Royaume-Uni en novembre 2007 et au Tribunal de Première Instance de la Cour européenne en décembre 2006, les prochains jugements vont être le point culminant d’un long processus de l’OMPI pour gagner son bon droit.

La fin de l’inscription du groupe sur la liste du terrorisme pourrait bien en faire un groupe d’opposition légitime, qui offrira à la communauté internationale l’option d’un changement démocratique interne. Une telle option peut bien être la seule perspective pour éviter une nouvelle confrontation dans la région.

(Mark Williams est un parlementaire britannique démocrate libéral.)

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