CNRI – « Les Iraniens risquent chaque jour leur vie quand ils descendent dans la rue pour protester et revendiquer, non pas l'élection de Moussavi qui a depuis longtemps disparu, mais revendiquer la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, le respect des droits des femmes. Ils demandent en fait tout ce pourquoi Mme Radjavi, le Conseil national de la Résistance iranienne et l'OMPI résistent depuis des décennies », a déclaré l’eurodéputé Struan Stevenson, le 11 novembre à Bruxelles.
Le président de la délégation pour les relations avec l’Irak s’exprimait dans une réunion organisée par l’intergroupe des Amis d’un Iran Libre, dont il est le co-président. Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, en était l’invitée spéciale.
Voici l’intervention de Struan Stevenson
Nous avons vu dans les deux films, au début de notre réunion, le courage et la bravoure de l'opposition iranienne. Le 4 novembre, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues risquant leur vie pour protester contre le régime. Au péril de leur vie, parce que c'est la littéralement ce qu'ils font quand ils arrachent les portraits du guide suprême Khamenei et qu’ils les piétinent. Khamenei prétendait, et le régime avançait le prétexte, qu'il était tout-puissant parce qu'il avait un lien direct avec Dieu. Maintenant, nous savons qu'il est tout-puissant grâce au canon d'une arme, par l'oppression, la brutalité et la répression des forces du bien en Iran. Les Iraniens en sont bien conscients et risquent chaque jour leur vie quand ils descendent dans la rue pour protester et revendiquer, non pas l'élection de Moussavi qui a depuis longtemps disparu, mais revendiquer la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, le respect des droits des femmes. Ils demandent en fait tout ce pourquoi Mme Radjavi, le Conseil national de la Résistance iranienne et l'OMPI résistent depuis des décennies. Il s'agit du programme de l'OMPI, c'est ce que l'opposition aux mollahs offre comme alternative à l'oppression brutale que nous voyons.
Et que fait l’Occident ? Ici, au Parlement européen, nous nous prévalons d’être au cœur des institutions démocratiques de l'Europe, de soutenir toutes ces libertés, droits humains, droits des femmes, la fin de la peine de mort, l'interdiction des armes nucléaires et de destruction massive, nous sommes fiers de faire avancer ce programme, mais que faisons-nous dans le cas de l'Iran et cette agression flagrante ? Nous voyons tous les jours, la course aux ogives nucléaires, nous le savons par les renseignements fournis par l'OMPI elle-même. C’est elle qui a apporté à l'Occident ces informations sur la production d'armes de destruction massive en Iran. Les agences de renseignement occidentales ont été incapables de le découvrir. Ces Moudjahidine du peuple risquent toujours leur vie quotidiennement pour nous apporter des renseignements à jour dans ce domaine. Et que fait l'Occident ?
Au lieu de soutenir l'opposition, nous les avons d'abord tous mis sur la liste terroriste de l'UE, ils sont encore sur la liste terroriste américaine. Les gouvernements qui ont été complices de les avoir mis sur la liste terroriste de l'UE ont livré de nombreuses batailles judiciaires pour tenter de préserver cette fausse façade. Et parce que nous les avons soutenus et que nous avons eu l'appui massif des forces du bien de notre côté, nous avons gagné. Il y a une justice en Europe, mais nous devons encore retirer l'OMPI de la liste du terrorisme aux États-Unis.
Nous avons suivi la voie de la complaisance. Alors que la population en Iran, les jeunes, descendent dans la rue et ne montrent aucune crainte, nos gouvernements tremblent de peur quand ils traitent avec le régime des mollahs. Ils craignent de perdre leurs contrats lucratifs, leurs intérêts commerciaux, qu'ils craignent le renversement d’un gouvernement, même s’il s’agit d’une dictature oppressive. Donc, nous suivons la voie de la complaisance, nous avons été dans cette voie auparavant. Nous sommes allés dans cette voie dans les années 1930 lorsque nous avons affronté un régime similaire dans l’Allemagne d'Hitler et quelques-unes des curiosités que j'ai vues dans les films qu’on nous a apportés. Ils ont été présentés aujourd'hui. Ils nous rappellent ceux des années 1930.
L'attaque contre le camp d'Achraf le 28 juillet avec des véhicules blindés écrasant des civils innocents non armés, qui étaient tabassés au sol, qui étaient abattus, 11 personnes tuées. Et ce après des mois, dans cette maison, passés, avec tous nos collègues, tous les supporters du CNRI, à avertir que cela allait se produire. Mais est-ce que la Commission européenne a pris des mesures ? Est-ce que Javier Solana a pris des mesures ? Est-ce que Mme Ferrero Walden a pris des mesures ? Est-ce que ONU est intervenue ? Non ! On nous a ignorés. Onze personnes ont perdu la vie ! 500 personnes ont été blessées, 36 détenues en otage, même illégalement, au mépris de la propre justice de l’Irak.
Et aujourd’hui, nous avons entendu à maintes reprises la menace que le camp d'Achraf sera fermé de force et que les 3400 personnes qui y vivent seront déplacées de force dans une zone désertique dans le sud de l'Irak.
Je peux déjà vous dire que si cela arrive, il y aura un massacre. Si 11 personnes ont été tuées lorsque les autorités irakiennes ont pénétré de force dans la base d’Achraf, contre une population désarmée de réfugiés civils, alors il y aura un massacre si les 3400 personnes seront déplacées de force. Nous aurons tous collectivement la responsabilité de ce sang sur les mains. Est-ce là ce que l'Europe veut ? Pourquoi la Commission ne prend-elle pas de mesures ? Pourquoi la Croix-Rouge ne crie-t-elle pas sur les toits que ces personnes doivent être protégées ? Quel mal ont-elles fait ? Elles vivent là depuis 23 ans. Elles ne sont pas armées et ne sont une menace pour personne.
Je suis donc très heureux aujourd'hui de voir les interventions puissantes faites ici, de voir le poids énorme du soutien dont le CNRI et l'OMPI dispose dans ce parlement. Et à coup sûr, collectivement, toutes nos voix seront entendues et toutes nos voix feront la différence.
J'ai toujours cru que le mal ne peut prévaloir et un régime qui opprime non seulement son propre peuple, mais qui exporte la terreur à travers le Moyen-Orient, vers l'ensemble de ses voisins et qui menace maintenant la stabilité de tout le Moyen-Orient et même au-delà, menace la stabilité de la paix mondiale, ne pourra prévaloir. La bonne volonté l’emporte toujours, et j'ai vu aujourd'hui dans cette salle les forces du bien. Mme Radjavi vous avez la promesse de notre soutien comme vous l’avez toujours eue dans le passé et je sais qu'un jour, nous tous ici présents, nous marcherons avec vous en toute liberté à Téhéran. Merci.

