vendredi, décembre 2, 2022
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L’Iran utilise Dubaï pour faire passer des composants nucléaires

 Par Con Coughlin

Sunday Telegraph, 6 juin – L'Iran utilise le port du Golfe de Dubaï pour faire passer en contrebande des équipements électroniques et informatiques sophistiqués pour son programme controversé d'enrichissement d'uranium qui sont interdits en vertu des sanctions des Nations Unies.

Dans le contrat le plus récent, une société iranienne associée au programme nucléaire du régime a fait l'acquisition de systèmes de contrôle d'un des premiers fabricants d’électronique allemand. L'accord a été négocié avec une compagnie commerciale de premier plan de Dubaï, qui a ensuite vendu à l'Iran une gamme d'équipements électroniques pour son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz.

Des détails de la transaction ont émergé alors que monte en Occident l’inquiétude que Téhéran ait mis fin à la suspension volontaire de son programme d'armes nucléaires. Une étude des services de renseignements américains parue fin 2007 concluait que l'Iran avait suspendu ses tentatives de construire une bombe atomique en 2003.

Cela expliquerait les tentatives renouvelées de l'Iran de passer en contrebande du matériel interdit par Dubaï. Dans le dernier accord, dont les détails ont été obtenus exclusivement par le Sunday Telegraph, des équipements allemands de haute qualité y compris des ordinateurs, des contrôleurs, des cartes de communication et des câbles ont été passés en contrebande en Iran.

Le matériel a été vendu à l'Iran à l'insu de son fabricant allemand par un intermédiaire basé à Dubaï à l'aide de faux certificats d'utilisateur final pour des entreprises en Asie, même si la vente de technologie pouvant être utilisées dans le programme nucléaire de l'Iran est interdite en vertu des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le matériel a été livré à la Kalaye Electric, une société iranienne, qui est également l'objet de sanctions en raison de son étroite association avec le programme nucléaire iranien. Kalaye Electric est responsable de l’acquisition et du développement des centrifugeuses utilisées à Natanz pour enrichir l'uranium.

Les accusations de contrebande ont été rejetées par l'Iran, qui insiste sur le fait que son programme nucléaire est entièrement pacifique. Son ambassadeur à Londres, Rassoul Movahedian, a ajouté que le pays n'avait pas besoin d'importer ou de passer en contrebande des composants techniques.

Des responsables américains et des Nations unies ont lancé le mois dernier une enquête sur la façon dont l'Iran avait réussi à acquérir des valves nucléaires et d'autres composants limités des entreprises occidentales en violation des résolutions de l'ONU. Ils ont étendu leur enquête à Dubaï, qui est déjà sous une pression intense de Washington pour empêcher le transfert de technologie à l'Iran.

L'année dernière, les autorités de Dubaï ont bloqué la vente à l'Iran par la compagnie Scientechnic basée à Dubaï d’équipements fabriqués par l'entreprise d'électronique allemande Siemens, qui a depuis pris l'engagement de ne pas fournir d'équipement de la société à l'Iran.

« Les Iraniens réussissent encore à faire passer en contrebande de la technologie de pointe grâce à Dubaï pour leur programme nucléaire grâce à de faux certificats et des intermédiaires sans scrupules », a déclaré une source haut placée de l'ONU. « Nous avons besoin que les autorités de Dubaï soient plus rigoureuses pour empêcher le transfert de ces équipements en Iran. »

L'équipement est vital pour les installations d'enrichissement de Natanz, qui l'an dernier ont connu des difficultés techniques avec les centrifugeuses utilisées pour enrichir l'uranium.

Les allégations comme quoi l'Iran poursuit ses efforts pour acquérir la technologie électronique interdite pour son programme nucléaire intervient alors que Téhéran tente d'éviter un nouveau train de sanctions de l'ONU.

Les autorités iraniennes ont présenté à l'AIEA les détails d'une proposition d’envoyer des stocks d'uranium enrichi à la Turquie dans le cadre d'un accord négocié avec le Brésil pour résoudre la crise internationale sur le programme nucléaire de l'Iran. 

Aux termes de l'opération envisagée, Téhéran enverrait environ la moitié de ses 2,5 tonnes des stocks d'uranium enrichi en Turquie. En retour, l'Occident fournirait à l'Iran des matériaux nucléaires traités pour son réacteur de recherche médicale à Téhéran.

L’Iran avait initialement convenu d’expédier ses stocks d'uranium enrichi à la Russie en vertu d'un accord négocié à Genève en octobre, dans le cadre d'une mesure de confiance afin de désamorcer la crise. Mais l'affaire a été bloquée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. A présent, Téhéran propose d'envoyer une petite quantité de l'uranium enrichi à la Turquie, qui ne possède que des installations limitées de transformation nucléaire.

Des responsables occidentaux pensent que l'Iran n'a fait l'offre que dans une dernière tentative pour éviter l’enclenchement d'un nouveau cycle de sanctions de l'ONU après que le président américain Barack Obama ait obtenu le soutien de la Chine et de la Russie pour une résolution au Conseil de sécurité.

En outre, il existe une préoccupation croissante parmi les experts occidentaux de contre-prolifération comme quoi l'Iran a repris son programme d'armes nucléaires, qui avait été interrompue en 2003 après l'invasion américaine de l'Irak voisin.

Des responsables occidentaux ont mené une nouvelle réévaluation rigoureuse du programme nucléaire de l'Iran depuis que la CIA a publié son étude controversée du National Intelligence Estimate en 2007, qui se demandait si l'Iran avait encore un programme actif d'armes. 
Après une enquête exhaustive sur les rapports concernant l'Iran, effectuée par les inspecteurs nucléaires de l'ONU travaillant pour l'AIEA, des responsables occidentaux sont convaincus que l'Iran a secrètement repris les travaux sur la construction d'une bombe atomique.

« Quand vous regardez en détail les déclarations de l'Iran sur son programme nucléaire, la seule conclusion logique que l'on peut en tirer est que l'Iran n'a qu'un seul but, celui de fabriquer des armes nucléaires », a déclaré un haut responsable occidental de contre-prolifération.

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