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L’Iran renforce la sécurité alors que la suppression des subventions menace

Par FARNAZ FASSIHI

The Wall Street Journal, 4 novembre – Les autorités iraniennes prennent des mesures de sécurité extraordinaires avant la suppression de subventions pour l’énergie et les denrées alimentaires ce mois-ci, cherchant à prévenir des troubles par une population affectée par les dépenses croissantes et l’inflation.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a mis en garde la population mercredi contre la politisation des réformes économiques et a menacé de sévèrement punir les commerces augmentant les prix des biens de consommation en réaction aux suppressions de subvention.
Dans un discours diffusé sur l’ensemble du pays lors d’un rassemblement dans la ville de Bojnourd, au nord-est de l’Iran, il a déclaré que les agents du gouvernement « attraperaient et condamneraient à une amende tous ceux qui abuseraient de la situation et le leur feraient regretter à jamais ».

Dans un plan de suppression progressive sur cinq ans, Le gouvernement cherche à éliminer jusqu’à 100 milliards de dollars de subventions annuelles pour les denrées alimentaires et l’énergie qui limitent l’augmentation des coûts pour les consommateurs. Près de 65 millions d’Iraniens, sur une population de 75 millions, recevront des paiements en espèce d’environ 40 dollars par mois afin d’atténuer la douleur économique de la perte des subventions. Des paiements en espèces ont déjà commencé dans certaines provinces.

Le plan, prenant effet alors que l’Iran ressent la morsure des nouvelles sanctions internationales sévères à l’encontre de son programme nucléaire, semble entretenir dans le gouvernement la crainte que cela suscite un autre soulèvement politique. Les protestations de l’opposition ont ébranlé le pays après les élections controversées de juin 2009, menant à une répression intensifiée de la dissidence.

La semaine dernière, le commandant en chef des gardiens de la révolution de Téhéran, le général Hussein Hamedani, a dit qu’un corps expéditionnaire avait été créé pour faire face à des manifestations potentielles et s’assurer que l’opposition ne crée pas de « ravages économiques ».

Les leaders de l’opposition Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi ont déclaré lundi que la mise en œuvre par le gouvernement des réformes économiques est hasardeuse et causera des troubles populaires.

Des milliers d’officiers de police ont été envoyés dans 2 000 points de Téhéran armés d’équipement anti-émeutes, comme des matraques et des gaz lacrymogènes, installant des bases temporaires sur les principales places et les jonctions de circulation, a déclaré le chef de la police de Téhéran, Hassan Sajedi.

Mardi soir, la police a arrêté 100 personnes de moins de 30 ans dans le cadre de ce que la police appelle un projet « de nettoyage de sécurité », d’après les agences de presse officielles.

Mercredi, M. Sajedi a déclaré que près de 400 autres personnes auraient été arrêtées et « présentées » dans les prochains jours pour montrer l’exemple à quiconque planifieraient des troubles sociaux. Il a déclaré que certains seraient accusés de « moharebeh » ou « guerre contre Dieu », une accusation qui est passible de la peine de mort et qui est généralement réservée aux opposants politiques.

Les suppressions sont prévues ce mois-ci, mais de nombreux détails du plan restent vagues, comme le calendrier d’exécution et les biens qui seront touchés. Le gouvernement déclare qu’il n’a pas divulgué les détails pour éviter l’affolement public, mais des consommateurs inquiets à Téhéran et dans d’autres villes ont acheté tous les produits secs comme le riz, les haricots et l’huile en prévision de la hausse des prix. Les prix du bœuf ont augmenté d’environ 5% la semaine passée, déclarent les habitants.

« Si ce plan est pour le bien du peuple alors pourquoi tant de policiers dans les rues? » s’interroge une mère de trois enfants à Téhéran.

D’après des informations, le gouvernement a ordonné aux médias cette semaine de s’abstenir d’analyser les suppressions de subventions ou de publier des commentaires critiques sur le plan.

Les hommes d’affaires, industriels, commerçants et directeurs de haut niveau ont été avertis de ne pas se prononcer contre les subventions. Ils déclarent qu’il leur a été dit par les autorités de sécurité qu’ils risquaient de perdre leur permis d’affaires et leur emploi s’ils augmentaient les prix ou incitaient aux manifestations publiques.

« De plus en plus, ce plan de réforme économique commence à ressembler à une opération de sécurité », a déclaré un analyste à Téhéran.

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