jeudi, décembre 8, 2022
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L’Iran ne fait partie ni des Nations Unies ni du FMI

Tout membre qui viole constamment la Charte de l’ONU peut être expulsé.
Cela fait assurément penser à Téhéran.

Par John Bolton, Mark Wallace et Kristen Silverberg

Wall Street Journal (online.wsj.com), tribune du 13 aout – La crise nucléaire iranienne a traîné pendant près de vingt ans, en dépit de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et de toute une ribambelle de sanctions nationales. Beaucoup pensent que seule une force militaire arrêterait l’Iran, mais même maintenant, Téhéran ne semble pas prendre une telle menace au sérieux.

Une mesure frisant la force que la «communauté internationale» est peu disposée à prendre, c’est de frapper l’Iran d’ostracisme dans les organisations internationales comme l’ONU et le Fonds monétaire international (FMI). Cela doit changer.

La participation de l’Iran dans ces organisations sape leurs principes fondamentaux. La Charte des Nations Unies prévoit que l’adhésion est ouverte aux « Etats pacifiques qui acceptent les obligations contenues dans la présente Charte et (…) sont capables et désireux d’appliquer ces obligations ». Clairement, la République islamique ne répond pas à ce projet politique.

L’Iran a appelé à plusieurs reprises à la destruction d’Israël, recourant à une rhétorique antisémite et anti-israélienne en violation de la convention sur le génocide. Il a été à maintes fois sanctionné par le Conseil de Sécurité et condamné par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique pour avoir violé le Traité de non-prolifération nucléaire. Il a également été cité pour avoir aidé le régime d’Assad à massacrer des citoyens syriens. Téhéran accueille régulièrement des conférences de négation de l’Holocauste.

Pourtant, l’ONU a adopté des dirigeants iraniens. L’Iran a été élu à l’unanimité à la Commission des Nations Unies sur le statut des femmes en 2010. C’est un pays qui fouette les femmes pour enfreindre le code vestimentaire islamique et qui les lapide pour adultère. Peu après l’élection de l’Iran, la commission a choisi de ne condamner qu’un seul pays : Israël. Lors d’une récente conférence des Nations Unies sur la drogue à Téhéran, l’Iran a accusé les «sionistes» de répandre des drogues illicites dans le monde entier.

Juste l’an dernier, l’Iran a été élu pour un rôle de leadership dans les négociations sur le traité des Nations Unies sur le commerce des armes, malgré son bilan d’armer des Etats parrainent le terrorisme et des groupes terroristes.

L’Iran sape aussi d’autres organisations internationales. À l’heure actuelle, le FMI a un compte auprès de la banque Markazi, la banque centrale iranienne, totalisant environ un milliard de dollars. Tant les États-Unis que l’Union européenne ont sanctionné la banque pour ses activités de blanchiment d’argent, y compris canaliser de l’argent pour l’armée iranienne et des sites d’armes nucléaires.

La participation de l’Iran dans ces organisations est inacceptable. Téhéran devrait être tenu responsable pour son mépris du droit international. L’article 6 de la Charte des Nations Unies prévoit expressément l’expulsion d’un membre « qui a enfreint de manière persistante les principes énoncés ». Cela ressemble certainement à l’Iran.

Conformément à l’article 5, une pénalité moindre est la suspension « de l’exercice des droits et privilèges des membres ». L’ONU a également le pouvoir de refuser les lettres de créance d’une délégation, comme elle l’a fait en 1974 en ce qui concerne la délégation sud-africaine, citant sa « violation constante de la Charte et de la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

L’adoption de n’importe laquelle de ces mesures serait extrêmement difficile. La suspension de l’ONU exige l’approbation du Conseil de sécurité et d’une majorité des deux tiers à l’Assemblée générale. Mais il y a de réels avantages à pousser les amis de l’Iran à se montrer en plein jour. La Russie et la Chine opposeront-elles leur veto à une résolution de suspension au conseil, comme elles ont récemment opposé un veto aux résolutions imposant des sanctions à la dictature d’Assad en Syrie? Si c’est le cas, laissez-les révéler la vraie nature de leurs propres régimes et la réalité de l’ONU en coulisses.

Les États-Unis comme l’Union européenne ont adopté des lois interdisant que les revenus de leurs contribuables remplissent  les poches des officiels et des institutions du régime iranien. Pourtant, en même temps, tous deux financent fortement l’ONU et le FMI, en facilitant les activités de déstabilisation de l’Iran.

La participation continue de l’Iran à l’ONU et au FMI lui confère une légitimité internationale et des tremplins pour faire avancer son agenda – en détruisant les sanctions économiques – et en sapant les importants intérêts occidentaux de politique étrangère.

En septembre prochain, New York sera obligé une fois de plus d’accueillir le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui se servira sans aucun doute de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies pour vomir sur sa  rhétorique antiaméricaine et antisémite. Il est temps que chaque pays, individuellement, interdise aux institutions internationales d’ignorer leurs propres principes.

Ce n’est plus seulement l’Iran qui bafoue les règles et nuit à l’intégrité des institutions internationales. Ces institutions sont directement actives dans les efforts diplomatiques et financiers de l’Iran opur faire avancer sa quête d’armes nucléaires et ses activités déstabilisatrices au Moyen-Orient.

De nombreux gouvernements et entreprises privées ont pris au sérieux la responsabilité qui leur incombe de faire faire pression sur l’Iran pour lui faire changer de cap. Les organisations internationales doivent maintenant faire de même.

M. Bolton est un ancien chercheur à l’American Enterprise Institute, est l’auteur de (La rédition n’est pas une option : Défendre l’Amérique aux Nations Unies» (Simon & Schuster, 2007). Mme Silverberg et M. Wallace sont respectivement la présidente et le CEO de « Union contre le nucléaire iranien ».

 

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