CNRI – Le 4 septembre, Radio ID.FM de lîle de France se penchait sur le dossier atomique de lIran et la visite de Kofi Annan à Téhéran. Elle interrogeait pour cela un membre de la Résistance iranienne :
IDFM : Hélène Fathpour, vous êtes membre de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne et vous êtes en première ligne pour nous parler de la situation en Iran. Est-ce que vous avez une première analyse de ce qui sest passé lors de la rencontre avec Kofi Annan et le président de lIran ?
HF : Tous les journaux en ont parlé et tous ont titré sur léchec de la visite de Kofi Annan qui sest rendu en Iran. Il faut rappeler quil sy était rendu pour deux résolutions, celle de larrêt de lenrichissement duranium et celle du Liban. Or même avant son arrivée à Téhéran, le régime iranien avait annoncé quil ne suspendrait pas ses activités et il la réitéré. Téhéran a donc tiré profit de cette visite de Kofi Annan pour justifier son attitude de défi et pour poursuivre son programme. Il faut de lavis de la Résistance et de la population iranienne rapidement adopter une attitude de fermeté et imposer des sanctions pour permettre justement à la population de respirer et de pouvoir se révolter contre cette dictature. Il est certain que cette crise ne pourra se résoudre que par un changement démocratique à lintérieur même de lIran comme le prône sa résistance et sa présidente de la République élue Maryam Radjavi.
IDFM : Quelle est votre position quant à lobtention par lIran de la bombe atomique.
HF : La Résistance comme la population iranienne est profondément opposée à la bombe atomique, surtout entre les mains des mollahs. Vous devez sans doute savoir que sil y a dossier nucléaire aujourdhui cest parce que la résistance en a révélé les premières informations en 2002. Cest un régime qui veut la guerre et qui a prouvé son attitude de défiance à la communauté internationale, on le voit bien au Liban, on le voit bien en Irak, dans le reste du Moyen-Orient, et dans ses attaques contre lEtat dIsraël.
Cest donc un régime qui dès quil aura la bombe lutilisera. Il faut savoir aussi quil lutilisera dabord contre ses voisins arabes puisque un des vieux rêves de cette dictature intégriste cest dinstaller un empire islamique mondial. Donc cest un danger réel et il est du devoir de la résistance de le dénoncer. Cest aussi un danger réel ressenti par la population puisquelle accepte des risques immenses en fournissant ces informations secrètes à la résistance pour mettre en garde la communauté internationale.
IDFM : Vous nous faites frissonner dhorreur en nous disant que la possession de larme atomique par lIran ferait en sorte quil y aurait une utilisation immédiate.
HF : Oui absolument, il ne faut pas se leurrer. Cest là où est tout le danger. Ce régime intégriste est un régime extrêmement violent et agressif. Il faut que la communauté internationale en prenne conscience, elle sest légèrement réveillée dans les événements du Liban. Et effectivement cest un danger tout à fait sérieux. Cest dailleurs la raison pour laquelle nous demandons des sanctions immédiates, car cest un régime qui ne réagit que par rapport à un langage de fermeté. Les négociations qui ont lieu depuis trois ans, nont pas abouti et montrent que ça lencourage au contraire à poursuivre ses activités nucléaires en Iran et que ça lencourage à avoir cette attitude de défiance en disant « non » au Conseil de Sécurité, non à la communauté internationale.
IDMF : Antoine Sfeir qui est un spécialiste que tout le monde connaît dit que le président de lIran qui se manifeste par des déclarations difficiles à supporter, na pas de pouvoir en Iran. Est-ce que vous pouvez nous préciser institutionnellement quels sont les pouvoirs de ce président en Iran ?
HF : Le président en Iran cest vrai na pas de « pouvoir », puisque le pouvoir en réalité est détenu par le guide suprême Ali Khameneï, cest une dictature religieuse, cest donc le guide suprême qui a tous les pouvoirs. Mais ce président est arrivé – na pas été élu, parce quil ny a pas dopposition qui puisse se présenter à des élections, mais a été amené et nommé au pouvoir – pour justement appliquer actuellement cette ligne extrêmement agressive. La résistance a dit quand il est arrivé au pouvoir il y a un an que cétait une déclaration de guerre contre la population iranienne et contre la communauté internationale.

