lundi, novembre 28, 2022
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L’interview d’Al-Seyassah avec Mohammad Mohadessine, Président de la commission des Affaires étrangères du CNRI

Le régime de Téhéran est confronté à cinq crises : la crise économique, la colère populaire, des dissensions internes, l’affaiblissement du régime de Bachar Al-Assad et la question complexe du nucléaire.

La chute de Kadhafi a accéléré les efforts de Téhéran pour se doter d’armes nucléaires.

 

CNRI – Le 22 décembre, le journal koweïtien Al-Siyassah a publié un entretien avec Mohammad Mohadessine, président de la commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne.

Dans son interview, M. Mohadessine a expliqué que le régime de Téhéran était confronté à cinq crises : l’effondrement de l’économie, la colère populaire, des dissensions internes, l’affaiblissement du régime de Bachar el-Assad et la question complexe du nucléaire.

M. Mohadessine a souligné que le sauvetage des démocraties arabes émergentes de l’intégrisme et du terrorisme et des pertes en vies humaines qu’ils provoquent, requiert le soutien de la Résistance iranienne et la mise ne place d’un front uni contre l’intégrisme dans la région.

Voici un extrait de cette interview :

Q. L’élection présidentielle aura lieu en Iran l’été prochain. Prévoyez-vous un changement spectaculaire dans la situation du régime de Téhéran ?

R. Les élections présidentielles ou parlementaires qui se sont tenues en Iran sous le régime des mollahs ne ressemblent en rien à des élections libres et véritables.  Le principe du Velayat-e Faqih (le pouvoir absolu du guide suprême religieux) est en conflit fondamental avec le vote libre et la souveraineté du peuple.

Le résultat de l’élection est le résultat d’une lutte de pouvoir entre les différentes factions du régime. Tous les candidats à la présidence doivent être dévoués au guide suprême à la fois dans la croyance et dans la pratique, et ce dévouement doit être confirmé par le Conseil des Gardiens, dont les membres sont nommés par le guide suprême. Cependant, selon la constitution du régime, l’ensemble des principales décisions sont prises par le guide suprême avec des organes majeurs sous son contrôle et le Président a simplement un rôle administratif et non un rôle décisionnaire.
Compte tenu de la situation actuelle, l’élection de juin 2013 revêt une importance particulière pour le régime des mollahs car il doit faire face à plusieurs crises.

Q. A votre avis que sont ces crises ?

A. Le régime fait face à cinq crises majeures : Premièrement, la situation économique est critique, l’effondrement de la monnaie, le taux d’inflation atteignant 50 % et un taux de chômage à plus de 30 %. Deuxièmement, il le mécontentement de la population s’est accumulé  pour créer une situation explosive en Iran. Troisièmement, la lutte pour le pouvoir entre les factions internes du régime a gagné en profondeur et en intensité. Quatrièmement, la situation en Syrie et le renversement possible de Bachar Al-Assad a placé le front régional du régime au bord du gouffre. Cinquièmement, le régime a atteint un point décisif de son projet nucléaire. Soit le régime recule dans son projet nucléaire et Khamenei doit boire la coupe de poison d’une marche arrière dans ce projet, tout comme Khomeiny avait bu la coupe de poison du cessez-le-feu, soit il se dirige vers une confrontation avec l’Occident. Chacune de ces options aura des conséquences dévastatrices pour le régime.
Le retrait de l’étiquette terroriste de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) par le département d’Etat américain et la levée des restrictions de l’opposition organisée a donné aux crises du régime un caractère politique et de renversement.

Q. À votre avis, allons-nous voir un printemps persan comme le printemps arabe après l’effondrement des alliés du régime de Téhéran, une révolution qui va renverser le régime iranien ?

A. En réalité, le printemps persan a commencé il y a 4 ans et il ne fait aucun doute que la chute de l’allié stratégique du régime dans la région est un coup stratégique porté au pouvoir des mollahs et supprime les obstacles posés sur le chemin du printemps persan. Le régime des mollahs a créé un cercle infernal qui s’effondrera avec la chute du régime syrien.
Ce qui donne du crédit à cette prédiction est l’approche des mollahs sur cette question. La ligne directrice quotidienne donnée par les états-majors du régime à Téhéran et à Damas pour orienter la situation Syrie  : La prise en main de la protection des zones clés comme Damas par ses gardiens de la révolution; son soutien financier, militaire et logistique de la dictature syrienne, l’utilisation du  gouvernement à ses ordres en Irak pour soutenir activement la ligne de front d’Assad et l’utilisation d’une énorme partie des biens et de la richesse du peuple irakien pour maintenir le régime d’Assad au pouvoir, la propagande jour et nuit en Iran sur la Syrie, etc …. Tous ces éléments indiquent que les mollahs considèrent que le sort de la Syrie, outre celui d’un allié, est plutôt une question pour sa propre survie.

Q. Le programme nucléaire du régime iranien exacerbe la préoccupation régionale et internationale. Avez-vous des renseignements et des preuves qui révèlent les intentions du régime du Téhéran de développer l’arme nucléaire ?

R. Oui, nous croyons que le régime des mollahs fait tout pour obtenir la bombe atomique. Le régime, sur le point de s’effondrer, veut changer le rapport de force et garantir sa survie en se dotant de l’arme nucléaire.

Le régime des mollahs voit sa survie dans l’expansion de son influence dans la région. Par conséquent, son principal objectif en se dotant de l’arme nucléaire ne consiste pas à s’opposer à Israël, mais à perturber l’équilibre de la région et à imposer son hégémonie sur les pays arabes et musulmans. Avec cet objectif, le régime a mis au point et a fait progresser son projet nucléaire clandestin pendant plus de 18 ans, jusqu’en 2002, lorsque son programme d’armement nucléaire a été découvert par la résistance iranienne et n’a laissé aucun doute sur ses aspects militaires.

Selon des informations crédibles de sources de la Résistance au sein du régime, les mollahs travaillent sur chacun des trois aspects nécessaires à l’obtention de l’arme nucléaire : l’enrichissement, les dispositifs d’explosion et des missiles capables de transporter une ogive tête nucléaire.
Après le printemps arabe, et en particulier la chute de la dictature libyenne, Khamenei a déclaré en privé que si Kadhafi n’avait pas reculé sur son projet nucléaire, il aurait connu un sort différent, et que la leçon de cette chute devait accélérer leur propre projet nucléaire. Il l’a également mentionné dans son discours public et a réitéré qu’ils étaient à mi-parcours du projet, et que lorsqu’ils atteindraient le sommet (la bombe atomique), la situation changerait et les hostilités diminueraient. Leur programme nucléaire n’est pas un projet civil à des fins pacifiques puisque tout est géré par les gardiens de la révolution.

Q. Quelles informations avez-vous sur le programme nucléaire de l’Iran ?

A. Les informations dont nous disposons sont collectées par le réseau social de l’OMPI dans le pays. L’organisation qui supervise le projet nucléaire est « Le centre de recherche de la nouvelle défense » dirigé par le vice- ministre de la Défense. Ce centre est situé dans le site «Mojdeh» à l’université Malek Achtar de Lavizan, à Téhéran, présidé par Mohsen Fakhrizadeh Mahabadi. Le centre a été chargé de la production d’ogives nucléaires pendant deux ans et son équipe scientifique est formée d’experts du ministère de la Défense et des gardiens de la révolution. La Résistance iranienne a révélé les noms des 60 directeurs et experts des diverses sections du centre et de ses 11 organisations et sociétés affiliées. Le centre est impliqué dans l’achat et la préparation des pièces et des équipements nécessaires et dispose de 7 sections, chacune effectuant des recherches se rapportant à sa propre expertise. Ils travaillent dans les domaines suivants :
1- La préparation des principaux matériaux propres à la production d’une bombe atomique, de l’enrichissement de l’uranium et d’explosifs.
2- Le travail sur les métaux nécessaires à la production d’une ogive nucléaire.
3- La production de ces métaux.
4- La fabrication d’un détonateur.
5- La recherche sur la production de produits chimiques avancés.
6- La conception assistée par ordinateur d’une ogive nucléaire.
7- La recherche laser pour application nucléaire.
Malheureusement, la communauté internationale et en particulier le Conseil de Sécurité des Nations Unies, les Etats-Unis et les pays européens ont entrepris peu de choses là-dessus. Au lieu d’imposer des sanctions sévères, ils ont se sont lancé dans des négociations et des concessions avec le régime en lui donnant le temps de progresser en menant à bien ses projets nucléaires. Les sanctions sont insuffisantes et ont été imposées très tard.
Aujourd’hui, des sanctions globales contre le régime sont une condition nécessaire mais insuffisante pour empêcher le régime d’obtenir la bombe atomique. La solution finale est un changement de régime par le peuple iranien et sa résistance dirigée par Mme Maryam Radjavi, Présidente élue de la Résistance Iranienne, comme elle l’avait plaidé en 2004 au Parlement Européen.

Q. Pensez-vous qu’après le printemps arabe des pays arabes vont reconnaitre la résistance iranienne ou qu’ils iront vers une amélioration des relations avec le régime de Téhéran ?

R. Naturellement, il est nécessaire pour les intérêts du peuple iranien et de sa résistance, et des pays arabes ayant des mouvements démocratiques, qu’ils entretiennent de bonnes relations, car les mouvements du printemps arabe doivent poser des limites fermes et infranchissables avec le régime intégriste en Iran.
Par ailleurs, le régime iranien et son guide suprême essayent vainement de faire passer le printemps arabe pour «la conscience islamique» influencée par le régime, le faisant ainsi dévier de sa trajectoire en le poussant vers lui. En outre, le régime iranien se bat de toutes ses forces contre le printemps arabe en Syrie qu’il considère comme le combat de sa propre survie. Par conséquent, il n’existe aucun moyen pour que le printemps arabe se rapproche d’un régime sur le point d’être renversé par un printemps persan.
Je demande à tous mes frères et sœurs arabes de soutenir la résistance iranienne et de défendre les droits des pionniers de la résistance pour la liberté du peuple iranien à Achraf et à Liberty. Je leur  demande de soutenir le front uni contre l’intégrisme pour sauver les démocraties émergentes du monde arabe et pour éviter que la région ne tombe aux mains de  l’intégrisme et du terrorisme.

 

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