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L’intervention du régime iranien en Syrie et ses tentatives pour sauver le régime d’Assad

Par Hossein Abedini

La capture de 48 terroristes de Téhéran en Syrie a effrayé les dirigeants du régime iranien.

Global Politician, 19 septembre – Selon les informations reçues de l’intérieur du régime iranien, lors d’une réunion du conseil de sécurité,  Ali Khamenei a souligné la nécessité de continuer à soutenir le dictateur de la Syrie :

«Nous sommes entrés dans une phase où une retraite n’a pas de sens et nous devons soutenir Bachar de toutes nos forces, par des moyens financiers, des armes et la force pour le maintenir en place. Parce que notre destin est lié à la Syrie et que ce sera déterminant.

« Le destin du Hezbollah, du Hamas et de tous (…)  La Syrie est désormais  notre ligne de front et nous n’avons pas d’autre choix que d’y consacrer toute notre énergie. »  Par conséquent, sur l’ordre de Khamenei, pour tenter d’ empêcher la  chute du dictateur syrien, le nombre de gardiens de la révolution (pasdaran) participant au massacre du peuple syrien a connu une poussée radicale ces dernières semaines.

Les quarante-huit gardiens arrêtés par l’Armée syrienne Libre, le 4 août, font partie d’un groupe de 150 gardiens de la révolution iranienne, arrivé récemment à Damas par un vol de la Mahan Air affiliée aux pasdaran à Téhéran. Ils ont été transportés dans trois bus de l’aéroport vers leurs lieux de déploiement. Le transfert des pasdarans iraniens en Syrie et au Liban, y compris lors de la guerre du Liban en été 2006, se fait par Mahan Air.

Outre Téhéran, Les centres des pasdarans dans de nombreuses villes en particulier à Ispahan, Chiraz, Tabriz et Machad participent activement à l’acheminement des gardiens vers la Syrie.

Les pasdaran et la force terroriste Qods utilisent souvent une organisation écran, l’ « Institut culturel et de service Samen Alaeme », pour les transferts en Syrie. Cet institut a été fondé par Hassan Achtiani, un commandant de la force Qods. Plusieurs filiales comme  «Talaye Nour Hejrat » jouent un rôle dans diverse régions du pays pour organiser et expédier  des pasdarans en Syrie. Le siège social de cette organisation à Téhéran est géré par le pasdar Hassan Achtiani, son adjoint Maleki ainsi que Alidousti et Yabnloui. Des agents de la Force terroriste Qods à Ispahan, dans cet institut sont notamment le mollah Mohsen Ronnasi et les pasdaran Ahmad Zeinali, Afkhami, Amir Hossein Peivandi et Khaki. L’Institut Samen Alaeme dispose d’un bureau à Damas, où Hamid Reza Golabchian et le mollah Ghazali, deux de ses dirigeants, sont maintenant repartis à Téhéran.

Les pasdaran sont envoyés en Syrie selon au moins trois méthodes : vol direct à Damas depuis Téhéran et Ispahan; transfert à Najaf en Irak et vol de Najaf vers Damas; vol vers Beyrouth au Liban et de Beyrouth en Syrie par la route.

A la suite de l’arrestation de 48 pasdaran à Damas, le régime des mollahs a décidé d’en envoyer un plus grand nombre à Nadjaf, en Irak avant de les envoyer par avion de là en Syrie. L’Organisation du Hadj et des Pèlerinages du régime fournit une couverture adéquate pour envoyer ces terroristes comme pèlerins avec de faux documents.

Le 5 août, l’agence de presse Fars affiliée aux pasdaran écrivait à cet égard : « L’Iran, qui, lors de la guerre des 33 jours était présent aux côtés du Hezbollah et a causé la défaite des sionistes, serait certainement capable de provoquer la défaite des terroristes formés par le sionisme en Syrie ». Evoquant la réunion de solidarité de la Résistance iranienne et du mouvement du peuple syrien, Fars ajoutait :« tous les ennemis de l’Iran tentent maintenant de mettre le régime d’Assad à genoux et de vaincre l’ancien allié de la République islamique, et sur la scène internationale de mettre l’Iran face à un dilemme. C’est pourquoi l’Iran doit avoir une participation plus active pour résoudre la crise syrienne ».

Selon un nouveau rapport provenant de l’intérieur des pasdaran en date du 8 août, trois jours après l’arrestation des 48 pasdarans par l’ASL, Saïd Jalili, secrétaire du Conseil Suprême de sécurité nationale des mollahs, est arrivé à Damas pour des entretiens avec le dictateur syrien. Pendant ce temps, le général Firouz Abadi, chef d’état-major des forces armées du régime iranien déclarait : « L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie sont responsables du sang versé sur le sol syrien ».  Ali Larijani, président du parlement des mollahs, a menacé les Etats-Unis et des pays de la région, les tenant pour responsables de l’assassinat de pèlerins iraniens et leur a promis une réponse appropriée au bon moment ».  (Fars, 8 août).

Alors que les dirigeants des mollahs tentent d’échapper au scandale en qualifiant les personnes arrêtées de groupe de « pèlerins » iraniens, il y a deux semaines le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait annoncé que « en raison du contexte dangereux en Syrie, aucun pèlerin ne sera envoyé dans ce pays ». L’ ambassade des mollahs à Damas a également reconnu que  » l’envoi officiel de pèlerins en Syrie a cessé » (ISNA,  4 août). Il est intéressant de noter que le même jour où les pasdaran ont été arrêtés, le mollah Chahsavari de l’organisation des pèlerinages déclarait : « Compte tenu de la situation particulière en Syrie, nous n’avons aucun  pèlerin dans ce pays » (Fars, 4 août).

Avec la perspective de la chute prochaine du dictateur syrien, le régime de Téhéran a intensifié ses activités de répression dans ce pays. Le Conseil suprême de sécurité nationale présidé par Ahmadinejad, suit en permanence la situation et prend les mesures nécessaires pour soutenir Bachar al-Assad. Ses décisions sont mises en œuvre après l’approbation de Khamenei. Les problèmes économiques de la Syrie sont également suivis et coordonnés par Mehrab, le sous-directeur du bureau économique de ce Conseil (ancien ministre adjoint du Renseignement).

Par ailleurs, une cellule de crise a été mise en place au sein de la Force Qods sous le commandement de Ghassem Soleimani pour la Syrie. Le commandant direct des pasdaran arrêtés à Damas est un commandant de la Force Qods, Haji Haider. Il est également un officier de Qods chargé des opérations au Liban, mais quand la situation en Syrie s’est détériorée, il a été transféré à Téhéran et il fait maintenant partie du QG de la Force Qods à Téhéran.

Le Commandant de la Force Qods au Liban  et qui se trouve actuellement à Damas, est le général Mohammad Reza Zahedi. Il voyage fréquemment de Téhéran au Liban et à  Damas. Des années 1990 à 2006, Zahedi a été un commandant opérationnel de Qods à Téhéran. En 2009, il a été nommé au Liban. Le nom de Zahedi apparaît également sur la liste des individus sous le coup de sanctions de la résolution 1747 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Actuellement, le général Razi Moussavi, un commandant de Qods au Liban est basé à l’ambassade du régime à Damas et suit les travaux logistiques.

Au sein du ministère des Affaires étrangères, il y a aussi un comité spécial présidé par Marvi, sous-directeur du bureau du Moyen-Orient, qui est responsable de la Syrie.

Pour soutenir la Syrie économiquement, Hassan Kazemi Qomi,  un autre commandant de la Force Qods, a été nommé conseiller économique au ministère des Affaires étrangères.

Hossein Abedini est membre de la Commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne. Il a été grièvement blessé lors d’une tentative d’assassinat le 14 mars 1990 à Istanbul, en Turquie par des agents de Téhéran.

 

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