lundi, février 6, 2023
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L’ingérence destructive de Téhéran en Irak : les preuves s’accumulent !

Par Alireza Jafarzadeh

FoxNews  – Le 28 avril, l’ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unis s’est joint à d’autres hauts responsables pour avertir la communauté internationale de la campagne subversive de l’Iran en Irak.  L’ambassadeur Khalilzad a dit au Conseil de Sécurité de l’Onu que la Force Qods, l’unité d’élite extraterritoriale du Corps des gardiens de la révolution, «continue à armer, former et financer les groupes armés illégaux en Irak. » Il a également averti que « cette aide mortelle constitue une menace significative pour les forces irakiennes, la force multinationales ainsi que pour la stabilité et la souveraineté de l’Irak.

En fin de la semaine dernière, l’amiral Mike Mullen, président de l’Instance Collégiale des Chefs d’État-major, a évoqué l’influence « de plus en plus mortelle et pernicieuse » de la Force Qods en Irak. L’amiral Mullen a par ailleurs ajouté que des preuves seraient rendues publiques dans les prochains jours, concernant la fréquence accrue à laquelle des armes iraniennes nouvellement fabriquées sont livrées clandestinement en Irak.

Ces rapports se font l’écho des informations que j’ai révélé en février à propos de la nouvelle infrastructure politico-militaire de la Force Qods, conçue pour accroître leurs opérations à l’intérieur de l’Irak. Mais pourquoi le faire maintenant? La réponse est simple, les ayatollahs et leurs principaux agitateurs et fauteurs de troubles en Irak ont adopté la stratégie du « quitte-ou-double » avant de perdre leur « occasion irakienne ».

C’est à cette fin que la Force Qods a conçu dans la ville de Kermanchah, dans l’ouest de l’Iran, un nouveau centre de commande, depuis lequel elle dirige trois pivots opérationnels – nordiques, centrales et méridionales. Un haut gradé de la force Qods, nommé Haj Amiri, est le nouveau commandant de ce quartier général et compte sous ses ordres de nombreux anciens et actuels commandants du Corps de Badr, la milice formée par l’Iran et aujourd’hui étroitement aligné sur le gouvernement Maliki.  

Le Pivot Nordique est sans doute l’axe le plus crucial dans l’œuvre terroriste des ayatollahs, ce qui expliquerait que le commandant Amiri, chef du quartier général, en soit également responsable. Les opérations de l’Axe du Nord en Irak sont dirigées par Abu-Jafar Al-Boka, ancien du Corps de Badr. Afin d’entraîner efficacement les futurs terroristes irakiens, le nouveau QG de commandement à Kermanchah utilise plusieurs camps d’entraînement tout équipé et complet en termes de recrues. Aujourd’hui les principaux emplacements pour ces camps sont les deux bases se trouvant dans la vallée du Kenecht à Kermanchah, la base Jalilabad Hezbollah à Varamine près de Téhéran et la base d’entraînement à Ispahan dans le centre de l’Iran.

Il est cependant intéressant de noter que même avant cette expansion stratégique, l’Iran avait déjà mis la main sur d’importantes informations et disposait d’atouts politiques de taille en Irak. Lors de la chute de l’ancien régime irakien, les intentions de Téhéran étaient alors en grande partie ignorées ou mal comprises. Les mollahs ont profité de la situation et ont lancé ce qui est en substance une guerre par procuration contre les États-Unis. C’est ainsi que le régime des ayatollahs possède aujourd’hui sur l’ensemble du territoire irakien, au travers de sa Force Qods, presque 3 000 maisons, propriétés, appartements, commerces et hôtels ; a mis en place plus de 20 groupes et partis ; a employé et rémunère un total de 40.000 Irakiens (dont beaucoup sont affiliés au gouvernement Maliki) ; a ouvert une centaine de bibliothèques et gère 380 centres d’étude sur le Coran et autant de vidéo clubs, 7 chaînes de télévision et 3 stations de radio, 30 publications et un large réseau de mosquées.

Heureusement, les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises. La stratégie de reconquête de l’armée américaine a eu des résultats positifs et il y a eu aussi des succès impressionnants qu’ont connus les Conseils irakiens de l’Eveil (également connus sous le nom des Fils de l’Irak) en refoulant les groupes terroristes sunnites et chiites principalement contrôlés par Téhéran. Comme l’a démontré l’échec cuisant de la visite d’Ahmadinejad en Irak en mars dernier, Téhéran n’a eu presque aucun succès dans l’essor d’une dynamique populaire stratégique parmi les Irakiens ordinaires, particulièrement auprès des chiites, malgré cinq années d’ingérence incessante.

D’ailleurs, l’ancrage politique de Téhéran dans le gouvernement irakien, l’Alliance Irakienne Unie (AIU), bloc chi’ite au pouvoir, est touché par des divisons internes qui se concentrent en grande partie sur l’allégeance à Téhéran de ses deux principaux piliers, le parti Al-Dawa de Nouri al-Maliki et l’Assemblée  suprême de la révolution islamique d’Irak d’Abdul Aziz al-Hakim. L’AIU subi à l’extérieur une très forte pression du bloc des hommes politiques irakiens indépendants et non-sectaires, qui exige qu’elle arrête de se prosterner devant Téhéran et commence à résoudre les problèmes politiques, de sécurité et économiques de l’Irak.

Alors que la date des élections provinciales approche (elles sont prévues pour cet automne), l’AIU et par prolongement Téhéran, sentent que la fin de leur lune de miel en Irak pourrait être proche. Les ayatollahs et leurs substituts irakiens s’inquiètent visiblement de la montée d’une contre-force irakienne. Au cœur de cette contre-force se trouvent les chefs politiques et tribaux de l’Irak qui ont sans cesse fait obstacle aux avancées iraniennes dans leur pays. Ces leaders se sont alliés à l’opposition démocratique iranienne, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Ils insistent sur le fait que les profondes racines musulmanes, démocratiques et anti-intégristes de l’OMPI, font d’elle un catalyseur indispensable pour leur succès.

Les ayatollahs et leurs substituts irakiens ont pris conscience qu’il leur faut avancer à plein régime avant que leurs percées en Irak ne s’inversent pour toujours. Les chefs séculaires indépendants irakiens et leurs alliés stratégiques, les Moudjahidines du peuple, savent qu’eux aussi de leur côté, ils doivent repousser les menaces iraniennes pour se débarrasser de l’ingérence malicieuse de Téhéran. Les États-Unis ne peuvent demeurer inactifs et rester sur la ligne de touche en espérant que tout ira pour le mieux. L’Amérique doit jeter son poids derrière les forces anti-intégristes, œuvrer activement à éradiquer l’influence de la Force Qods en Irak, et s’adresser à ces Irakiens et ces Iraniens qui se sont dédiés à la cause de la démocratie et du sécularisme.

Alireza Jafarzadeh est l’auteur de La Menace Iranienne: le Président Ahmadinejad et la Crise Nucléaire à Venir (Editions Palgrave, février 2008)

Jafarzadeh a révélé depuis 2003 les réseaux terroristes de l’Iran présent en Irak ainsi que ses camps d’entraînement terroristes. Il a été le premier à révéler l’existence du centre d’enrichissement d’uranium de Natanz et le réacteur à eau lourde d’Arak en août 2002.