lundi, décembre 5, 2022

L’impasse iranienne

Par Ali Safavi

CNRI – Depuis l’adoption de la Résolution 1747 par le Conseil de sécurité de l’ONU  renforçant les sanctions, des signes apparaissent comme quoi les mollahs sentent la pression monter en Iran. Au début de la semaine, l’ancien président et actuel chef du puissant Conseil de discernement des intérêts de l’Etat, Ali-Akbar Hachemi Rafsandjani, mettait en garde contre la situation précaire à laquelle Téhéran était confrontée.

Il  a exhorté les factions rivales à maintenir l’unité, ajoutant que “la question de l’énergie nucléaire est un grave et véritable problème entre la république islamique et nos interlocuteurs, spécialement en Occident”, comme le soulignait l’agence de presse Irna le 15 avril.

L’inquiétude de Rafsandjani n’est pas infondée. Outre la résolution, ces derniers jours des développements politiques significatifs sont intervenus dans le sens d’une isolation renforcée de la théocratie. 

L’Union européenne a donné son accord pour renforcer les sanctions. Reuters rapportait le 17 avril  que des Etats membres de l’UE se préparaient à imposer des sanctions plus dures au régime iranien.

Le même jour, la France, l’Allemagne et l’Italie mettaient à mal la juridiction de la banque publique Sepah. Une source au sein du régime de Téhéran confiait à ce sujet : “En démettant de leur fonction les patrons des branches de la Banque Sepah dans leur pays et en nommant une tutelle européenne, la France, l’Allemagne et l’Italie ont quasiment arraché à l’Iran l’autorité sur ses filiales. »  A cet effet, Le Monde écrivait le 17 avril que Paris avait décidé geler toutes les transactions de la succursale française de la Sepah vers l’étranger. (Sous la législation bancaire européenne, le pays hôte peut nommer et démettre de ses fonctions les directeurs des banques étrangères.)

La même semaine, les trois principaux candidats à la présidentielle en France, ont appelé à davantage de sanctions contre Téhéran. La principale firme nucléaire française, Areva, a rejeté la proposition de construire de nouvelles installations nucléaires pour Téhéran. Parallèlement, la Russie a annoncé que les travaux dans la Centrale de Bouchehr ne prendront pas fin en 2007 comme c’était prévu. Le Secrétaire du Conseil de sécurité national russe Igor Ivanov a déclaré : « Il est évident que la mise en fonctionnement de la centrale de Bouchehr prévue initialement pour septembre, doit être reportée. » Malgré les déclarations sur des problèmes techniques pour sauver la face, le délai vient clairement des problèmes financiers de Téhéran et des conséquences de la pression internationale sur les relations Moscou-Téhéran. D’un autre côté, deux ministres russes de première importance ont refusé de rencontrer le vice-ministre de l’intérieur le général Mohammad-Bagher Zolghadr en visite à Moscou bien que son nom figure dans l’annexe des individus bannis par la résolution 1747. 

La portée exagérée que le régime a donnée  au voyage de Zolghadr, reflète la position de faiblesse de Téhéran, qui se retrouve dans un besoin de faire une pareille propagande pour dissimuler le feu de crises qui couve en son sein.

Ces efforts, cependant, n’auront que des effets à courts termes et attiseront les crises internes à longs termes. L’idéologue et représentant du guide suprême Ali Khamenei dans le journal Kayhan, Hossein Shariatmadari, reconnaissait : "Notre dossier nucléaire n’est pas un cas isolé. Ce dossier est mêlé à des dizaines d’autres dossiers au Moyen-Orient, notamment au Bahreïn, en Irak, au Liban, en Palestine et au Yémen. »

En d’autres termes, les mollahs craignent que tout pas en arrière dans le domaine nucléaire mettent la communauté internationale en position d’exercer des pressions sur toute une série de questions de première importance, comme leur ingérence en Irak ou leur exportation de l’intégrisme au Liban. Cela explique pourquoi la direction à Téhéran est extrêmement préoccupée sur ce que l’avenir lui réserve.

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