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« Aujourd’hui on doit rentrer dans le temps de la justice en Iran » – Yves Bonnet

CNRI – « A chaque fois que je reçois l’annonce d’une nouvelle agression contre soit le camp d’Achraf, soit maintenant le camp Liberty, j’éprouve un sentiment d’écœurement bien sûr et d’indignation et puis aussi ce déjà-vu qui est absolument accablant », a déclaré Yves Bonnet.

Il s’exprimait le 5 janvier lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de l’attaque du 26 décembre sur le camp Liberty. Les participants ont exprimé leur soutien à la campagne internationale de Maryam Radjavi pour garantir la sécurité des habitants de Liberty et agir contre les exécutions arbitraires en Iran.

« La résistance, l’ensemble de la communauté iranienne, les Iraniens d’Iran ressentent toutes ces agressions, tous ces crimes, tous ces forfaits avec une indignation qui ne se nourrit malheureusement que d’elle-même, faute d’action, de réaction, en particulier de la communauté internationale.  

« Pourquoi s’en étonner dès lors que les instances internationales, l’ONU en particulier a fait la preuve depuis sa création, de sa parfaite incapacité à résoudre quelque conflit que ce soit. Alors de temps en temps, on va ressortir d’une vieille malle le drapeau de l’ONU, on l’agite et puis une armée se met en branle derrière ce drapeau, généralement c’est toujours la même, l’armée américaine, et puis on part combattre tel ou tel ennemi, choisi non pas tellement parce qu’il a transgressé les règles, mais plutôt parce que sa politique ou ses agissements déplaisent au souverain américain.  Et le souverain américain a pas mal de choses à se faire pardonner tout de même en Iran. Ce sont tout de même les américains qui ont ramené le chah Reza Pahlavi qui n’a pas fait non plus dans le détail en matière de répression. Lorsque l’Ompi s’est créée, elle est tombée évidemment sur la Savak du chah Reza Pahlavi et il n’a pas fait dans la nuance, parce qu’à une exception près, notable il est vrai, il s’agit de Massoud Radjavi, tous les chefs de la résistance ont été simplement liquidés. Et il y a d’ailleurs sur ce plan là une parfaite continuité entre la politique du chah et la politique des mollahs. Alors ils ont rajouté un degré dans la cruauté et la barbarie, mais ils n’ont fait que suivre une voie toute tracée et qui désignait toujours comme adversaires uniques, ceux qui voulaient la démocratie, la laïcité le respect des droits de l’homme.

« Alors il y a le temps du deuil ; le temps de la colère et le temps de la justice. Je crois qu’aujourd’hui on doit rentrer dans le temps de la justice, ça veut dire le temps de la condamnation. Nous ne pouvons pas nous en remettre indéfiniment à des institutions qui ne veulent pas fonctionner, qui sont plus ou moins bridées par leur gouvernement. Il y a quelques exceptions notables, effectivement, la justice espagnole qui est par ailleurs très indépendante vis-à-vis du gouvernement espagnol (…) il est important, puisque la justice internationale n’existe pas, et lorsque la justice nationale ne peut pas assumer ses fonctions, et bien il reste la justice du peuple. Et le peuple a toujours le droit de se saisir, c’est inscrit dans notre constitution, de 1793 qui reconnait le droit à la résistance à l’oppression, ce que est un exemple unique dans l’histoire des constitutions.

« Je pense que nous avons les moyens de mettre en branle un processus de jugement populaire en faisant appel aux autorités morales, aux sages, aux juristes et de reconstituer ce qui a existé pendant des années avec le tribunal Bertrand Russel (…) Il nous appartient de prendre des initiatives, de contacter des autorités morales et de leur demander s’ils acceptent de participer à un tribunal qui jugerait aussi complètement que possible l’ensemble des agissements du gouvernement irakien et surtout du gouvernement iranien, car il ne faut pas non plus que l’arbre cache la forêt. Il ne faut pas que sous le prétexte de massacres absolument inouïs et intolérables commis en Irak, on oublie ce qui se passe à une puissance 10 ou 100 en Iran.

« Je crois que le temps de la justice est franchement venu, ce n’est pas le temps de la vengeance, car la justice exclu la vengeance, mais le temps d’une vraie justice. Et la vraie justice c’est la justice populaire. Faisons en sorte que la justice soit rendue au nom des peuples du monde. »